mercredi, juillet 01, 2009

ADSO CAPITALIST WORLD TOUR 2

C'est cette affiche que j'ai vue dans la rue:



Même si je ne crois pas un pouillème de seconde aux discours frelatés du libéralisme et de sa « main invisible », je dois avouer que cette affiche m'a positivement touché: pensez donc, des libéraux authentiques! Des chantres de toutes les libertés!


D'autant que, fouillant un peu plus en profondeur les nébuleuses de la blogosphère libérale, j'y ai trouvé des titres bien inhabituels dans le paysage de Droite: « Alternative libérale à la marche des fiertés », par exemple.


Liberalisme en peau de lapin


Naïvement, je me suis dit que c'était cela, l'authentique libéralisme: une tentative « libertarienne » de briser toute contrainte au marchés et aux libertés. Et puis j'en ai discuté avec un collègue, qui était à science-po avec la jolie porte-parole de ce mouvement chelou. Il me l'a décrite comme une histrionne dont le rêve ultime était...de rencontrer Maggie Thatcher. Oui, miss Maggie. Et là, tout se télescope dans ma 'tite tête de gauche. Moi, on me parle de la « dame de fer », je vois les mineurs qu'on laisse crever pendant des mois, Bobby Sands en train de fondre, et les émeutes raciales à Londres. Et je vois une Dame, qui, au nom des « libertés », prenait volontiers le thé avec le moins libéral Augusto Pinochet.


Friends will be friends...


Et c'est vrai que quand on y pense, ces accointances tacites entre les libéraux et l'extrême droite ont de quoi troubler: je peux citer deux politiques ouvertement « libéraux » dont le passé estudiantin fleure bon le fascime d' « Occident » et d' « Ordre Nouveau ». Alors la question se pose au blogueur de bonne volonté que je suis: le libéralisme total est-il une réalité politique dans quelque pays que ce soit?


Au fond, je m'en fous (je vous l'avais dit, chuis honnête). L'idéal « égalité des chances et chacun son colt » m'a toujours fait gerber. Parce que je sais que cela ne marche pas (le capitalisme aurait sombré dans mille crises de surproduction, si l'état ne lui avait ouvert « artificiellement » les marchés intérieurs en augmentant les salaires des ouvriers, comme l'explique si bien Castoriadis).Parce que je sais que, si plein de bon sentiments libéraux, ces libertariens en peau de lapin prônent au fond l'odieuse exploitation de l'homme par l'homme comme horizon doré. Et moi, je m'en tapes que le « cost killer » qui me virera lors du prochain dégraissage soit un noir, un gay ou une femme.


Les habits libéraux de Monsieur Sarkoléon III,

les habits réactionnaires de Monsieur S-Bling-Bling


Que finalement, ils ne sont qu'un pitoyable cheval de Troie de la droite bien réelle, qui, en dehors de rhabillages cosmétiques sur les libertés individuelles, se retrouve bien sur le fond: la conservation du rapport de force, le capitalisme à outrance (sauf en cas de crise, où là, tout le monde redevient étatiste, ça va de soi). Et par là, tous les maux que le capitalisme entraîne, si l'on prolonge le raisonnement: impérialisme (vous croyez que les marchés extérieurs s'ouvrent au coupe ongle?), flicage, (vous croyez que les pauvres restent sages pendant qu'on les exploite?), abrutissement des masses (l'enseignement et la culture, ça rapporte quoi?).



A-moral est au fond le capitalisme. Si aujourd'hui, il porte les costumes ringards d'une droite « Napoléon III » en Sarkozie, c'est que les marchés ont encore besoin de l'appui des couches vieillissantes des vieux réacs en couches. Que meure le dernier raciste, le dernier homophobe, il trouvera d'autres réserves électorales. Après tout, u'on se souvienne que Monsieur S et son bling-bling staff décomplexé ont été élus avec l'appui de la droite catho, et on comprendra que ces mésalliances à la mord-moi-le-noeud ont encore de l'avenir à droite!



dimanche, juin 14, 2009

ADSO CAPITALIST WORLD TOUR 1

Le mauvais goût Français s'exporte bien, merci pour lui.


Le documentaire que je regarde en cet après-midi ensoleillé m'inspire dégoût et révolte.


Marrakech.


Après quelques plans sur les somptueux palais rachetés une bouchée de pain par nos compatriotes, la caméra suit un agent immobilier fringant, lunettes de soleil sur le nez. Nous entrons chez un client à lui. Et déjà, ça chlingue sec.


Le "temps béni des colonies" de retour? (photo non contractuelle, suggestion de présentation)


Près de sa Porsche de branleur, cet entrepreneur retraité explique tranquillement qu'il a besoin de cinq personnes pour faire tourner la baraque. Et que pour le même prix en France, il n'aurait eu « qu'une femme de ménage à temps partiel, avec les charges sociales ». Aucun regret à exploiter l'indigène: Je suis sûr qu'avec un pastis de plus , ce colon esclavagiste nous miaulerait qu'il crée des emplois (1)...


LIVING IN A PALACE

La baignoire? Deux mètres cubes d'eau. Des hectares de gazon aussi ras les pâquerette que le maitre de maison. Autant dire, des milliers de litres d'une eau rarissime pompées par un connard pour ses caprices de merde. Et combien de litres de sueur, pour tant de mauvais goût? Les golfs alentours comme en écho, brossent de leur gazon ras les chaussures des richous du monde, en dépit de toute considération environnementale,et, disons le car le Maroc est un pays pauvre, de toute décence.


- Combien de jours par an au Maroc, Monsieur le beauf?

- 183 qu'il répond, goguenard. Et oui, pile ce qu'il faut pour échapper au Fisc français.


C'est donc du pognon largement volé à la communauté nationale que ce genre d'abrutis inculte vient exploiter les indigènes pour y étaler ses goûts de chiottes. C'est aussi ça, ce que pudiquement on appelle « créer des emplois », « faire rentrer des devises » et « investir ».


LECON D'ESPERANTO CAPITALISTE


Ce sont là quelques uns des rouages logiques que le capitalisme colonial emploie pour se justifier. Que de pirouettes, pour que des brassées de ploucs puisse s'installer la conscience tranquille! Que de circonvolutions, d'élégants euphémismes! Et tout ça pour continuer tranquillement à faire suer du Burnous à 200 euros par mois, sans couverture sociale, of course. Ce généreux investisseur accepterait-il de voir ses proches travailler comme des cleb's pour un tel salaire? Oh que non! Vous comprenez, monsieur, ici la vie est moins chère(2), les gens sont moins exigeants bla bla bla.


Le problème ces que les énormes structures financières mondiales, type FMI et OMC, parlent exactement le même langage que ce porcelet. Et avec ces zélateurs de la pensée unique, l'aréopage médiocre de nos dirigeants et des dictateurs du Sud reprend en choeur: Enrichir un pays, c'est « créer des emplois », « attirer les investisseurs », « faire rentrer des devises », rester « attractif ». Faire de la croissance, quoi. Faire rentrer des devises. Au prix d'une cruelle exploitation des masses, d'une razzia sur les ressources naturelles, d'une déstabilisation des prix du sol, d'inégalités croissante, et de l'abandon de toute dignité...


"Elle est pas belle, ma croissance?"


Ce qui est drôle, c'est que c'est plutôt Adso et ses potes, qu'on traite de compliqués, de névrosés, de complexés, de gens « qui-ont-un-problème-avec-l'-argent (-les -cons) ».C'est la mode.


Sauf que moi, je ne viens pas chier sur une culture millénaire pour y étaler ma médiocrité. Je n'insulte pas la misère du monde en la polluant à grands frais de ce qui se fait de pire au monde en terme de beaufitude. Du coup, c'est bizarre, mais je n'ai pas besoin de mettre d'écran entre la misère et moi. Ni du discours pitoyablement alambiqué des évadés fiscaux qui pensent faire tourner le monde quand ils le foulent aux pieds.

Voilà.

J'espère que vous avez aimé cette première date du Adso capitalist world tour, parce que ça va continuer?


Bons baisers de Babylone,

Adso.


(1) j'aime bien l'argument "je crée des emplois". A aucun moment, les gens ne se disent que les planteurs de Virginie ou les pharaons pouvaient exactement sortir la même ineptie...


(2): l'argument du "niveau de vie" n'est pas mal non plus. généralement, les philantropes qui l'utilisent n'ont jamais vu le prix de la viande au Bled. ils seraient surpris. Sans même parler du prix d'un frigo ou d'une mob, qui sont des biens d'importation, aux prix plutôt fixes. A croire que "Le niveau de vie", vu du Nord, il se calcule sur les prix des fèves. C'est vrai, remarque, quelle idée de vouloir un frigo?

jeudi, juin 11, 2009

Moyennement Oriental


C'est une carte de l'Atlas du "diplo" du qui m'a donné envie de faire cet article. Une carte que je n'attendais pas, et qui a suscité en moi un sentiment que je n'attendais plus. La voici:

Il s'agit des "îles de Palestine orientale", représentant les territoires palestiniens autonomes. Cette poussière d'entité étatique, qui ressemble aux miettes désertiques que sont les réserves indiennes, c'est la Palestine. Et, je me sens bête, mais je ne l'avais jamais vue si écartelée, si bien représentée dans son aride indigence.


Qui peut croire un seul instant que ces confettis sans cesse rongés par les implantations de colonies, que cet éparpillement abstrait pourrait constituer un jour un état viable?


J'ai, sur la question moyen-orientale, beaucoup de doutes, mais quelques certitudes:

l'une de celles-ci, c'est que nous sommes face à un problème colonial, bien plus qu'à quoique ce soit de plus complexe. Il ne s'agit pas de "maintien de l'ordre" ou de "représailles", ni de "destruction d'infrastructures terroristes". Ni d'une guerre de religion, ni d'un « crime contre l'humanité », encore moins, comme j'ai pu l'entendre, d'un « génocide ». Nous n'avons pas besoin de mots obus, surdimensionnés, pour parler pleinement de ce problème. L'horreur du colonialisme, Zairois et Algériens en témoignent de leur tombeau, se suffit largement à elle même.


UN PROBLEME COLONIAL


Que l'on ne s'y trompe pas: si je pèse mes mots, ce n'est pas pour amoindrir les crimes de guerre de l'armée israélienne. Non. C'est ma façon de réfléchir posément à une situation, ma façon de dire le sens que prend pour moi toute cette histoire. La Palestine n'est pas un mythe héroïque. Elle est une terre colonisée, qui se bat pour reconquérir sa dignité face à un pouvoir impérialiste. Qui, dans ce combat, a forgé encore d'avantage son identité (au grand dam des Israéliens qui n'y voient que des « Arabes », transposables à d'autres), et une authentique culture politique, concrétisée par de véritables élections libres ce qui est assez rare dans la région.


Sur "le mur",le projet FACE2FACE, du photographe JR. Chaque duo représente un palestinien et un israelien exerçant le même métier.


La Palestine n'a pas besoin des larmes de crocodiles des « frères » chefs d'état arabes, qui s'en souviennent le temps de grandes manifestations-soupapes de leurs plèbes. La Palestine n'a pas besoin des miettes de territoire arrosées de perfusions européennes. Elle a besoin d'une terre viable, ou puisse s'épanouir sa dignité. Elle s'est assez battue pour cela. La Palestine n'a pas besoin de l' « antisionisme » de certains: à quoi bon toutes ses digressions sur la légitimité d'un foyer national juif en Palestine? Aurait-on vu Sittig Bull demander le retour des Américains en Europe, ou Mandela pronant le rapatriement des Anglais et des Boers au delà des mers? Que comptent-ils en faire, des juifs de Palestine mes « antisionistes »?


La vérité, s'est que la solution idéale aurait été celle d'un état, multiethnique et loin de tout sabre et de tout goupillon. Un pays où les aspirations de justice des kiboutznikim auraient rencontré l'indépendance fière des bédouins, une terre d'où la liberté et l'audace auraient rayonné sur le monde.


Face2face, toujours. D'immenses collages de ce projet ont été exposés dans le quartier de Beaubourg il y a peu.


Devant l'échec flagrant de cette utopie, ne réclamons que l'essentiel à la justice, et martelons la sobre vérité du droit international.


La Palestine est un pays occupé par un voisin impérialiste qui s'est décrédibilisé, et ternit son prestige dans de lamentables guerres sécuritaires cruelles et injustes. Israël, en asphyxiant les aspirations dignes du peuple palestinien, en étranglant la liberté de ses voisins, étouffe la sienne et joue sa sécurité et son histoire même au poker menteur. L'insidieux programme d'implantations de colonies doit cesser, cela doit être le préalable à toute discussion, car ce cancer d'aujourd'hui est promesse de morts certaines demain.


Il faut à Israël des politiques de l'envergure et du courage d'un Mendès-France qui sachent sortir leurt peuple d'une histoire coloniale qui le salit. Il faut à la Palestine des Mandela, qui sachent construire sur les cendres encore fumantes des combats d'hier les réconciliations à venir. Il faut, enfin, une communauté internationale unie dans l'honnête intention de résoudre ce conflit en rappelant le droit international, tout le droit international, et rien que le droit international.


Vaste programme.


samedi, juin 06, 2009

Je suis vivant, et vous êtes morts

Quand je discute avec mes amis un peu plus « rangés » politiquement, on m'accuse parfois de « posture » rebelle, de romantisme fêlé. J'y peux rien, mais je me pose parfois cette question: et si c'était cette sociale démocratie qui prenait des « postures » et non moi? Corollaire plus naïf: c'est moi qui suis cinglé ou plutôt eux, qui auraient besoin d'une bonne camisole?


Parce qu' après tout, Utopiste ou pas, j'ai bien vu que ce système libéral, auxquels ils s'accrochent avec un tel fanatisme et contre tout bon sens, c'est bien lui qui fait qu'on marche sur la tête! C'est bien lui qui nous garantit, si tout reste en l'état et vu les pénuries qui nous guettent, le rationnement, l'injustice ou la guerre.


Et en termes de postures, je crois que nous n'avons pas de leçon à tenir de politiques si « raisonnables » que, pour retourner aux affaires, ils sont prêts à toutes les palinodies, tous les jeux de dupes: D'un côté, un christique « aimez vous les uns les autres », qui, à défaut de manger du pain ne les multiplie pas, de l'autre un « enrichissez-vous » ni cohérent, ni responsable, ni même viable devant le MEDEF. C'est ça aussi, la Gauche « responsable » (si responsable, d'ailleurs, qu'elle n'est pas prête de les revoir, les « responsabilités »).


Postures un jour, postures toujours: des larmes de crocodiles devant les ravages du Capital, et une sanctuarisation du libéralisme dans les textes européens! Des jérémiades devant l'effondrement du système bancaire, mais un consensus absolu pour le maintenir sous perf'.En termes de contradictions, de poses alambiquées et de dogmatisme, encore une fois, je crois que l'hopital se fout bien souvent de la charité!


Du coup, grignotée par leurs déçus à gauche, abandonnée par son aile plus conservatrice qui finit logiquement par préférer la droite originale à sa photocopie de gauche, la social démocratie regarde ses élécteurs la fuir toujours plus. S'en remet-elle en cause? Non point! Et le responsable de cette « dispersion », il est, et sera, encore une fois tout trouvé à l'extrême gauche, irresponsable, divisée et nuisible. Mais quand donc la sociale démocratie, au lieu de remettre en cause un « utopisme » soupçonné, se penchera-t-elle sur les bugs de son pilote automatique, qui, en dépit du mur annoncé, la fait toujours virer...à droite?


dimanche, mai 31, 2009

2 ans Fermes de Monsieur-S show

Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir ridiculiser pleinement son pays. Seule l'élite des incompétents, la crème des tous petits hommes, y parvient, celle qui prouve à qui ne l'aurait pas encore compris, qu'il y a un monde entre les compétences qui permettent de prendre le pouvoir et celles qui autorisent à l'exercer avec décence.


Ainsi, Monsieur S, qui ne semble pas avoir dégrisé de sa victoire éclair de 2007, continue son festival d'outrages à l'histoire, au bon goût et à toute morale, finissant de briser l'icône Française (certes toujours surestimée) aux yeux des nations.


Nous étions « patrie des droits de l'homme », nous voici terre inhospitalière de flics et de vieux. Nous étions terre d'intellect et de culture, nous voici à la remorque de l'histoire du verbe, avec un leader dont l'inculture crasse se prouve lors de toutes ses sorties. Nous étions, malgré tout, les héritiers de la séparation des pouvoirs, petit garde fou mais garde fou quand même, que notre chef détruit consciencieusement, mettant le parlement et les juges à sa botte.

Peut-on fouler au pied la pudeur et le bon goût comme il le fit, exhibant, l'oeil lubrique, sa femme trophée à Londres, se montrant entouré d'abjects crétins dans une brasserie au lendemain de sa victoire, ou joggant mal en Ray-Ban, la Rollex frétillante, entre deux démagogies?


Peut-on ridiculiser son pays, en venant littéralement priver l'Afrique d'histoire en pleine faculté Anta Diop (si, si), en retournant piteusement dans le giron de l'OTAN (sans aucun argument plausible et sans que les Américains n'en attendent tant!), en laissant Khadafi essuyer ses pieds rouges de sang sur les tapis de la république?


Monsieur S est un hymne fait homme au ridicule, à l'ambition outrageuse et à l'inculture. Aussi, je demande à mes amis étrangers de bien vouloir, par pitié pour la France, fermer les yeux et se boucher les oreilles pendant les trois (ou sept ans!) qu'il nous reste à subir les affres de notre chef.


Bon Baisers de ploucland,

Adso.


mardi, mai 19, 2009

Adso en vacance chez les pauvres

Chers lecteurs et amis, Adso revient d'une longue tournée au Tiers-Monde, colonisé ou pas, Hémisphère Nord ou Sud. J'espère que vous n'avez pas profité de ce long mois et demi pour disparaître de mon lectorat très « select », bande de rats.

Alors, pour se remettre en jambe, mettons à profit notre récente expérience de la lutte des classes sous les tropiques pour étudier la civilisation occidentale. Carrément.

Alors d'entrée, en sciences humaines, je crois que « civilisation occidentale », ça ne veut absolument rien dire, et ça, avouez que comme début de billet de blog, y a mieux. C'est pour ça que je préfère parler de société industrielle, de l'infrastructure des rapports sociaux de notre monde post-usinard, plutôt que du catalogue hétérogène de sa superstructure « civilisationnelle » (Une Tranche CNN – Une tranche d'Emmanuel Kant – Une tranche d'Autoroute Allemande – une tranche de fusée Ariane).


Ou que tu ailles dans notre vaste monde, cher lecteur, rejoins un grand magasin, une entreprise de plus de 100 salariés. Tu y trouveras immanquablement le même type en cravate (le « manager »), des bleus de travail à la con pour les ouvriers-caissiers avec un logo, des fausses plantes vertes et un service comptabilité. C'est ça, la force de notre société: c'est d'avoir dissout à son contact toutes les autres.

SOCIETE INDUSTRIELLE

Tu vas me dire « désolé, mais c'est ça le plus efficace ». et je vais te répondre, petit scarabée, que c'est plus efficace selon nos critères (faire du poignon, de la marge, de l'oseille, en gros). Tout comme une organisation Saoudienne de l'entreprise peut-être considérée comme efficace du riant point de vue de la « Chariah-compliance! »

Avant je croyais que c'était la fascination pour Schwartzy, les BMW et les chewing-gum qui participaient le plus de ce détricottage des autres « civilisations ». Mais je crois que je me plantais: bien sûr la domination culturelle (celle de la superstructure) prend part à cette dissolution. Mais l'agent le plus profond de cette uniformisation, c'est l'organisation industrielle du travail: sa division des tâches, sa pointeuse, son uniforme, sa recherche du rendement.


Je dis bien industrielle. Des rêveurs m'expliqueront que notre société est largement post-industrielle. Je répondrai que c'est parce qu'on à le bon goût de délocaliser notre embarrassant prolétariat ouvrier (on s'en plaint souvent, mais ça nous permet d'avoir des T-shirts à un euro tout en chassant l'exploitation hors nos murs).

SERVICE COMPTA Vs ELVIS PRESLEY

Et justement, en délocalisant notre production industrielle, c'est bien plus que l'image de marque, le rayonnement de la France et autres inepties que nous exportons. C'est notre modèle de production. Une entreprise occidentale dans le tiers monde va former sa main d'oeuvre à la pointeuse, à la stricte division des tâches, aux vacuités du marketing; cette entreprise va exiger des infrastructures d'acheminements pour ses produits, et par là même susciter des autoroutes (et leurs guichetiers) des ports (et leurs dockers), et des cantines (et leurs dames cantines en uniforme).


A son contact se sont ses employés (mieux dressés), ses sous-traîtants (mieux « structurés ») et ses concurents locaux qui vont adopter le mode de production optimisé qui est la raison d'être (et d'avoir) de notre société industrielle.

Et c'est ça, bien plus que le Coca cola, le formidable solvant qui transforme tous nos voisins en usines super-marchés.

vendredi, avril 10, 2009

HADOPI....coulé!

Cela faisait quelques semaines que ce blog était en noir, pour signifier mon rejet de la loi Hadopi, un texte réactionnaire, à contre-sens de l'histoire et antisocial.



La droite chiale: des députés socialistes seraient venus juste pour voter. Mais où étaient-ils, les députés de droite, alors qu'on discutait le texte? Comme d'habitude, il étaient ailleurs car ils n'en ont rien-à-foutre.

Bien fait pour leur gueule.