mercredi, avril 25, 2007
mardi, avril 17, 2007
PARLONS D'AUTRE CHOSE! (Tout ça pour ça)
L'échéance des élections est si proche...et tous viennent nous gonfler de leurs conseils de vote à la con. Pour parler d'autre chose, le Blog de l'Est fait fi de son devoir de citoyen, et vous fait voyager dans le temps, avec cette histoire qui n'a rien, mais alors rien à voir, issue d'un manuscrit trouvé dans une bouteille, bouteille elle même chinée dans une poubelle de Polot coëllaux, le fameux fumo-thérapeute.
Chang' Ti m'avait raconté cette histoire au coin du feu il y a des lunes de cela. Lui même la tenait de son oncle, lequel l'avait apprise de sa mère, qui la savait de...Enfin, vous voyez. On raconte donc qu'il y a bien longtemps régnait sans partage sur les sept vallées le vieil Empereur corrompu Tchi'lac. Sentant que la fin venait, il annonça son départ prochain, confiant sa succession à Tsa-ko-Zi, son sinistre valet. Or, dans un petit village de la vallée aux brumes parfumées vivaient quatre frères francs, massifs et épris de justice.
L'aîné se nommait Sotchi'Alo, et brûlait de voir Tzé-gwo-Len, Reine d'une contrée lointaine, accéder à la distinction d'impératrice. Le second frère se nommait Djozé Buh-fé. Lui aussi voulait que Tzé-Gwo l'emporte, mais il comptait sur un moustachu ou une maigrichonne pour infléchir Tzé-Gwo et la rendre plus clémente. Le troisième, Twot'sko, affirmait qu'il n'avait rien à attendre de cette Reine, qui se comporterait sûrement comme son rival malgré ses promesses. Il préférait soutenir son champion, un humble messager porteur de courrier de l'empire, proche de ses convictions mais sans espoir de l'emporter. Le petit dernier, Anaw'ko, se demandait, lui, pourquoi on lui demandait de se choisir un souverain.
Vint leur père, qui en son temps avait taquiné du soldat en manif'. Il leur demanda à chacun de venir le conseiller sur l'attitude à suivre en ces temps difficiles. Il commença par Sotchi'Alo, son aîné.

« Le choix est simple, vénérable père. Seule Tsé-Gwo pourra porter nos idées au pouvoir. Mes frères dispersent leurs forces en de vaines escarmouches. Ma championne n'est pas parfaite, mais après tout, elle seule pourra écarter Tsa-ko-Zi du chemin pavé de Lotus qui mène au palais impérial, dans un ordre juste. » Son Père cracha à terre en jurant et lui répondit, entre ses dents clairsemées:
« -Sotchi'Alo, mon fils, depuis tant de lunes, les gens de Tzé-Gwo ont abandonné tout espoir de vraie transformation. A chaque année du Cochon, ils sont plus soumis à l'ordre. Mon Fils, crois tu en tout cela?
-Honorable géniteur, bénies soient les années qui t'ont vu grandir. Mais le monde à changé, et Tzé-Gwo est un moindre mal .
-Tu as peut-être raison .»
Il le bénit et le congédia. Il appela son fils cadet, Djozé Buh-fé. Celui-ci s'approcha, non sans avoir lâché sa banderole et son mégaphone à l'entrée de la pagode. A la question de son père, il répondit ceci:
« - Il y'a quelquechose de pourri au royaume du Dragon: noirs sont les nuages qui s'accumulent àl'horizon, Ô père. Le peuple a tant de besoin, et Tsé-Gwo nous promet si peu...qu'en sera-t-il quand elle sera au pouvoir? Elle semble plus occupée à rassurer les mandarins et les négociants en riz. Mes deux champions sauront lui faire entendre la voix du peuple.

- Bien parlé mon fils! Mais tes champions se rallieront quoiqu'ils en disent à la Reine, affamés qu'ils sont de ministères et de charges. A leur tour ils se compromettront. Et puis ne risque tu pas, en dispersant tes efforts, d'empêcher Tsé-Gwo d'accéder au pouvoir?
- J'accepte le risque. C'est le seul moyen qui me semble possible pour changer réellement les choses, en influençant l'impératrice. Car si Tsé-Gwo-Len venait au pouvoir pour y singer son rival, où serait pour le peuple le gain?
- Tu as peut-être raison. »
Il le bénit et le congédia. Il appela son troisième fils, Twot'Sko. Celui-ci quitta le squat qu'il occupait avec des précaires et rejoint le salon paternel tout en bois vernis et en musiques de N' Guyen Lé. Il répondit lui aussi, entre deux litchis, à la question.

« -Papa, cette fois encore, ça glisse à droite! Moi, je peux pas cautionner ça. Je fais bien la différence entre les deux prétendants, mais de la à apporter mon aide à Tsé-Gwo...Je me sentirais trop cocu. Sans moi, papa, Sorry...
-Mais mon fils, n'as tu pas l'impression de fuir ainsi les responsabilités?
-Ecoute, cautionner les bêtises de ces deux rivaux, c'est sûrement là l'irresponsabilité. L'occasion de faire passer nos idées, celles d'un changement profond plutôt que d'un moindre mal, est trop belle.
-Tu as peut-être raison »
Il lui offrit une bière et un et le congédia. Enfin s'approcha Anaw'ko, le benjamin, les yeux rouges de lacrymogène, qui se prononça lui aussi.
« - En vrai, les deux sbires, ils me cassent sévèrement les burnes. Mon bulletin, ils peuvent se le carrer profond où tu sais. Quelque soit le résultat, tout rentrera dans l'ordre et rien ne changera. T'sais quoi? Si ce grand ramdam qu'on nous fait régulièrement pouvait vraiment changer les choses, ça ferais un bail que ce serait interdit! Piège à con, tout ça!
- Certes. Mais cela ne t'effraies donc pas de subir la décision des autres?
- Si les gens sont assez teubés pour continuer à choisir qui les mettra profond, c'est plus mes affaires. je ne peux pas assumer toute la bêtise du monde
-Tu as peut-être raison »
Il lui offrit une bière, puis le bénit à son tour. Alors, les quatre firent remarquer à leur père qu'il les avait tous écoutés, et qu'a tous il avait donné « peut-être raison ». Comment, dès lors, conviendrait-il de se décider pour la bataille à venir? Leur père, vénérable luminaire céleste du progressisme, aurait-il pété un câble? N'y avait-il donc aucune solution claire à leur problème? « Mais alors la gauche était donc perdue! » , s'écrièrent-ils.
Un long silence se fit, puis le père reprit la parole.
« Vous avez ... peut-être raison! », répondit-il.
(N.B: je connaissais la même avec un rabbin. Vraiment. Enfin, même genre.)
Chang' Ti m'avait raconté cette histoire au coin du feu il y a des lunes de cela. Lui même la tenait de son oncle, lequel l'avait apprise de sa mère, qui la savait de...Enfin, vous voyez. On raconte donc qu'il y a bien longtemps régnait sans partage sur les sept vallées le vieil Empereur corrompu Tchi'lac. Sentant que la fin venait, il annonça son départ prochain, confiant sa succession à Tsa-ko-Zi, son sinistre valet. Or, dans un petit village de la vallée aux brumes parfumées vivaient quatre frères francs, massifs et épris de justice.
L'aîné se nommait Sotchi'Alo, et brûlait de voir Tzé-gwo-Len, Reine d'une contrée lointaine, accéder à la distinction d'impératrice. Le second frère se nommait Djozé Buh-fé. Lui aussi voulait que Tzé-Gwo l'emporte, mais il comptait sur un moustachu ou une maigrichonne pour infléchir Tzé-Gwo et la rendre plus clémente. Le troisième, Twot'sko, affirmait qu'il n'avait rien à attendre de cette Reine, qui se comporterait sûrement comme son rival malgré ses promesses. Il préférait soutenir son champion, un humble messager porteur de courrier de l'empire, proche de ses convictions mais sans espoir de l'emporter. Le petit dernier, Anaw'ko, se demandait, lui, pourquoi on lui demandait de se choisir un souverain.
Vint leur père, qui en son temps avait taquiné du soldat en manif'. Il leur demanda à chacun de venir le conseiller sur l'attitude à suivre en ces temps difficiles. Il commença par Sotchi'Alo, son aîné.

Représentation traditionnelle des emblèmes de Sotchi'Alo
« Le choix est simple, vénérable père. Seule Tsé-Gwo pourra porter nos idées au pouvoir. Mes frères dispersent leurs forces en de vaines escarmouches. Ma championne n'est pas parfaite, mais après tout, elle seule pourra écarter Tsa-ko-Zi du chemin pavé de Lotus qui mène au palais impérial, dans un ordre juste. » Son Père cracha à terre en jurant et lui répondit, entre ses dents clairsemées:
« -Sotchi'Alo, mon fils, depuis tant de lunes, les gens de Tzé-Gwo ont abandonné tout espoir de vraie transformation. A chaque année du Cochon, ils sont plus soumis à l'ordre. Mon Fils, crois tu en tout cela?
-Honorable géniteur, bénies soient les années qui t'ont vu grandir. Mais le monde à changé, et Tzé-Gwo est un moindre mal .
-Tu as peut-être raison .»
Il le bénit et le congédia. Il appela son fils cadet, Djozé Buh-fé. Celui-ci s'approcha, non sans avoir lâché sa banderole et son mégaphone à l'entrée de la pagode. A la question de son père, il répondit ceci:
« - Il y'a quelquechose de pourri au royaume du Dragon: noirs sont les nuages qui s'accumulent àl'horizon, Ô père. Le peuple a tant de besoin, et Tsé-Gwo nous promet si peu...qu'en sera-t-il quand elle sera au pouvoir? Elle semble plus occupée à rassurer les mandarins et les négociants en riz. Mes deux champions sauront lui faire entendre la voix du peuple.

Djozé Buh-fé: une allégorie populaire
- Bien parlé mon fils! Mais tes champions se rallieront quoiqu'ils en disent à la Reine, affamés qu'ils sont de ministères et de charges. A leur tour ils se compromettront. Et puis ne risque tu pas, en dispersant tes efforts, d'empêcher Tsé-Gwo d'accéder au pouvoir?
- J'accepte le risque. C'est le seul moyen qui me semble possible pour changer réellement les choses, en influençant l'impératrice. Car si Tsé-Gwo-Len venait au pouvoir pour y singer son rival, où serait pour le peuple le gain?
- Tu as peut-être raison. »
Il le bénit et le congédia. Il appela son troisième fils, Twot'Sko. Celui-ci quitta le squat qu'il occupait avec des précaires et rejoint le salon paternel tout en bois vernis et en musiques de N' Guyen Lé. Il répondit lui aussi, entre deux litchis, à la question.

Amulettes se référant à la figure traditionnelle de Twots'ko.
« -Papa, cette fois encore, ça glisse à droite! Moi, je peux pas cautionner ça. Je fais bien la différence entre les deux prétendants, mais de la à apporter mon aide à Tsé-Gwo...Je me sentirais trop cocu. Sans moi, papa, Sorry...
-Mais mon fils, n'as tu pas l'impression de fuir ainsi les responsabilités?
-Ecoute, cautionner les bêtises de ces deux rivaux, c'est sûrement là l'irresponsabilité. L'occasion de faire passer nos idées, celles d'un changement profond plutôt que d'un moindre mal, est trop belle.
-Tu as peut-être raison »
Il lui offrit une bière et un et le congédia. Enfin s'approcha Anaw'ko, le benjamin, les yeux rouges de lacrymogène, qui se prononça lui aussi.
« - En vrai, les deux sbires, ils me cassent sévèrement les burnes. Mon bulletin, ils peuvent se le carrer profond où tu sais. Quelque soit le résultat, tout rentrera dans l'ordre et rien ne changera. T'sais quoi? Si ce grand ramdam qu'on nous fait régulièrement pouvait vraiment changer les choses, ça ferais un bail que ce serait interdit! Piège à con, tout ça!
- Certes. Mais cela ne t'effraies donc pas de subir la décision des autres?
- Si les gens sont assez teubés pour continuer à choisir qui les mettra profond, c'est plus mes affaires. je ne peux pas assumer toute la bêtise du monde
-Tu as peut-être raison »
Il lui offrit une bière, puis le bénit à son tour. Alors, les quatre firent remarquer à leur père qu'il les avait tous écoutés, et qu'a tous il avait donné « peut-être raison ». Comment, dès lors, conviendrait-il de se décider pour la bataille à venir? Leur père, vénérable luminaire céleste du progressisme, aurait-il pété un câble? N'y avait-il donc aucune solution claire à leur problème? « Mais alors la gauche était donc perdue! » , s'écrièrent-ils.
Un long silence se fit, puis le père reprit la parole.
« Vous avez ... peut-être raison! », répondit-il.
(N.B: je connaissais la même avec un rabbin. Vraiment. Enfin, même genre.)
jeudi, avril 12, 2007
La Campagne à Paris
On était plusieurs milliers, plus de cinq mille à mon avis. On a marché tranquillement dans Paris pour la régularisation des sans-papiers. Il y avait de tout: bien sûr, des gens du RESF, des mamans du DAL, des anars, des sans-pap', des gens sans histoires aussi, que la chasse à l'enfant avait effrayés et indignés. De mémoire de (jeune!) manifestant, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une telle mixité sur le pavé. Il y avait même quelques élus, communistes je crois, et un socialiste, venu en son nom propre, bien sûr, le parti n'ayant pas voulu froisser le chimérique centre extrême dans lequel la victoire se jouerait.

Sage décision! de toute façon, les médias ont fort peu relayé cet événement, sûrs qu'ils sont que l'histoire se joue ailleurs, dans les œillades de candidats dont tout le monde, au fond, se fout. La vérité, c'est que notre société, comme toutes les autres, se juge à sa façon de traiter ses exclus; ça fait chrétien, ce que j'ai dit, mais j'assume. Foucault en parle avec une élégante précision dans la préface de « Folie et Déraison », affirmant qu'on pourrait « faire une histoire des limites - ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur; et tout au long de son histoire, ce vide creux, cet espace blanc par lequel elle s'isole la désigne tout autant que ses valeurs (…). Interroger une culture sur ses expériences limites, c'est la questionner aux confins de l'histoire, sur un déchirement qui est comme la naissance même de son histoire ».
Le saltimbanque, l'immigré, le SDF, la prostituée, le prisonnier, l'homosexuel, le fou: autant de marges, autant de questionnements sourds, autant de dominations hors-champ, autant d'intouchables que Pouvoir et médias écartent de la Grande Histoire qu'ils veulent écrire. Alors une manifestation pour des sans-papiers, sans aucune star, pensez donc, on a certainement plus important, plus urgent à relayer.
L'Urgence: le mot est laché. Urgence à battre la droite, on réfléchira plus tard. Quand? Plus tard, je t'ai dit. Tais-toi et vote utile. Urgence à se gaver des slogans des uns répondant aux « thèmes » lancés par d'autres. Ecurie contre écurie, des priorités des candidats-partis se dessinent. Et la grande chambre d'écho médiatique les confirmera comme priorités, les martèlera comme autant d'urgences. Ce qui troublera l'historien du futur, penché sur notre presse, ce sera sûrement l'aplomb avec lequel les médias de masse classent ces urgences, ces enjeux, en situent les point critiques. Quitte à se planter en beauté. (Voir les journaux qui nous prédisaient un deuxième tour Jospin Chirac ou une victoire du « oui » à la constitution. Enjoy .).

Que le journalisme de sérail soit plus intéressé par les goûts musicaux, la taille des jeans et les photos de jeunesse d'un politique que par le destin de milliers d'enfants et de familles sans papiers, après tout, comment s'en étonner en ces temps difficiles de campagne? Mais putain, quand même, quand même...
A force de nous décrire ce qui est l'officielle « réalité politique » en se focalisant sur les communiquants qui n'attendent que ça, croient-ils que nous ne verront plus l'urgence, tangible et bien palpable, des raffles au faciès, près des bouches de métros, des soupes populaires et des écoles de nos quartiers? Mon Urgence à moi ne porte pas sur la sémantique du patriotisme cocardier, ni sur le choix des mots des candidats. Mon Urgence à moi, ce sont ces familles traquées, divisées, humiliées, raflées. Mon Urgence, on lui attache les poignets et les mollets au scotch dans l'avion. Alors les autres "urgences" attendront.

Sage décision! de toute façon, les médias ont fort peu relayé cet événement, sûrs qu'ils sont que l'histoire se joue ailleurs, dans les œillades de candidats dont tout le monde, au fond, se fout. La vérité, c'est que notre société, comme toutes les autres, se juge à sa façon de traiter ses exclus; ça fait chrétien, ce que j'ai dit, mais j'assume. Foucault en parle avec une élégante précision dans la préface de « Folie et Déraison », affirmant qu'on pourrait « faire une histoire des limites - ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur; et tout au long de son histoire, ce vide creux, cet espace blanc par lequel elle s'isole la désigne tout autant que ses valeurs (…). Interroger une culture sur ses expériences limites, c'est la questionner aux confins de l'histoire, sur un déchirement qui est comme la naissance même de son histoire ».
Le saltimbanque, l'immigré, le SDF, la prostituée, le prisonnier, l'homosexuel, le fou: autant de marges, autant de questionnements sourds, autant de dominations hors-champ, autant d'intouchables que Pouvoir et médias écartent de la Grande Histoire qu'ils veulent écrire. Alors une manifestation pour des sans-papiers, sans aucune star, pensez donc, on a certainement plus important, plus urgent à relayer.
L'Urgence: le mot est laché. Urgence à battre la droite, on réfléchira plus tard. Quand? Plus tard, je t'ai dit. Tais-toi et vote utile. Urgence à se gaver des slogans des uns répondant aux « thèmes » lancés par d'autres. Ecurie contre écurie, des priorités des candidats-partis se dessinent. Et la grande chambre d'écho médiatique les confirmera comme priorités, les martèlera comme autant d'urgences. Ce qui troublera l'historien du futur, penché sur notre presse, ce sera sûrement l'aplomb avec lequel les médias de masse classent ces urgences, ces enjeux, en situent les point critiques. Quitte à se planter en beauté. (Voir les journaux qui nous prédisaient un deuxième tour Jospin Chirac ou une victoire du « oui » à la constitution. Enjoy .).

Que le journalisme de sérail soit plus intéressé par les goûts musicaux, la taille des jeans et les photos de jeunesse d'un politique que par le destin de milliers d'enfants et de familles sans papiers, après tout, comment s'en étonner en ces temps difficiles de campagne? Mais putain, quand même, quand même...
A force de nous décrire ce qui est l'officielle « réalité politique » en se focalisant sur les communiquants qui n'attendent que ça, croient-ils que nous ne verront plus l'urgence, tangible et bien palpable, des raffles au faciès, près des bouches de métros, des soupes populaires et des écoles de nos quartiers? Mon Urgence à moi ne porte pas sur la sémantique du patriotisme cocardier, ni sur le choix des mots des candidats. Mon Urgence à moi, ce sont ces familles traquées, divisées, humiliées, raflées. Mon Urgence, on lui attache les poignets et les mollets au scotch dans l'avion. Alors les autres "urgences" attendront.
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