samedi, février 28, 2009

L'Europe, l'Europe, l'Europe...

Les futures élections européennes, c'est l'enjeu des enjeux: une majeure partie de notre droit nous vient directement de Bruxelles, c'est peut-être ce que les électeurs n'ont pas compris, eux qui snobent tellement les institutions de l'Union qu'être nommé sur une liste est devenu une punition dans la classe politique.

EUROPE MYTHIQUE, EUROPE REELLE


Peut-être le fond de ce désintérêt provient-il du décalage profond entre la protection mythologique que nous offre l'Union (une monnaie forte et pas de guerre avec les Allemands), et le projet réel de l'institution.


L'Europe devrait nous protéger des OGM et des intrants chimiques. Jouet des lobbys, elle revoit à la baisse toutes les exigences environnementales qu'on arrive à arracher ici ou là. Elle devrait nous protéger du dumping fiscal et social pratiqué par nos propres entreprises qui délocalisent à tout crin. Elle préfère ouvrir nos frontières aux produits manufacturés bon marché, inonder le tiers monde de nos excédents agricoles, fruits d'une agriculture de plus en plus industrielle, injuste et nuisible. Elle devrait protéger le marché en pratiquant le principe de précaution. Elle préfère imposer le Red Bull sur le marché Français, au nom de la libre concurence. Elle devrait nous protéger de nos chefs d'état. Elle autorise les Passeports biométriques, le fichage des enfants tsiganes en Italie, et les caméras en angleterre.. Elle devrait proposer une véritable alternative diplomatique et militaire à l'Hyper-puissance américaine. Elle laisse la Pologne et l'angleterre participer à la stupide et illégitime guerre en Irak.



L' Europe, pour mon père, c'est la stabilité des prix et la fin de la guerre.


C'est vrai.

UN GRAND SUPERMARCHE

Mais pour moi, c'est aussi l'agriculture industrielle, la non-politique étrangère, l'hypocrisie face aux paradis fiscaux, des spots ridicules sur « les dangers d'internet » (ah! Internet!), la caution donnée au dumping fiscal et social, les lobbys en fête, le Red Bull innondant les boums, l'OTAN comme base de politique étrangère, une gestion financière de grand-père qui finalement cède piteusement après la crise, et la sanctuarisation du libre échange par une « constitution » que deux peuples ont refusé mais qui revient par la petite porte au mépris de la démocratie.


Un grand supermarché qu'on nous a vendu comme utopie politique, en somme.


Et pourtant il va falloir aller voter, au risque d'entretenir cette mascarade à laquelle ne croient plus que les gagnants du système. Aller voter sans y croire, sans même savoir pour qui.

Je me réjouis d'avance!


mardi, février 24, 2009

LIBEREZ LEONARD

Silence, they say, is the voice of complicity.
But silence is impossible.
Silence screams.
Silence is a message,
just as doing nothing is an act.
Let who you are ring out & resonate
in every word & every deed.
Yes, become who you are.
There's no sidestepping your own being
or your own responsibility.
What you do is who you are.
You are your own comeuppance.
You become your own message.
You are the message.

Leonard Peltier, In the Spirit of Crazy Horse


Depuis plus de 32 ans, et en dépit d'une absence totale de preuve, Leonard Peltier est en Prison, et ce n'est pas supportable.

Plutôt que de gloser à l'infini à ce sujet, je vous recopie texto ce qu'en dit le site de ses soutiens en France:

« Leonard Peltier, indien Anishinabe/Lakota-Sioux, est incarcéré depuis 1976 aux USA pour un crime qu'il n'a pas commis. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition." Il est une des victimes de la guerre cachée menée par le gouvernement américain et le FBI contre l'American Indian Mouvement (Mouvement Indien Américain - AIM).

Au début des années 1970, le FBI utilisant son programme de contre-espionnage interne (le COINTELPRO) entreprend de déstabiliser et neutraliser l'AIM, dont Leonard Peltier est l'un des leaders. Le 26 juin 1975, une fusillade éclate, après l'intrusion illégale de deux agents du FBI, sur une propriété de la réserve de Pine Ridge (Sud Dakota), où se trouve un campement de l'AIM. Les deux agents ainsi qu'un jeune amérindien membre de l'AIM trouvent la mort. Leonard Peltier est arrêté, inculpé des meurtres des agents et condamné à deux peines de prison à perpétuité alors qu'il n'existe aucune preuve de sa culpabilité. Depuis 1976, Leonard Peltier clame son innocence. En 1981, grâce à la Loi de Liberté d'Information, sur 18000 pages détenues par le FBI, ses avocats en obtiennent la déclassification de 12000. Dans ces pages se trouvent de nombreuses preuves des malversations du FBI dont un rapport ballistique stipulant que l'arme attribuée à Leonard Peltier n'est pas l'arme du crime. Au vu de ces nouveaux éléments, un demande pour l'obtention d'un nouveau procès est déposée. Le gouvernement américian reconnaît alors qu'il "ne peut pas prouver qui, en particulier, a tué les agents." Malgré cela, à cause d'une "technicité judiciaire", la demande d'un nouveau procès est rejetée.

En janvier 2001, le président Bill Clinton n'a pas eu le courage politique de lui rendre sa liberté, en évitant de lui accorder une grâce le dernier jour de son mandat. Leonard Peltier est devenu le symbole de la résistance des peuples indigènes au niveau international. Il est soutenu par Nelson Mandela, Desmond Tutu, Rigoberta Menchù, le Dalaï Lama, le Sous-Commandant Marcos, le Parlement Européen et par plusieurs millions de personnes à travers le monde. »

Léonard Peltier est ainsi un des plus vieux prisonniers politiques de notre monde libre. Son maintien en détention est une insulte à la dignité indienne, qui se bat pour sortir de ses 500 ans de nuit. Une insulte à la justice Américaine, justice qui est le fondement même d'un pays qui a fait de la liberté et de la « justice pour tous » ses pierres angulaires. C'est enfin et surtout une insulte aux valeurs humanistes qui nous unissent par delà les clivages idéologiques.

Le parlement européen s'est exprimé à ce sujet le 11 février 1999 dans une résolution que je vous retransmets telle qu'elle:

«Le Parlement européen,

- vu sa résolution du 15 décembre 1994 sur la clémence pour M. Léonard Peltier ((JO C 18 du 23.1.1995, p. 183.)),

A. considérant le rôle joué par Léonard Peltier pour la défense des droits des peuples indigènes,

B. considérant qu'il a été condamné en 1977 à deux peines de prison à perpétuité, bien qu'il n'y ait eu aucune preuve de sa culpabilité et après avoir été extradé du Canada,

C. considérant qu'Amnesty International a manifesté à plusieurs reprises son inquiétude concernant l'équité du procès qui a abouti à la condamnation de M. Peltier,

D. considérant que le gouvernement des États-Unis admet aujourd'hui que les déclarations écrites sous serment qui ont été utilisées pour arrêter et extrader M. Peltier du Canada étaient fausses et que le représentant du ministère public, Lynn Crooks, a déclaré que le gouvernement américain ne possédait pas de preuves sur les auteurs des assassinats des agents,

E. considérant qu'après 23 ans de détention dans les pénitenciers fédéraux, l'état de santé de M. Peltier s'est sérieusement détérioré et que, selon des spécialistes, s'il ne reçoit pas des soins médicaux appropriés, sa vie pourrait être en danger,

F. considérant que les services pénitentiaires continuent à refuser à M. Peltier un traitement médical approprié, en violation du droit humanitaire international et des droits constitutionnels de M. Peltier,

G. faisant observer que M. Peltier a épuisé toutes les voies de recours selon le droit américain;

1. demande une nouvelle fois instamment que Léonard Peltier bénéficie de la grâce présidentielle;

2. insiste pour que Léonard Peltier soit transféré dans une clinique où il puisse recevoir le traitement médical approprié;

3. demande de nouveau que les lacunes judiciaires constatées dans la condamnation de M. Peltier fassent l'objet d'une enquête;

4. charge sa délégation pour les relations avec les États-Unis d'inscrire le cas de Léonard Peltier à l'ordre du jour de sa prochaine rencontre avec les parlementaires américains;

5. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, ainsi qu'au Congrès et au président des États-Unis. »

Depuis, nous attendons. Et chaque jour aggrave l'injustice et la douleur de cet homme digne, qui continue d'écrire de sa prison, qui continue de se battre. (Lisez ses « écrits de prison », qui sont une formidable leçon de résistance).

M. Obama, sous les cieux plus cléments et pleins d'espoirs que votre élection a suscités en Amérique, honorez la promesse de justice Universelle dont votre pays se prévaut.

M. Obama, Mettez fin à l'incarcération d'un des derniers prisonniers politiques du monde libre.

M Obama, libérez Léonard Peltier.



samedi, février 14, 2009

MEPRIS

Mépris des pauvres, mépris des noirs.


C'était bien la peine de mettre une noire et un Emmaüs dans son gouvernement pour en arriver là.


JEGO, LIBRE DANS SA TETE

La situation? L'Economie de l'outre-mer vit toute la perversion d'un système de dépendance et de perfusions. Les fonctionnaires qui vivent là-bas on des salaires suffisamment primés pour faire augmenter les prix, et rendre encore plus difficile la vie des plus pauvres de nos concitoyens éloignés.

Quand la fureur pète, elle n'est pas disciplinée, elle n'a pas de mot d'ordre clair. Les sans-culottes courant à la Bastille en avaient-ils un, de programme? Alors on envoie la haute administration de métropole se frotter à la situation, épaulé d'une fine équipe de médiateurs.


Incompétence, gaffes « Hénaurmes »...le secrétariat à l'Outre-Mer n'arrange rien, se barre en loucedé. Ce n'est pas nouveau: qu'on se souvienne de son prédécesseur, le « moto-didacte » maire de Nice, avait séché une importante réunion en Nouvelle Calédonie pour aller faire de la plongée, après quoi il avait remis en cause le complexe processus institutionnel en cours, foutant le feu à la rue, avant de se barrer chez mémé (1).


"La france et les cinq continents", pour l'expo coloniale de 1931


Mépris des pauvres, mépris des noirs.


On se plaint souvent de la condescendance d'une gauche Tarama face à la pauvreté et à l'exploitation. Au moins nous épargne-t-elle le cynisme à peine post-colonial d'une droite qui a toujours eu des petits problèmes de mémoire sur la question.

NAISSANCE D'UN BOURBIER

En attendant ce sont maintenant la Guyane, la Martinique et la réunion qui s'apprêtent à rejoindre le mouvement. Tous ces confettis d'empire sont bien loin des centres de pouvoirs. Ils représentent néanmoins plus d'un millions de nos concitoyens.


Qu'on y pense, de Neuilly à l'Elysée.


(1): Malgré les complexes négociations menées par la gauche, qui déboucheront sur un référendum capital dans quelques années, M. Estrosi n'avait pas manqué de dire que "la place de la Nouvelle Calédonie est dans la France", faisant voler en éclat un concensus laborieusement acquis entre Kanaks et Européens, et déclenchant l'ire d'une grande partie de la population. Lors de ce séjour, il avait préféré la plongée sous-marine à une importante réunion avec les forces vives du "caillou", laissant poireauter Scientifiques et chefs d'entreprises.

dimanche, février 08, 2009

MODESTE CONTRIBUTION A LA DELATION: LES TRADERS


Ayant par habitude, et aussi par bon goût, laissé le boulot de délation aux sycophantes glaireux (de droite) qui y trouvaient quelque jouissance abjecte, je ne résiste pas à l'appel d'une petite dénonciation de fraude aux Assedics. Allez les gars, laissez moi au moins ça.


Soit un Trader X (de plus de 18 ans) ayant participé depuis Londres à l'effondrement lamentable de notre économie mondiale, contre de scandaleux abondements qu'il ne peut justifier que par une vision avantageusement tronquée de la théorie des probabilités (il le sait, généralement il a fait math sup).


Soit donc un trader français vivant à Londres au service du lucre et de sa cupidité.


Arrive une petite correction boursière, et notre négociant en vide et en bulles se trouve virtuellement à la rue (de la Paix). Après un Benchmarking raisonnable des différents systèmes de protection sociale, il jette aux orties le libéralisme (de baigneur) qui lui avait jadis servi de caution, et rejoint les bras aimant de la mère patrie, en gémissant et en grinçant des dents.



Notre trader est un sioux, livré avec les ruses du même métal: il souhaite toucher une sympathique indemnité chômage, sur une assurance à laquelle il n'a pas cotisé (normal, le trader utilise des richesses qu'il n'a jamais produites pour s'enrichir, pour la plus grande gloire du système).


Divine surprise, il existe un moyen de gruger l'assurance chômage, et cela peut se faire, accrochez vous à vos tripes, grâce au chèque emploi service. Si.


Le golden Boy remise par devers lui sa dignité de vainqueur de la lutte des classes: il enfile une blouse, une visière MacDo, ou n'importe lesquels des oripeaux des « petits jobs » qui font tourner le monde, et va bosser (un jour seulement, car son organisme délicat ne survivrait pas au delà) .Ou bien il fait huit heures de baby-sitting (c'est dans ce cas qu'intervient le CESU). Après cette brève et surprenante plongée dans la vie prolétarienne, notre Trader (je dis « notre » parce que je sais pas vous, mais moi je l'ai adopté), notre Trader, donc, va aux ASSEDIC (pardon, au « pôle emploi », comme on dit justement chez ceux qui n'ont encore jamais eu à (s') y pointer).


Ces Assedics ("Kassedédi", elles m'ont quand même fait becqueter pendant 11 mois, big up) lui verseront alors pendant vingt-trois mois l’équivalent de 57,4 % du salaire qu’il aurait touché en France pour le travail exercé à l’étranger.

Le système est plafonné (Hamdullah) et la personne ne pourra pas recevoir plus de 57,4% de quatre fois le montant de la sécurité sociale, ce qui fait tout de même 6 366,80 euros mensuels.



6360€ mensuels pendant vingt quatre mois pour avoir niqué la terre entière sans même cotiser à l'assurance chômage. (le pire c'est qu'il continuera sûrement de voter à droite). Sortez ça au prochain crétin qui vous parlera d'arnaques au RMI chez les prolos, juste pour voir.

Ma source? Le point. Sans déconner. (Clique dessus et descends à l'encadré en bas de la page, ami lecteur).


A bientôt les amis, sur le Blog qui fait aussi force de proposition.