jeudi, février 17, 2005

Penser global?

Je me suis visiblement calmé depuis le dernier post. C'est heureux, parce que quelques heures dans cet état là, et je me retrouvais collé au plafond par ma propre tension artérielle, ce qui fait négligé dans le décor, quand même. Calmos, donc, et séreinité. Hier encore, dans un bar chilien plutôt révolutionnaire, j'ai vu sur une affiche dans les chiottes, affiche qui critiquait la précarité des travailleurs, quelques chiures de mouches qui se voulaient de droite.

Je retranscris ici le message sybillin que je lisai: "ouais, les mecs de gauche, ils critiquent tout le temps, mais quand il s'agit de proposer..." Rude est l'estocade, j'accuse!, le coup. Restons dignes.

Alors, qu'est ce qu'on pourrait proposer comme alternative au système actuel, au choc dialectique minable Top 50 Vs. piratage...c'est vrai, ça...euh...

Bien, tout d'abord, on a le droit, c'est quasi constitutionnel, de ne pas aimer les mêmes choses que la meute. C'est même garanti par le marché et la démocratie. Pourtant...pas évident de passer entre les gouttes foireuses des superprods. On me répondra que là où il y a demande, il y aura offre, et que chacun peut trouver son compte dans un paysage culturel d'initiative privé/public comme le notre.

Ouais, ben demandez aux amateurs de jazz et aux fans de Bergman ce qu'ils en pensent.

Et si nos activités culturelles pouvaient sortir un peu de l'ordinaire? Et si on écoutait pas la même musique dans sa bagnole et chez le coiffeur? On y a peut-être droit à cette différence. Alors pour sortir de la frénésie abrutissante des crétins congénitaux en bandana, on pourrait exploiter le pseudo-clanisme, le tribalisme à des fins non mercantiles. Pourquoi ne pas former plusieurs cercles ou communautés dans lesquelles on échangerait les livres que l'on écrit, la musique que l'on fait?

Ca c'est sûr, ce sera moins pyrotechnique. Y aura moins de shows lasers avec largages de porte clefs, et je m'estime en droit de me demander qui s'en plaindra. Au fond, il s'agit pour nous tous de mettre la main à la pâte, de court-circuiter les systèmes de distribution, d'en finir avec l'art comme rente, et de concrétiser une véritable forme de fraternité.

Je t'écris un bouquin pour tes longues soirées d'hiver, tu me fais des MP3 de ta zique. Et on en discute. Alors tu me diras que t'es pas Bob dylan et que je ne suis pas Proust. Je te répondrai, je t ai jamais interdit de lire la "Recherche du temps perdu", rien ne t'en n'empêche. Mais si on peut faire d'une partie de nos loisirs un véritable espace humain, de rencontre, sans un mur de sponsors derriere, c'est un bon début.

Alors, ami scribouillard des gogues, soigne ta droite, parceque ma gauche, je la trouve fort sympathique.

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