lundi, janvier 22, 2007

LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT


Il s'en est retourné, notre animateur hâlé, devenu par la grâce des caméras guérillero d'un jour de l'écologie consensuelle. Il s'en est allé, rejoindre ses deltaplanes et ses rêves de faire du Vert avec du fric, à moins que ce soir l'inverse: Il n'y a qu'à voir le flouze dégagé par le label "Ushuaïa" quand il orne des véhicules tous-terrains où des flacons plastique de shampoing(1).

Il s'en est retourné, sa messe dite, auprès de ces médiatiques et encombrants soutiens chaud-bize. Vous voyez de qui je veux parler, le type qui s'est barré en Argentine avec sa collec' de motos et bagnoles de sport polluantes,pour garder sa « liberté de penser » la fiscalité, ou bien cestui-là qui roulait en Hummer vers « l'Ile aux oiseaux ». avec des amis comme ceux-là...

Il s'en est retourné aux oubliettes de l'histoire politique, celui qui, sans jamais avoir participé aux grands combats écologistes prétendait réunir droite et gauche avec sa super fondation financée par les autoroutes, les rois du béton et du nucléaire. Vous me direz l'argent n'a pas d'odeur? Certain que je suis, comme vous, que ces grands groupes n'ont fait ça que par bonté d'âme, je souris en imaginant, à leur tour, les "Don Quichotte" subventionnés par des fonds de pension, ou des humanitaires parrainés par les fabricants d'armes. Avouez que ça aurait de la gueule.

Que reste-t-il de ce formidable passage dans la sphère médiatique? Une vague tentative de démonstration que la droite et la gauche, c'e serait kif-kif bourricot en termes d'écologie. D'ailleurs, les premiers commentaires sont de l'équipe de Monsieur S, qui a essayé d'ironiser sur les engagements écolos de la gauche. C'est mignon. Je rappelle à nos amis de droite que si, au dernier classement de « l'alliance pour la planète », les Verts ont obtenu la médiocre note de 11/20 et le PS la banane de 6,5/20, l'ump est encore plus bas avec un lamentable 4,5/20. Alors quand je vois Monsieur S signer une telle charte, je suis sûr qu'il le fait pour les générations futures. Pardonnez, ma plume tremble: je suis ému.

Que reste-t-il de l'implosion de notre baudruche électorale? Beaucoup d'espoirs brisés chez ceux qui avaient parié qu'on pouvait faire de l'écologie sans toucher fortement aux modes de production et de consommation. Autrement dit, chez ceux qui ont cru qu'on pouvait "penser vert" sans froisser les industries, et sans remettre en cause l'idéologie libérale qui se fait par et pour le fric, en dépit de tout autre souci humaniste. Croire que les grands groupes et leurs soutiens libéraux vont de leur plein gré accepter sans broncher de perdre de la thune, des marchés ou de se saborder, c'est un peu comme attendre des entreprises du tabac qu'elles arrêtent gentiment de fabriquer du toxico et du mort en sursis, qu'elles « prennent conscience », comme on dit. Croire, pour résumer, qu'une droite qui fonde son économie sur un croissance surproductive boostée par la surconsommation va faire du Vert, c'est oublier à peu de frais à quel point dans l'histoire et les actions de ses militants, tout comme dans les implications de sa pensée, l'écologie est à gauche de la gauche.

Que reste-t-il des grands effets de manches, des beaux discours? L'amertume de voir retourner à la poussière un Show qui promettait tant à ceux qui voulaient y croire. La certitude, pour les plus lucides, que ce qui ne coûte rien et qui ne s'engage en rien n'engage à rien. Un peu comme les tendres discours du président sur l'environnement et le réchauffement climatique (il y en a trop eu pour les citer!). Paillettes, fanfares, et puis, le vide. Il s'en est retourné en la coulisse, Nicolas-la-montgolfière, laissant au milieu du gué ceux qui avaient cru en lui. En se retirant, il les abandonne aux politiques, ironie de l'histoire, à ceux-là mêmes qu'il fustigeait pour leur manque d'écologie, qu'il braquait à coup de charte ronflante, qu'il menaçait de se présenter et qui convoitent, à peine le rideau tombé, les restes encore fumants d'un espoir biaisé, certes, mais d'un espoir tout de même. Sic transit gloria mundi...

Merci pour rien, Nico. Et bon vent.


(1) C'est TF1 qui gère les licences des produits Ushuaïa, pour rentabiliser l'emission, très coûteuse. Nico n'a pas son mot à dire, mais il doit bien s'y retrouver quand la chaîne vend son image pour des produits pas forcément écolos, puisse qu'il est rémunéré "par Yagan Productions, filiale de TF 1, qui met en boîte les quatre numéros par an. Son tarif : 30 000 euros par mois, en plus des droits d'auteur qu'il touche pour ses ouvrages (son dernier opus, Le Syndrome du Titanic, publié chez Calmann-Lévy s'est vendu à 160 000 exemplaires) et d'un pourcentage « jamais renégocié depuis 1987 » sur les ventes des livres et des DVD Ushuaïa", dixit L'Expansion du 25 mai 2005. Habile...

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Nique sa mère Nicolas Hulot
putain mais va t'coiffer et changer d'pull-o-
ver, ta manip' pue, elle est over
arrête de jouer ton nature lover, fonblard
avec tes velours côtelés t'es trop tricard
sous-marin de Sarko/Bouygues/TF1 c'est aç ton destin
sauf que tu pues l'échec va prendre ton chèque chez Raffarin
fais pas l'fiérot Hulot avec mes sosses on te casse le dos
tu serviras d'engrais avec le purin d'ortie
comme ça au moins t'auras fait quelque chose d'écolo dans ta vie...

Anonyme a dit…

Autre temps, autre défi. C'est maintenant au tour de notre icone pop moustachue d'entrer en lice. Il est "prêt à aller jusqu'au bout" : et donc à se retirer début mars si sa campagne ne porte pas ses fruits. Quel bel exemple de "jusqu'au boutisme"... Tant que l'écologie sera porté par des pipoles et qu'elle ne sera pas une remise en cause de notre mode de vie, elle restera une vaste blague. Bon, je file acheter des concombres bio à 3 euros pièce à naturalia.

Adso, a dit…

Anonyme ami,

S'il est vrai que j'observe avec méfiance l'entrée en lice de frère Bové, je ne le mets toujours pas dans le même sac que Monsieur Hulot.

Il orchestre avec brio, cela est vrai, un barnum médiatique Ardissonesque.

Mais quand il s'est agi de soutenir le mouvement altermondialiste, de lutter concrètement contre les OGM, ma foi, il y était. Et pleinement.

Méfiance, donc, mais pas mépris.