lundi, octobre 20, 2008

Pas d'espoir pour Adso

J'ai certainement semblé à certains désespéré dans mon dernier billet, et je crois qu'il me faut clarifier les choses.


La situation est réellement désespérée.


Rien de bon ne peut sortir de ce système de dingues, et il faudrait être clairement utopistes ou inconscients pour croire qu'on pourra tenir longtemps avec de tels écarts de richesse, une telle capacité accumulée à détruire et un tel épuisement des ressources.

De même il faut être gentiment timbré pour imaginer que tout s'effondrera en prenant la Bastille ou le palais d'hiver.


Je ne verrai pas la chute de la grande machine à aliéner, à tuer et à exploiter.


Tout au plus puis-je espérer que, ça et là, les foyers révolutionnaires maintiendront ce qu'il faut de vie et d'idées pour que le printemps refleurisse, plus tard. C'est ce qui fait le prix d'initiatives microscopiques, ce qui fait la valeur d'un seul enfant sans papier non expulsé, la richesse d'un seul hectare de Chiapas libre, la beauté de dix kilomètres sur douze de Commune de Paris, ce n'est bien sûr ni la taille ni l'efficacité de ces réalisations, mais le souffle immense qu'elles donnent et ont donné à toutes les luttes.


Notre génération et condamnée à réinventer, à ressemer les idées de demain, c'est là son « métier d'homme ». Mais ce travail est après tout aussi exaltant que la révolution elle même. Fuir, créer, éviter la casse. Préserver ce qui peut l'être, lutter malgré tout, pied à pied.


C'est cela qui donne sens à la Gauche, en dépit de ses échecs. C'est là, dans ce refus envers et contre les diktats du monde, dans ce « non » que réside notre fibre la plus humaine, la beauté et le sens que l'on peut donner à sa propre histoire.

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