samedi, novembre 29, 2008

Cloisons

Au cours de mon trajet quotidien vers mon bureau, je passe souvent devant la Bourse du travail, occupée depuis un an par les salariés sans-papiers. Je regarde la vie s'y organiser, je jette un oeil à celui qui tient la caisse, je vérifie s'il y a de nouvelles affiches (comme celles qui illustrent ce billet). La CGT et les anars du coin leur filent un coup de main. On n'est pas loin du siège de libé, pas loin non plus du lieu d'accueil des « étudiants » de la Star'ac. C'est comme ça, c'est le marais.


Ce qui est surprenant, c'est la proximité géographique de ces trois lieux, et le fait que ceux qui les occuppent vivent dans une ignorance mutuelle improbable: les distances dont je parle sont de l'ordre de 300 mètres.

En même temps, que Libé soit plus occupé par le maquillage de Ségolène que par le sort de centaines de salariés sans-papiers en bas de sa rédaction, on est bien obligé de s'y faire. Que les moutons bêlants de l'Académie niaise ne viennent pas fraterniser avec le sous-prolétariat post-colonial, on le comprend aussi: d'abord parce qu'en tant que jeunes de leurs époques, ils n'ont aucune culture politique, ensuite parce qu'on est plus dans les années soixante, sale ringard, et enfin parcequ'ils ont sûrement des échauffements à faire pour leurs voix de choristes, pour quelque duo bien lisse avec Serge Lama ou Britney Spears.


Où que vous soyez dans Paris Intra Muros, vous êtes à moins de 11 km des copains de Beigbedder et à moins de 10 km d'un squat de sans-papiers. Paris, c'est la (non) lutte des classes dans un mouchoir de poche. Un cloisonnement subtil fait que les enragés de tout poil ne sautent pas sur les Rolls ou les 4x4 des Richous, et ça, c'est une réussite de la bourgeoisie d'une formidable intelligence.


Souvenez vous des émeutes, des bagarres entre bandes rivales d'il y a quelques années...avaient elles lieux dans le XVI, à ,Neuilly? S'attaquaient elle aux ministères, aux banques? Que Nenni, fripouille.

Les bandes s'affrontaient dans les centres commerciaux. Les émeutes se soldent par des vitrines brisées et des pillages de baskets de marque. Les plus riche ont le bon goût d'habiter loin de ces « pots de miel » sur lesquels se rue l'émeutier. Ou plutôt, ils ont l'intelligence de se démerder pour que les grands centre commerciaux ne soient pas implantés près de chez eux, pour que les manifestations houleuses ne traversent pas leurs ghettos de riches.



Proposez donc l'implantation d'un équivalent des Halles ou d'Italie2 avenue Victor Hugo. Juste pour voir...


PS: A bientôt. N'oubliez pas de voter, de diffuser le blog de l'Est comme le journal que l'on vend le matin d'un dimanche, ou l'affiche qu'on colle au mur le lendemain. Votez aussi pour les magik sondages, à droite en haut. Et bien sûr, comme le dit l'expression en langue kikoolol, "lachez vos com".


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Remarquablement juste et bien écrit!