lundi, juin 30, 2008

Droite de Kombat!


Un incendie à l'intérieur d'un centre de rétention administrative. Le pouvoir accuse une association, le Réseau Education Sans Frontières, qui manifeste à l'extérieur du centre de rétention. D'après l'un des porte-parole de l'UMP,
Frédéric Lefebvre, « si la responsabilité pénale dépendra des suites de l'enquête judiciaire, la responsabilité morale de RESF est évidemment engagée ».

Grotesque? Insultant? Irresponsable?

De droite, tout simplement.


Le PS, la CIMADE et bien d'autres ont beau être venus au secours moral de RESF, ce qui restera dans l'inconscient, c'est la vile calomnie dans laquelle se sera répandu le parti au pouvoir, et des gens plutôt sympas passeront pour des tarés.

Je pense, amis lecteurs, que vous ressentez la même chose que moi dans ces cas là: en même temps que le dégoût, une amertume encore plus profonde car vous savez comme moi que demain, les médias et l'opinion auront oublié que le pouvoir s'est abaissé à cette déclaration scandaleuse en dépit de l'honneur et de la vérité.

Alors, amis, je ne vous demande qu'un effort. Celui de vous souvenir de quoi ces hommes ont été capables, de vous en souvenir quand ils viendront gratter tendrement aux urnes, de vous souvenirs que ces braves gens, un jour, ont allié le mensonge infâme au cynisme le plus abject pour la plus basse politique.

Honte à eux.

mardi, juin 24, 2008

DE-MI-SSION

De la propagande.

Il n'y a pas d'autre mot. 4 millions d'euros de pure pro-pa-gande.

Merci au gouvernement pour ces nouveaux spots ridicules auxquels même le tektonicien lambda ne croirait pas.


Ils ont osé...


C'est qu'il en faut, du cran, alors que le baril et le paquet de nouilles pètent tous les plafonds, alors que les dépenses s'accroissent pour des foyers toujours plus démoralisés, il en faut, dis-je, du culot pour sortir des billevesées comme celles-ci: « c'est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d'achat ». Et pourquoi pas « entrez dans l'espérance » ou même « Bon baisers du Fouquet's » pendant qu'on y est?

Les proposition du gouvernement sont encore plus floues que cette photo du spot du gouvernement.


« Immatures petits français, soyez patient: grâce à notre dynamique équipe gouvernementale et au libéralisme, ce sera la big teuf sous peu. » Si, si: ils le disent dans la télé.


Mon cul: au lieu de payer un « monsieur buzz » à l'Elysée, au lieu de se payer des spots qui insultent la dignité démocratique et l'intelligence, au lieu de (bientôt!) co-financer les guerres impérialistes en regagnant comme un seul homme de main le commandement intégré de l'OTAN, au lieu de distribuer les cadeaux fiscaux aux plus aisés, au lieu de dilapider l'argent des ministères en frais de fonctionnement,, ils feraient mieux d'un peu plus tenir compte de la donne sociale du pays et de relâcher la pression sur les plus faibles.


Au fait, il se termine comment le spot? « Vous êtes impatients, nous aussi ».


Enfin, vue la cote de popularité du gouvernement, pas sûr qu'on soit impatients des mêmes choses.


mardi, juin 17, 2008

dix p'tits nègres


La gauche se flagelle, c'est un peu sa seconde nature: ainsi, j'entendais Julien Dray expliquer cette semaine que ce gouvernement avait opté pour la diversité, et que c'est ce que le PS aurait du faire depuis longtemps.


Première remarque: entre le gouvernement Jospin si coupable et ce gouvernement actuel si ouvert, il y a eu un autre gouvernement. Un qui aurait du lui opter aussi pour cette diversité, si on joue à ce petit jeu, et qui aurait même dû le faire à plus forte raison, le temps passant. Ce gouvernement ne l'a pas fait. Que la droite actuelle préfère l'oublier, c'est son affaire, et ça l'arrange bien. Que la gauche oublie ce détail, c'est ridicule.


Deuxième remarque: pour les noirs, puisse qu'on en est là et si tant est qu'on puisse considérer les problèmes comme cela, est-ce qu'il vaut mieux avoir une Christiane Taubira, agissant efficacement mais à un poste pas assez visible et loin des ministères, ou une Fadela et une Rama bien visibles mais qui ne font rien de bien concret?


La droite a tout compris, qui arrive à entraîner la gauche dans une comptabilité morbide et inutile de spectacle, et qui la fait battre sa coulpe sans rien faire réellement pour la condition des noirs en France. Qu'ils en jugent, mes amis de la diversité, sur les Bilans: Nicolas Sarkozy, c'est le discours de Dakar. Lionel Jospin et Christiane Taubira, c'est la reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l'humanité. Alors, on continue à compter les noirs?


Ou bien on réfléchit deux secondes?


mercredi, juin 11, 2008

Bon baisers de Jésus

Quelle est la proportion de gens que notre société peut accepter d'écraser, si c'est pour le confort d'une majorité et pour la prospérité générale?


Ce n'est pas une question d'humaniste mièvre, ce n'est pas un hoquet misérabiliste de nanti, ni un remord facile sur la misère mise en spectacle. C'est la question de politique intérieure qui devrait être posée à tous les dirigeants de nos pays riches: des pays d'où misères, épidémies et guerres de masse sont écartés judicieusement en même temps que l'on en délocalise le prolétariat (regardez bien, vous verrez c'est lié).


Pour 80% de notre population, les grands fléaux sont éloignés. Et au nom de cet équilibre, on nie la misère des quelques autres. Mais au nom de qui pouvons nous sacrifier quelques uns pour le bonheur des masses? Et je n'exagère pas: c'est ce genre de calcul que l'on fait quand on brise des vies de familles sans papier au nom d'un équilibre économique supposé pour la majorité. C'est ce calcul que l'on fait quand on empêche le droit opposable au logement à quelques uns pour ne pas toucher à l'ordre de la propriété.



Une classe de parias diabolisés et maltraîtés par tout l'appareil d'état sert de repoussoir, de main d'oeuvre bon marché, de défouloir à la majorité. Manouches, migrants, putes, clodos, taulards: Songez qu'au vingt et unième siècle, un maire d'Alsace s'est permis d'incendier lui même un camp de gens du voyage. Voyez la brutalité quotidienne avec laquelle sont traités les prisonniers, le mépris de l'administration pour l'immigré, voyez les flics parler aux prostituées et aux sans-papiers, voyez l'ordre écraser les précaires. Vous comprendrez de quelle violence physique aux relents fascistes un Etat qui se veut représentatif d'une majorité tranquille est capable.


Ce que j'aimerais entendre, c'est un peu d'honnêteté : qu'on me le dise clairement, que l'électorat déteste les parias, ou qu'au mieux le citoyen s'en fout. Que s'il faut en frapper un pour que les neuf autres soient heureux ,il n'y a que ça à faire. Ce serait clair, pour une fois.



Moi, je n'ai pas ce cynisme et je ne me permets pas d'additionner et de soustraire les destins. Parce que c'est là la clé du totalitarisme, comme l'a montré magistralement Koestler dans son « Zéro et l'infini ».


Les combats qui semblent à la marge sont parfois essentiels, et ont un caractère de changement qualitatif . Voyez l'abolition de la peine de mort: elle ne concerne directement au fond que peu de personne. Mais, et même si on reste lucide sur ce qui reste à faire, il faudrait être un sectaire forcené pour ne pas sentir la profondeur de ce combat.


C'est à cette lumière qu'il faut entendre les mots déchirants du Christ, mots que la mièvrerie des églises a cherché à amoindrir:"Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (de mémoire, lol, ça doit être Mt 25,31-46) .



Alors je le sais, ayant baigné dedans, la critique qu'on me fera de l'humanisme, au nom de Foucault, au nom de la froide analyse de la situation. Je sais aussi combien cette critique est fondée, tant l'humanisme flou participe au maintien du système.


Mais... j'assume!

dimanche, juin 01, 2008

Quelques minutes de vérité.


Aujourd'hui, une petite vidéo de quelques minutes extraites d' "Alerte à Babylone". Le type qui parle est un ancien de l'INRA.

Trois minutes pour en savoir plus.

Enjoy!