dimanche, septembre 28, 2008

NPA: Nouveau Parti Anticapitaliste, ou Nulle Part Ailleurs?

Que la LCR cherche, en changeant de nom, à devenir un parti « attrape tout » à gauche du PS, ça ne fait aucun doute. On peut nourrir l'espoir que ce regroupement autour d'une base historique Trotskiste/Guevariste servira de boîte à idée pour le PS vieillissant: ce même PS dont le discours officiel est « la LCR, ils n'ont rien à proposer », que répond il, après tout aux propositions de service public du quatrième âge, aux propositions de sortie de crise Afghane, et à ce qu'il faut bien appeler un programme de la Ligue?



Rien. Le PS ricane. Il a mieux à faire que d'écouter sa mauvaise conscience: pensez donc, on est en pleine élection médiatique du messie. Un programme, au PS? Des idées? Une rupture quelconque avec le pouvoir? Euh...on choisit un chef, on verra après.


Alors oui, un NPA dans le rôle de think tank pour la gauche sclérosée, pourquoi pas: après tout, c'était certainement des « cinglés » des « pas sérieux » et des « utopistes » qui ont parlé d'abolition de la peine de mort, de réduction du temps de travail, de CMU avant que le PS ne le reprenne.


Sauf que...Sauf qu'il y a toujours cette étrange obsession de la LCR à constituer un Parti. « Faire le Parti », comme si c'était la solution à tout. Un parti qui ne prendra jamais le pouvoir (je pense qu'ils le savent eux-même), qui refuse les compromissions avec le pouvoir, mais un parti, qui se présente aux élections, comme par principe, comme si c'était « la » modalité d'existence de leur mouvance. Il y a quelque chose d'assez tordu dans cette ènième volonté de refonte d'un « Parti » sans emprise.


Parce que ce que prone la Ligue, après tout, ce sont certainement plus les associations comme RESF, les syndicats comme SUD, les groupes de faucheurs volontaires qui le font. Et s'il avait fallu attendre la décision d'un Parti, si anticapitaliste qu'il soit, pour ça, et bien les rares flamèches de combats de gauche qui persistent se seraient éteintes depuis un bail.


Il n'y a pas de place dans ce système pour un changement en profondeur par les urnes, du moins, vu la configuration électorale actuelle: on va plus vers du PS-Modem que vers la Ligue au pouvoir, et l'avenir est plus aux vieux cons qu'aux idées neuves.


Alors peut-être faudrait-il abandonner ce secret espoir, ce caprice un peu enfantin du « parti », du combat par affiche et des débats de soir de scrutin, pour revenir sur le terrain, avec les association, les syndicats, avec les initiatives populaires, plutôt que d'attendre que quoique ce soit de neuf sorte d'une machine relookée.


Quel « parti », après tout, a initié les combats pour l'Homo-parentalité, pour l'abandon des OGM, pour les logiciels libres, contre le nucléaire, quel « parti » ose parler de prise en main de nos vies par et pour nous, quel « parti » en 1994 à lancé l'altermondialisme avec trois fusils de bois au Chiapas?


Aucun: tous ces combats sont menés par la société civile, non par les écuries qu'on voit défiler à longueur d'élections.


Alors oui, je continuerai parfois à voter pour « le moins pire », surtout à l'échelle locale (et pourquoi pas pour le NPA). Mais en sachant toujours plus que ce n'est pas dans cette mascarade que ce prennent les réelles initiatives, et qu'il est urgent de repenser nos modes d'action.


mercredi, septembre 24, 2008

INVENTAIRE

Après avoir passé ces six premiers jours à mettre des étiquettes de prix sur l'ensemble de la création, après avoir privatisé la poste, organisé le brevetage de toute connaissance, de toute espèce, après avoir vendu à la découpe aux « majors » de la musique le chant des baleines, celui des oiseaux et le son des vagues, après avoir légiféré sur le prix des mères porteuses, après avoir vendu les couchers de soleil aux tour-opérators, classés les pays par PIB croissant, après avoir sous-traité le rêve à Luc Besson et l'Idéologie à BHL, après avoir mis des codes-barres sur les employés qui mettent les codes barres sur les codes barres, après avoir vendu la première bouteille de coca au dernier des aborigènes, après avoir monétarisé tout service à la personne, marchandisé la vie en communauté aux club-med et aux thérapies de groupe, dealé le plaisir à Canal + un samedi par mois et vendu la jeunesse à la Star'Ac...


...Le grand horloger-caissier du monothéisme libéral contempla sa création, classée, étiquetée, pucée, emballée, jaugeable, mesurable, échangée ou reprise, et il vit que les étalages étaient bien ordonnés, les stock de vie bien flux-tenduïsés et sous-plastique, les rêves lyophilisés et conditionnés et l'avenir réglable en dix mensualités; il jeta un oeil sur le Hangar Univers, éteignit la lumière, tira le rideau de Fer.


Dans l'ombre permise des néons enfin éteints, la marchandise-vie étouffée de plastique et d'antivols perdit cette nuit la force de penser et de rêver.