dimanche, janvier 25, 2009

Réforme couillue 4/5

A tous ceux qui comme moi ont voté pour des canailles en pensant faire moins mal qu'en s'abstenant, voici la réforme du jour, couillue comme il se doi(g)t.

Réforme couillue de la semaine...

...Roulement de tambour...

Gong (!)

DEMOCRATIE!

Alors oui, on va me dire, viens-y voir en Lybie ou en Chine, si c'est pas démocratique la France, mauvais patriote. C'est vrai. Mais un peu d'ambition politique n'a jamais fait de mal, et j'aspire à mieux que de voter Ségo pour contrer Sarko.

Comme ça, c'est dit...

Je ne vais pas m'étendre sur le caractère de plus en plus futile des choix électoraux que l'on a; mes camarades zélateurs de se système le reconnaissent eux-même: les choix sont rarement exhaustifs, et tout mène à une polarité de plus en plus molle PS/UMP. Ca ne m'empêche pas de m'intéresser aux prud'hommales et aux municipales, mais avouez qu'il y a plus bandant.

TOUT LE POUVOIR AU(X) PARTI(S)!

Car ce qui caractérise les politiques professionnels bien d'avantage que le fait (touchant) que ce soient des hommes blancs (et à mon avis, avec une lecture bien plus pertinente, que ce soient des bourges membres de l'élite et juchés sur les épaules de partis), c'est justement...leur caractère de professionnel de la politique.

Je lis en ce moment un 'tit bouquin de la fondation Copernic, malicieusement nommé « Voter et se taire », qui pour l'instant me plaît bien. Parce qu'il pose les questions que ni politiques ni médias, parties prenantes d'un système endogène à souhait, ne posent plus. A part se gargariser de notre démocratie vieillissante à part galvauder les expériences de démocratie participative, à part se poser d'obscures questions entre constitutionnalistes sur le fonctionnement du parlement, qu'avons nous eu de neuf sur la question?

FRA-TER-NI-TE! FRA-TER-NI-TE!

Il nous faut retrouver les formes de démocratie réelle, celles de l'assembléisme, de la révocabilité des élus, du mandat impératif et de la démocratie participative réelle (qui est juste autre chose que de faire écrire son programme par des forums internet).

Il ne s'agit pas de poser quelques rustines, comme en suisse où la loi permet à 500 000 personnes de paralyser un parlement avec des pétitions sur la vaccination des cleb's. Il s'agit de désarmer les pouvoirs, d'arrêter de signer des chèques en blancs aux élus, de faire participer tout un chacun à l'élaboration de la politique. C'est vraiment ça l'enjeu: savoir sacrifier un peu d' « efficacité » en déprofessionnalisant la politique.

Castoriadis, que j'écoutais chez Mermet, le rappelle (émission téléchargeable ici). En Grèce, les responsabilités de politique générale étaient tirées au sort. Les experts (les généraux, par exemple), eux, étaient « élus » sur leurs

compétence (plutôt que choisis en fonction de leur idéologie). Car on apprend à faire de la politique en faisant de la politique. Cela peut choquer, dans notre Expertocratie où le pouvoir s'éloigne de plus en plus des gens. En effet, on me dit souvent « mais tu veux faire gouverner des gens qui ne savent pas le faire ou ne le veulent pas ». L'argument tombe quand les « dirigeants » très temporaires s'éduquent en apprenant sur le tas. Ils seront bien obligés de se sentir concernés.

Pour citer Montesquieu, qui avait oublié d'être con, "Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie."


Alors la réforme?


Et bien on fera un intéressant premier pas quand on trouvera des pouvoirs de plus en plus réels aux conseils locaux. Quand les mandats diminueront en durée et en cumul. Quand les conseils de quartier verront leur pouvoir grandir. Toutes ces réformes ne pourront se faire, au début, qu'à l'échelle municipale.

PARADISE NOW!

Mais avouez que si on devait passer quelques heures par semaine pour la gestion de la collectivité, si en somme la politique revenait faire partie de la vie, si les mandats étaient « démythifiés » et déprofessionnalisés, si la réponse à « je m'intéresse à la politique » était autre chose que « prends ta carte et choisis entre Titine et Ségo », on serait beaucoup plus motivés à s'intéresser à la chose publique, n'est-ce pas?


Alors à vos blogs, à vos clubs, à vos Dazibaos.

Inventons!


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Citer Montesquieu dans un billet n'a jamais fait de mal. En plus, tu dis que des choses gentilles.

Bravo mon petit.

Montesquieu is my homeboy.

Lho