Même si je ne crois pas un pouillème de seconde aux discours frelatés du libéralisme et de sa « main invisible », je dois avouer que cette affiche m'a positivement touché: pensez donc, des libéraux authentiques! Des chantres de toutes les libertés!
D'autant que, fouillant un peu plus en profondeur les nébuleuses de la blogosphère libérale, j'y ai trouvé des titres bien inhabituels dans le paysage de Droite: « Alternative libérale à la marche des fiertés », par exemple.
Liberalisme en peau de lapin
Naïvement, je me suis dit que c'était cela, l'authentique libéralisme: une tentative « libertarienne » de briser toute contrainte au marchés et aux libertés. Et puis j'en ai discuté avec un collègue, qui était à science-po avec la jolie porte-parole de ce mouvement chelou. Il me l'a décrite comme une histrionne dont le rêve ultime était...de rencontrer Maggie Thatcher. Oui, miss Maggie. Et là, tout se télescope dans ma 'tite tête de gauche. Moi, on me parle de la « dame de fer », je vois les mineurs qu'on laisse crever pendant des mois, Bobby Sands en train de fondre, et les émeutes raciales à Londres. Et je vois une Dame, qui, au nom des « libertés », prenait volontiers le thé avec le moins libéral Augusto Pinochet.
Friends will be friends...
Et c'est vrai que quand on y pense, ces accointances tacites entre les libéraux et l'extrême droite ont de quoi troubler: je peux citer deux politiques ouvertement « libéraux » dont le passé estudiantin fleure bon le fascime d' « Occident » et d' « Ordre Nouveau ». Alors la question se pose au blogueur de bonne volonté que je suis: le libéralisme total est-il une réalité politique dans quelque pays que ce soit?
Au fond, je m'en fous (je vous l'avais dit, chuis honnête). L'idéal « égalité des chances et chacun son colt » m'a toujours fait gerber. Parce que je sais que cela ne marche pas (le capitalisme aurait sombré dans mille crises de surproduction, si l'état ne lui avait ouvert « artificiellement » les marchés intérieurs en augmentant les salaires des ouvriers, comme l'explique si bien Castoriadis).Parce que je sais que, si plein de bon sentiments libéraux, ces libertariens en peau de lapin prônent au fond l'odieuse exploitation de l'homme par l'homme comme horizon doré. Et moi, je m'en tapes que le « cost killer » qui me virera lors du prochain dégraissage soit un noir, un gay ou une femme.
Les habits libéraux de Monsieur Sarkoléon III,
les habits réactionnaires de Monsieur S-Bling-Bling
Que finalement, ils ne sont qu'un pitoyable cheval de Troie de la droite bien réelle, qui, en dehors de rhabillages cosmétiques sur les libertés individuelles, se retrouve bien sur le fond: la conservation du rapport de force, le capitalisme à outrance (sauf en cas de crise, où là, tout le monde redevient étatiste, ça va de soi). Et par là, tous les maux que le capitalisme entraîne, si l'on prolonge le raisonnement: impérialisme (vous croyez que les marchés extérieurs s'ouvrent au coupe ongle?), flicage, (vous croyez que les pauvres restent sages pendant qu'on les exploite?), abrutissement des masses (l'enseignement et la culture, ça rapporte quoi?).
A-moral est au fond le capitalisme. Si aujourd'hui, il porte les costumes ringards d'une droite « Napoléon III » en Sarkozie, c'est que les marchés ont encore besoin de l'appui des couches vieillissantes des vieux réacs en couches. Que meure le dernier raciste, le dernier homophobe, il trouvera d'autres réserves électorales. Après tout, u'on se souvienne que Monsieur S et son bling-bling staff décomplexé ont été élus avec l'appui de la droite catho, et on comprendra que ces mésalliances à la mord-moi-le-noeud ont encore de l'avenir à droite!



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