J'avais écrit un billet précédemment sur le conflit colonial qui oppose les palestiniens à Israël. L'actualité vient à point pour conforter ce caractère profondément ancré de la situation sur place.
Avez-vous entendu parlé de Salah Hamouri?
C'est peu probable.

C'est pourtant un de nos compatriotes. Ce Franco-Palestinien est en prison sous l'accusation de participation a une tentative de meurtre du Rabbin Ovadia, le chef de file d'un parti religieux Israëlien.
A la suite de cet évènement, la justice Israëlienne l'a mis en examen, sur les éléments de preuve suivants: Hamouri serait un membre du FPLP (il serait en fait sympathisant d'une association proche du mouvement), et il était passé en voiture devant le domicile du rabbin. Pas d'arme, pas de plans, pas d'indice.
Malgré un faisceau de suspission aussi fragile et ténu, Hamouri a plaidé coupable, pour, en acceptant de prendre sept ans de prison, éviter d'être coffré pour quinze ans.
Il a déjà purgé une partie de sa peine, et a tout les critères d'éligibilité pour une remise. Mais la justice Israëlienne refuse, et le juge « trop dangereux » pour être libéré.
Salah Hamouri purge donc une peine sans qu'aucune preuve de sa culpabilité n'ait été apportée, et il ne bénéficie pas des recours que la loi Israëlienne prévoit pourtant depuis 2001.
Que fait la France pour son ressortissant? Va-t-elle, comme pour Guilad Shalit ou Ingrid Bettencourt, arpenter les chemins de la diplomatie pour venir en aide à un de nos concitoyens injustemnt traîtés? Permettez moi d'en douter.

Mais je reviens à mes premiers mots. En quoi ceci est significatif d'un conflit colonial? Pour s'en rendre compte, il faut savoir que l'Etat d'Israël dispose d'un pouvoir judiciaire très fort, qui s'honnore d'avoir su ne pas se compromettre dans la basse politique. C'est un des fondements essentiels du jeune Etat, une institution respectée. Elle seule a pu détourner le mur de séparation à la demande des paysans lésés par son tracé. Elle est capable de faire trembler des gouvernements entiers, comme celui d'Olmert en son temps.
Et bien en acceptant l'injustice du cas Hamouri, la justice Israélienne illustre parfaitement ce que disait Césaire de la logique coloniale:

« ...l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; [...] le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête » (in "Discours sur le colonialisme").
Parce que nous n'acceptons ni l'avilissement du colonisé ni la corruption du colonisateur dans ce qu'il lui restait de plus fier et digne, parce que nous ne comprendrions pas que l'Etat Français ait un traîtement différentiel de ses citoyens, il nous faut maintenant agir pour la victime de cette parodie de procès.
Justice pour Salah Hamouri.
Liberté pour le peuple palestinien.
Avez-vous entendu parlé de Salah Hamouri?
C'est peu probable.

C'est pourtant un de nos compatriotes. Ce Franco-Palestinien est en prison sous l'accusation de participation a une tentative de meurtre du Rabbin Ovadia, le chef de file d'un parti religieux Israëlien.
A la suite de cet évènement, la justice Israëlienne l'a mis en examen, sur les éléments de preuve suivants: Hamouri serait un membre du FPLP (il serait en fait sympathisant d'une association proche du mouvement), et il était passé en voiture devant le domicile du rabbin. Pas d'arme, pas de plans, pas d'indice.
Malgré un faisceau de suspission aussi fragile et ténu, Hamouri a plaidé coupable, pour, en acceptant de prendre sept ans de prison, éviter d'être coffré pour quinze ans.
Il a déjà purgé une partie de sa peine, et a tout les critères d'éligibilité pour une remise. Mais la justice Israëlienne refuse, et le juge « trop dangereux » pour être libéré.
Salah Hamouri purge donc une peine sans qu'aucune preuve de sa culpabilité n'ait été apportée, et il ne bénéficie pas des recours que la loi Israëlienne prévoit pourtant depuis 2001.
Que fait la France pour son ressortissant? Va-t-elle, comme pour Guilad Shalit ou Ingrid Bettencourt, arpenter les chemins de la diplomatie pour venir en aide à un de nos concitoyens injustemnt traîtés? Permettez moi d'en douter.

Mais je reviens à mes premiers mots. En quoi ceci est significatif d'un conflit colonial? Pour s'en rendre compte, il faut savoir que l'Etat d'Israël dispose d'un pouvoir judiciaire très fort, qui s'honnore d'avoir su ne pas se compromettre dans la basse politique. C'est un des fondements essentiels du jeune Etat, une institution respectée. Elle seule a pu détourner le mur de séparation à la demande des paysans lésés par son tracé. Elle est capable de faire trembler des gouvernements entiers, comme celui d'Olmert en son temps.
Et bien en acceptant l'injustice du cas Hamouri, la justice Israélienne illustre parfaitement ce que disait Césaire de la logique coloniale:
« ...l’action coloniale, l’entreprise coloniale, la conquête coloniale, fondée sur le mépris de l’homme indigène et justifiée par ce mépris, tend inévitablement à modifier celui qui l’entreprend ; [...] le colonisateur, qui, pour se donner bonne conscience, s’habitue à voir dans l’autre la bête, s’entraîne à le traiter en bête, tend objectivement à se transformer lui-même en bête » (in "Discours sur le colonialisme").
Parce que nous n'acceptons ni l'avilissement du colonisé ni la corruption du colonisateur dans ce qu'il lui restait de plus fier et digne, parce que nous ne comprendrions pas que l'Etat Français ait un traîtement différentiel de ses citoyens, il nous faut maintenant agir pour la victime de cette parodie de procès.
Justice pour Salah Hamouri.
Liberté pour le peuple palestinien.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire