Alors puisse que l'Union Soviétique sert encore d'épouvantail à gauche, enfonçons le clou. L'URSS, c'était, comme la résumé Castoriadis, « Quatre lettres, Quatre mensonges »: ni « Union » (la Russie tenait la dragée haute à ses consoeurs), ni des « Républiques » (le pouvoir était confisqué par une Nomenklatura bureaucratique) ni « Socialiste » (l'URSS est a peu près aussi socialiste que je suis bouddhiste. C'était une forme dictatoriale de capitalisme d'état), ni « Soviétique » (c'était là l'arnaque du siècle puisse que le parti avait repris tout le pouvoir aux conseils des travailleurs depuis les années vingt au nom d'un morbide étatisme et d'une infantilisante centralisation). Le paradis des travailleurs, c'était de la grosse flûte. Voilà, c'est dit. Et l'eau, ça mouille, et la mort c'est pas bien, et mieux vaut être riche et en bonne santé que...bref.
DO YOU SPEAK SOC'DEM?
Seulement voilà, une fois qu'on a envoyé chié tout le socialisme avec un gros épouvantail russe, qu'on a relégué aux chiottes de l'histoire deux siècles d'initiatives socialistes à coup de peur du rouge, qu'est ce qu'il reste? C'est quoi, la social-démocratie, tonton?
Déjà, on ne parlera pas des cas Nordiques, si souvent vantés par nos députés: que ceux qui veulent rejoindre des pays inventeurs des Sidatoriums, stérilisateurs de débiles dans les années soixante, fans de caméras et de contrôle social et génétique prennent le premier avion. Bon vent.
Mais le reste? Sous nos latitudes, c'est quoi cette « social démocratie » qui fait tant plaisir aux « réformateurs »? La social-démocratie, c'est un peu de vaseline dans les rouages du capitalisme. C'est l'atténuation, par une politique étatique forte, des méfaits du capitalisme. Ton patron te niques, mais avec les formes, s'il te plaît.
DIAGNOSTIC: SOC'DEM, POURQUOI TU TOUSSES?
Premier constat, que je dois à Castoriadis, si les acquis de la social-démocratie sont parfois bons, ils arrangent surtout le capitalisme, qui se serait effondré cent fois par crise de surproduction si les mesures sociales des deux derniers siècles n'avaient crée un marché intérieur: faut les écouler, nos merdes. Conclusiion: la social-démocratie, c'est le meilleur allié du capital.
Deuxième constat, la sociale démocratie n'existe et ne subsiste que s'il elle se crée des limites et des marges: marge interne, avec ces damnés si discrets que sont les putes, les clochards, les sous prolétaires et les taulards. Mais surtout, pour le maintien de son train de vie princier, marge externe, avec des matières premières peu onéreuses et de la main d'oeuvre pas chère. Vous n'auriez pas de baskets ou de consoles de jeux, amis prolétaires français, si vos frères du tiers monde étaient mieux payés. Rien à mettre dans les bagnoles et les centrales sans une Afrique et un Proche Orient qui marche à la Chlague. Des pertes d'emploi par dizaines de milliers en Europe si nos « consuls à la peau sombre » arrêtent d'acheter nos pouchkas. C'est ça aussi le « confort » de notre social démocratie, de notre « société de services »: avoir délocalisé notre main d'oeuvre esclave et aider les dictateurs à fouetter les pauvres dans leurs usines, si possible en les faisant acheter les dernières saloperies qu'on produit encore sous nos cieux. Mais qu'on ne s'inquiète pas: ses dictatures (qu'elles soient bananières ou couscoussières) où fleurissent nos investissements sont loin des yeux, donc loin du coeur.
CONTROLE SOCIAL CONTRE "NEGOCIATION".
Troisième et dernier constat, la social-démocratie impose le contrôle social. Ce régime donne de fait, tous les pouvoirs à l'Etat, à sa « main gauche », bien sûr, qui négocie et donne la béquée, mais aussi à sa « main droite » policière et centralisatrice. A mesure qu'on confie les grandes fonctions politiques à l'Etat (éducation, armée, police, politique sociale), on lui donne aussi les moyens et les raisons de surveiller (et de punir?) la foule dépossédée d'initiative. Ainsi les débordements Nordiques cités plus haut ne sont-il pas de simples accidents de la sociale-démocratie: ils sont l'aboutissement de la culture de délégation.
Mais tous cela se passe dans l'envers du décor, loin des caméras et des salons ministériels où l'on « négocie ». Ainsi, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sociaux-démocrates. Et personne ne s'offusque des échecs de la Social-démocratie sur son propre terrain, celui de la politique sociale. Prenez l'Allemagne, dont on nous serine les oreilles sur son sens de la « négociation »: les syndicats, par exemple, sont à tous les échelons de négociation possible. Mais ils n'ont réussi ni à imposer de salaire minimum, ni d'école maternelle, pour ne citer que deux mesures phares parmi d'autres, qui font cruellement défaut outre-Rhin. Et en plus, ils se gaufrent aux élections. Regardez la couleur politique de l'Europe et voyez comme la « bouée » sociale démocrate fait triompher la gauche sous nos horizons.
Qui, quand les députés PS en chantent les louanges, écrira le livre noir d'un système qui sait si bien endormir les citoyens "du bon côté" et leur sens de l'initiative, tout en flouant leurs frères des marges? Qui fera le procès d'un système qui ne peut survivre sans exploitation, sans impérialisme, et sans contrôle social?
3 commentaires:
OUAAAAIIIISSSSSS!!!!!!!!!
Si, si, la sociale démocratie!
A.D.S.O. is back.
Et ça fait bien plaisir.
Lho
Oui, probablement il est donc
Balance la sosse plus souvent ma gueule.
Le crypto-stalinisme-à-visage-humain-mais-ferme vaincra.
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