lundi, mai 24, 2010

merci le cac, merci la France


Comme je m’estime très critique du système dans lequel on vit, je m’astreins régulièrement à l’exercice suivant : trouver les quatre ou cinq grandes étapes envisageables, les quelques décisions politiques réalisables qui auraient une portée intéressante dans ce même système. L’exercice réformiste, sans illusions of course, mais avec un peu de rigueur pour que la sociale démocratie essaye au moins de se dépasser.

Participation du capital à la solidarité

Les retraites, personne ne s’étonne qu’elles soient de plus en plus dures à gagner, de plus en plus longues à attendre. Alors le « bon sens » nous dit « travaillons plus longtemps ». Outre le fait que le « bon sens » nous avait jadis dicté que la terre était plate, personne ne pousse ce raisonnement jusqu’au bout : avec un chômage endémique des plus de 55 ans, augmenter l’âge de la retraite, c’est juste casser du vieux. En effet, cela ne dépend pas que de la bonne volonté de nos seniors de trouver du boulot. Mais c’est ainsi, le « bon sens » a ses dogmes. Et personne de « sensé » ne vient bien sûr proposer que le Capital, qui s’engraisse sur le travail, ne participe à la solidarité entre les générations. On préfère pointer du doigt une équation simpliste, des déficits abyssaux « inévitables » que de penser à de nouvelles sources de financement des retraites. Que le capital se rémunère de mieux en mieux face au travail ne touche pas les prophètes du « bon sens ». C’est bien dommage.

Cantines bio

La France fut pionnière dans l’agriculture biologique. Si celle-ci n’est pas une fin en soi, elle représente cependant une réflexion intelligente sur la gestion des sols, la surproduction, l’utilisation d’intrants chimiques… Las, « la bio » ne représente que dalle dans notre agriculture sous influence (avec de gros lobbys) sous perfusion (avec des subventions au biberon pour les plus riches) et surproductrice. Trouver des débouchés à une agriculture plus intelligente, voilà qui serait un boulot digne pour l’Etat et les collectivités. Alors pourquoi ne pas proposer aux enfants de la bouffe bio à la cantine ? Avec un peu de bonne volonté, tout le monde y gagnerait (sauf les géants de l’agro-alimentaire of course) : santé, relocalisation de la production, qualité de vie, éducation au goût…voila une initiative intéressante que pourraient prendre les pouvoirs publics.

Services publics moins chers et de meilleure qualité

Il n’est pas normal que les foyers de centre-ville se ruinent en garde d’enfants faute de crèche, il n’est pas normal que les peri-urbains se ruinent en transports faute de trains. Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas. C’est l’image de la communauté auprès de chacun. Alors cela coûte cher, c’est sûr. Mais c’est ce qui fait que des territoires entiers ne se sentent pas totalement relégués, c’est ce qui assure un minimum d’égalité entre les citoyens. Les trains, l’école, les crèches, la santé. C’est quand même autre chose que les avions de chasse et le bouclier fiscal.

Démocratie locale participative

Je crois à la démocratie participative : par principe, parce qu’il revient à chacun de participer aux responsabilités, et par pragmatisme, parce que c’est le seul moyen d’intéresser les gens à la chose publique. Donner plus de responsabilités aux conseils de quartiers, faire réellement participer la population aux prises de décision dans leur complexité, c’est pour moi une exigence et une évidence d’autant que c’est un objectif graduellement accessible et qui redonnerait un sens réel à la citoyenneté.

Fin de l’impérialisme

Je souhaite que les déplacements présidentiels ne se fassent pas qu’au bénéfice des actionnaires des grands groupes français. Que le président se déplace pour vendre des avions, je m’en tape, je n’ai pas grand-chose à y gagner, vous non plus. Je souhaite que l’armée française serve à autre chose qu’à soutenir des régimes amis dans notre « pré carré ». Organiser des putschs pour soutenir notre influence en Afrique, c’est pour moi un objectif d’un autre temps. Pour aller plus loin, si c’est cela la grandeur de la France, je préfère une petitesse plus démocratique. Fermer certaines bases, abroger les traités France-Afrique qui mettent sous tutelle des pays entiers, cesser de se servir de notre armé et de nos groupes pétroliers comme bras armés de notre « rayonnement », voila qui nous honorerait.

Ce ne sont que quelques propositions. Mais elles sont pour moi des leviers intéressants pour un changement réel de la vie dans notre pays.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Voici une initiative qui rejoint ton idée :

http://www.noscantinespourlaplanete.com/