Car ce qui suinte de l'hyperprésidence de Monsieur S, contrairement à ce que la logorrhée du moment prétend, ce n'est pas le retour de « valeurs », si nobles soient elles, ce n'est pas l'énergie de l'histoire se faisant, mais l'ordre triste et stable d'un passé fantasmé.
Des débats sur l'identité nationale à ceux sur notre passé, de la stigmatisation des communautés à la terre qui ne ment pas, tout au Sarkozistan parle d'une France aux clochers paisibles, peuplée de blancs chrétiens ayant confié les clés de l'histoire à leurs chefs. La France n'est pas comme cela, elle ne fonctionne pas comme cela. A maintes reprises, elle a fait trembler l'ordre que l'État lui proposait. A maintes reprises elle a conspué les « bonheurs » chloroformés que l'ordre lui promettait. Et le sang joyeux qui court dans ses veines comme celui que versèrent ceux qui défendirent sa Liberté est métissé en diable.
Le gouvernement parle des arabes de France comme s'ils n'étaient pas Français, des gens du voyage comme si nos routes ne les connaissaient pas depuis cinq siècles. Il n'a pas compris, et il ne comprendra jamais, que la France c'est tout autant le bouillonnement polyglotte des faubourgs de Paris que le silence des villages, d'avantage le foutoir joyeux des grèves et des occupations que l'ordre du capital ou des cimetières.
Qu'a à nous promettre la Droite? L'alliance lénifiante du capital et de l'Etat pour figer les chose dans la monotonie d'un Travail volé à son essence. La stigmatisation de tout ce qui jure avec cet ordre, de tout ce qui dépasse. Renversons la question posée à la gauche: quel est le projet de la Droite, qu'est le bonheur pour elle? L'inertie dans l'injustice, les cordons de flics pour chasser les Va-nu-pieds des allées ordonnées du Capital. La fin de la liberté au nom de l'Etat. Le fin de l'égalité au nom du marché. La fin de la fraternité au nom de l'ordre.

On me rétorquera qu'il existe une Droite joyeusement libre et paillarde (comme sous Chirac), soucieuse de protection sociale (comme sous De Gaulle), humaniste (comme le centre dit l'être). Mais ces « qualités » ne viennent pas d'elle mais des compromis qu'elle a du et doit passer avec les idées de gauche qui la menaçaient, avec lesquelles elle a du composer. Sans cette pression constante, sans ce rapport de force incessant, la droite n'aurait pas tant de manières et appliquerait la droite ligne de son programme réactionnaire, comme c'est le cas aujourd'hui.
Non, il n'y a pas de Droite heureuse. Et le coeur, si on le cherche, il est toujours, selon le bon mot des Néo-zapatistes, "en bas et à gauche".

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