mercredi, février 23, 2005

Crad Putt

Le cinéma est un art industriel, certes. Doit on pour autant tout lui passer? J'en doute. Cela fait des mois que je n'ai pas foutu un orteil dans les salles obscures, et j'en ressens comme une culpabilité. C'est vrai ça, il faut sortir, s'ouvrir, participer à la vie culturelle.

Mais bizarrement, il y a des trucs qui m'en coupent l'envie. Pour commencer, il y a le battage grandiose que l'on fait au sujet des acteurs. Le réalisateur, lui, généralement, on s'en fout; à croire qu'il n'est qu'un simple salarié du producteur. Acteurs, donc, dont le niveau intellectuel frise parfois le ridicule, « témoignant » de l'aventure forcément « formidable » que fut le tournage, semant ça et là des anecdotes qui feraient s'endormir un comptoir. Mais enfin,qui fait le film? Fait on autant de cas des modèles de peinture quand il s'agit de parler d'un tableau? Passons le cas des acteurs devenus par la magie de la promotion réalisateurs: je leur fait autant confiance dans cette entreprise technique et artistique que je ne la donne a Mona Lisa ou à la Goulue pour peindre.

Les films, ça se sent bien, ont une durée de vie de plus en plus courte, et il s'agit pour la production d'assurer le maximum de promotion dans les semaines qui en précèdent la sortie. Au risque de faire se répéter d'un jour à l'autre des acteurs devenus VRP sur les mêmes lieux communs, jusqu'à la gerbe s'il le fallait. Oui, le film qu'ils viennent « défendre » (mais qui l'attaque? Mais qui en a quelque chose à foutre?) est unique, révolutionnaire. Ce marathon croisé de starlettes et d'abrutis errant de plateaux en plateaux au gré de leurs attachés de presse, ânonnant les mêmes bassesses sombrement crétines a chez moi l'effet inverse de celui que l'on attendait: éreinté de voir que chaque fois qu'un type est invité sur un plateau ou répond a une entrevue, c'est pour son actualité, entendez ce qu'il veut nous refourguer, je fuis cette invasion, cette diarrhée de films sitôt sortis déjà oubliés.

J'en oublie même de venir « me divertir » en nourrissant une industrie qui saura toujours plus suivre la demande du public et lui offrir plus niais, plus vain, et plus cher que jamais. Que les producteurs claquent leur oseille dans de magnifiques plateaux de tournages et effets spéciaux, que les réalisateurs sombrent dans une mise en scène si consensuelle qu'on la croit absente, que les acteurs s'échinent à nous parler pour la millième fois de comment ils sont « entrés dans la peau du personnage pour ce véritable rôle de composition », qu'ils tapent dans le dos des présentateurs en leur expliquant combien ils se sont éclatés sur le tournage, que ces mêmes présentateurs me conseillent vraiment de voir ce film parce qu' « il est magnifique et qu'il vaut le détour », comme étaient magnifiques et valaient le détour tous les films du mois qu'ils ont servilement mis sur leurs fiches, que des pipoles dont sauf votre respect, je me cague, se soient rués sur l'avant première et nous avouent en pleurant qu'ils y ont pleuré, de tout ce battement incessant, vain et lamentable, de ces promos à rallonge mal réchauffées, de festivals et de remises de césars, d'oscars ou chacun vient montrer qu'il est bien sapé, et où l'on parle de tout sauf de cinéma, de tout ce petit monde friqué beau et con comme un manche qui vient jouer les pique-assiettes à chaque soirée que de plus fortunés qu'eux organisent, de leurs potins mondains sur leurs collègues, du fait que le film ait fait des millions d'entrées et que sa BO soit vaguement originale, du succès croissant d'un cinéma Français qui n'a rien trouvé de mieux pour dépasser les super productions américaines que des les imiter, enfin de tous ces moulinets médiatiques que l'on fait pour que je crache mes euros en allant voir leur navet, je m'en tape comme il est à peine possible de l'imaginer.

OUUUUF! CA FAIT DU BIEN!

Fait comme moi, copain. Si tu ne vois pas d'effet marquant au bout de deux semaines, je te rembourse. Comme dans la pub.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Quand je vais au cinéma, j'oublie pendant une heure ou deux que je vais mourir.

Anonyme a dit…

Ouai franchement emil il a tro raison : si t'm pa le cinéma, en dégoutte pa les autre steuplai.
signé Kévina du collège Christophe Lambert dans le Montana