N'insistez pas, amis donneurs de leçon de démocratie, défenseurs de la paix des marchands, non, n'en jetez plus, confrères europtimistes aux diktats des moins bandants. Cette fois, ce sera non. Un non mesuré, certes, mais un nom franc à défaut d'être massif.
J'ai pourtant passé une éprouvante semaine à en prendre plein le groin par des collègues et amis qui ont tous fait montre de ce si délicieux terrorisme intellectuel qui envahit nos ondes. On m'a limite traité de facho, si, si, et puis on m'a dit aussi que, ennemi de la paix, je portait déjà les stigmates de la guerre européenne à venir. Les tribunaux populaires fraîchement institués m'ont mêlés aux pires réactionnaires, avec des techniques rhétoriques à faire vomir en saignant du nez un jeune garde rouge.
En substance, mes amis oui-ouistes, de droite comme de gauche m'ont expliqué ceci: que cette constitution inutile et incertaine, ce concentré d'éternité concensuelle était l'aboutissement de l'Europe puissance, le rêve qu'on nous avait vendu jadis de nations soeurs, avant-gardistes sur les fronts de la paix, du développement, et du progrès social.
Le point commun que j'ai avec mes amis oui-ouistes, c'est d'avoir cru, et de croire encore les jours de beau temps, aux états-unis d'Europe. Il me semble que le réalisme politique, celui qui m'a fait voter Chirac contre Le Pen, n'exclut pas un minimum d'ambition politique, ambition mise au rencard par le traité sauce Giscard. On m'a dit, enfin, que dans le projet, le pouvoir est d'avantage au parlement, et que l'on va prendre des décisions à la majorité qualifiée, évitant ainsi la paralysie de l'unanimité. Oui, sauf que l'on se retrouve encore avec un exécutif multicéphale, sauf que le parlement a des pouvoirs toujours très limités face à cet exécutif, et sauf que sur les décisions fiscales et d'affaires étrangères, on sera toujours à l'unanimité. Autant dire qu'une décision européenne quant à la condamnation de la guerre en Irak serait à la merci de la volonté d'un seul état, je ne vous demande même pas de suivre mon regard. C'est sûr qu'après on peut toujours rêver d'une puissance diplomatique.
Puisqu'on en est à la défense commune, j'invite mes euro-oui-ouistes d'amis à jeter un coup d'oeil sur l'article I-41 7 qui offre un blanc-seing total à l'OTAN: cela fera peut-être réfléchir ceux qui me vantaient une indépendance militaire à venir. Bon je passe sur la puissance jamais vue de la banque centrale, face à laquelle l'eurogroupe a un pouvoir Mickey: ça promet vraiment une politique budgétaire ambitieuse...
Je termine par l'argument massue: oui, mais tu veux quoi, alors? Le traité de Nice? Premièrement ce traité nous avait été vendu lui aussi par les oui-ouistes de maintenant comme une avancée fondamentale. Deuxièmement, non, je ne suis pas un fan de ce traité, et j'accepterais avec bonheur un autre, mais si possible un que l'on puisse faire évoluer par la suite. Pas une constitution qui va nous coller aux basques pendant au moins cinquante ans d'après son rédacteur principal (et oui, pour la gicler, il faudra la double unanimité des peuples et des pays... bingo).
Pour toutes ces raisons, je voterai non. Un non réservé, car je comprends les ambitions qui poussent le oui, mais un non tout à la fois de raison et d'ambition. Parce que l'Europe pour moi n'a pas à se vêtir d'oripeaux vaguement symboliques de pouvoir, mais aussi parce qu'elle mérite bien mieux. Je vous invite à lire l'article de Marianne qui explique les raisons du oui et du non de ses journalistes, il est fort intéressante quelque soit votre idée.
Instinctivement, je sens que le oui va passer. Je sais déjà que j'aurai eu tort, démocratiquement parlant. Mais je tenais à défendre mon « non » face à ceux qui m'ont gentiment traîné dans la boue. C'est fait, c'est dit.
J'ai pourtant passé une éprouvante semaine à en prendre plein le groin par des collègues et amis qui ont tous fait montre de ce si délicieux terrorisme intellectuel qui envahit nos ondes. On m'a limite traité de facho, si, si, et puis on m'a dit aussi que, ennemi de la paix, je portait déjà les stigmates de la guerre européenne à venir. Les tribunaux populaires fraîchement institués m'ont mêlés aux pires réactionnaires, avec des techniques rhétoriques à faire vomir en saignant du nez un jeune garde rouge.
En substance, mes amis oui-ouistes, de droite comme de gauche m'ont expliqué ceci: que cette constitution inutile et incertaine, ce concentré d'éternité concensuelle était l'aboutissement de l'Europe puissance, le rêve qu'on nous avait vendu jadis de nations soeurs, avant-gardistes sur les fronts de la paix, du développement, et du progrès social.
Le point commun que j'ai avec mes amis oui-ouistes, c'est d'avoir cru, et de croire encore les jours de beau temps, aux états-unis d'Europe. Il me semble que le réalisme politique, celui qui m'a fait voter Chirac contre Le Pen, n'exclut pas un minimum d'ambition politique, ambition mise au rencard par le traité sauce Giscard. On m'a dit, enfin, que dans le projet, le pouvoir est d'avantage au parlement, et que l'on va prendre des décisions à la majorité qualifiée, évitant ainsi la paralysie de l'unanimité. Oui, sauf que l'on se retrouve encore avec un exécutif multicéphale, sauf que le parlement a des pouvoirs toujours très limités face à cet exécutif, et sauf que sur les décisions fiscales et d'affaires étrangères, on sera toujours à l'unanimité. Autant dire qu'une décision européenne quant à la condamnation de la guerre en Irak serait à la merci de la volonté d'un seul état, je ne vous demande même pas de suivre mon regard. C'est sûr qu'après on peut toujours rêver d'une puissance diplomatique.
Puisqu'on en est à la défense commune, j'invite mes euro-oui-ouistes d'amis à jeter un coup d'oeil sur l'article I-41 7 qui offre un blanc-seing total à l'OTAN: cela fera peut-être réfléchir ceux qui me vantaient une indépendance militaire à venir. Bon je passe sur la puissance jamais vue de la banque centrale, face à laquelle l'eurogroupe a un pouvoir Mickey: ça promet vraiment une politique budgétaire ambitieuse...
Je termine par l'argument massue: oui, mais tu veux quoi, alors? Le traité de Nice? Premièrement ce traité nous avait été vendu lui aussi par les oui-ouistes de maintenant comme une avancée fondamentale. Deuxièmement, non, je ne suis pas un fan de ce traité, et j'accepterais avec bonheur un autre, mais si possible un que l'on puisse faire évoluer par la suite. Pas une constitution qui va nous coller aux basques pendant au moins cinquante ans d'après son rédacteur principal (et oui, pour la gicler, il faudra la double unanimité des peuples et des pays... bingo).
Pour toutes ces raisons, je voterai non. Un non réservé, car je comprends les ambitions qui poussent le oui, mais un non tout à la fois de raison et d'ambition. Parce que l'Europe pour moi n'a pas à se vêtir d'oripeaux vaguement symboliques de pouvoir, mais aussi parce qu'elle mérite bien mieux. Je vous invite à lire l'article de Marianne qui explique les raisons du oui et du non de ses journalistes, il est fort intéressante quelque soit votre idée.
Instinctivement, je sens que le oui va passer. Je sais déjà que j'aurai eu tort, démocratiquement parlant. Mais je tenais à défendre mon « non » face à ceux qui m'ont gentiment traîné dans la boue. C'est fait, c'est dit.
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