Monsieur S bouge fort fort les bras.
Il rend visite à des policiers dans des quartiers difficiles. Ca ne sert pas à grand chose, mais bon, il faut bien cacher un moment le grand vide, le non projet politique, et le non langage assumé de Monsieur S. Un Monsieur comme il faut, peau bien blanche, d'une mairie bien riche de banlieue, oui mais de banlieue, quand même.
Bref, Monsieur S en a marre. Les méchants des cités, ils brûlent des voitures. Et même si c'est pas les voitures des riches, c'est pas bien, non mais. Il l'a dit: c'est des voyous. Monsieur S est plein de bon sens, et en plus, il l'a promis, il va parler simple, comme les braves gens dont il est si proche, notre ex-Balladurien de Neuilly.
Quand c'est la merde, le gouvernement répond « plan d'action » .
Ca rassure.
Même si on ne sait pas trop ce qu'il se cache derrière ce vocable des plus creux.
Action donc. Première étape, gesticuler. Se déplacer « sur le terrain », entouré d'une bonne garde journalistique, ça va de soi. Insulter les pauvres en remuant les bras, fort fort, comme on l'a vu plus haut. Ne surtout pas chercher à comprendre les causes des désordres, ça, c'est pour les taffioles de gauche.
Seconde étape, en appeler aux deux ressorts du tragique, la terreur et la pitié. Pour le premier, répéter la l'étape précédente, gesticuler. S'indigner, répondre que l'ordre ne cédera pas face aux hordes barbares d'outre-périph. Le prolétariat blanc lepénisé devrait apprécier. Pour ce qui est de la pitié, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes: trouver un cas terrible (handicapé brûlé, vieux assassiné) et le généraliser aux centaines d'autres situations.
Rajouter un peu d'huile sur le feu, saler, poivrer, laisser le PS dégorger le peu de conscience de gauche qui lui reste. Allumer le four social thermostat 2007.
Servir réchauffé.
1 commentaire:
J'ai beau creuser, je n'arrive pas à découvrir qui se cache derrière ce monsieur S. Tu veux pas donner un indice, genre la dernière lettre ?
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