Deux types de réactions à la parution des caricatures me hérissent et me font douter sérieusement de tout progrès social envisageable à moyen terme.
On va commencer par les « idiots utiles », j'entends les cramés de la tête, qui, de par le monde, passent leurs frustrations de tous ordres sur des drapeaux et des ambassades, selon l'humeur. Idiots en général, utiles en particulier aux pouvoirs corrompus et dictatoriaux qui frustrent ces mêmes jeunes, et qui savent si bien détourner la rage légitime de leurs citoyens de ses causes réelles. C'est tellement plus simple de faire comprendre à un chômeur de vingt ans que tout est la faute des danois, des israéliens, de l'occident dégénéré, quand le pouvoir local, corrompu jusqu'à la moelle bloque tout espoir de développement, de justice sociale et de liberté. C'est tout juste une soupape pour ces régimes où quelques uns mangent du dollar à la sauce pétrolière tandis que la masse paupérisée se laisse draguer par l'islamisme radical. Et tous d'osciller dangereusement entre islamisme radical et nationalisme stupide. surtout, tout sauf répondre aux vraies demandes, sociales, celles-ci. Comment, en voyant cette rage déroutée, ne pas se souvenir de nos jeunes chômeurs à nous, nos prolos d'antan, qui se ruèrent vers le totalitarisme quand la colère les poussait hors de toute raison?
Place à la deuxième catégorie, nettement plus présentable, de bonne famille et tout et tout. Elle se trouve partout où l'on préfère l'ordre à la liberté, entendez dans les corps religieux, mais aussi chez les conservateurs, exotiques où bien de chez nous, nos communautaristes de tous poils, réacs et bien nourris. Des cathos au Royaume-Uni, de Washington au CFCM, de vieux messieurs nous expliquent que c'est pas bien de trop l'ouvrir, qu'on risque de choquer. L'internationale des réacs aux abois pour sauver la façade, pour la paix des (ménages-) communautés. Et d'oublier que la liberté d'expression s'est réalisée aussi chez nous au prix parfois du scandale, parfois d'un goût douteux, parfois jusque devant les tribunaux. Les dessins anti-cléricaux du temps jadis n'ont rien à envier aux mauvaises caricatures d'aujourd'hui en termes de violence. Mais c'est au nom des libertés qu'on les défendait déjà alors pied à pied contre les obscurantistes, ceux là même qui très officiellement préféreront l'ordre et le bruit de bottes à la justice sociale et à la liberté. La boucle est bouclée.
Crétins juvéniles et fascisants, Séniles gardiens de temples obscurs: les siècles bégayeraient-ils?
On va commencer par les « idiots utiles », j'entends les cramés de la tête, qui, de par le monde, passent leurs frustrations de tous ordres sur des drapeaux et des ambassades, selon l'humeur. Idiots en général, utiles en particulier aux pouvoirs corrompus et dictatoriaux qui frustrent ces mêmes jeunes, et qui savent si bien détourner la rage légitime de leurs citoyens de ses causes réelles. C'est tellement plus simple de faire comprendre à un chômeur de vingt ans que tout est la faute des danois, des israéliens, de l'occident dégénéré, quand le pouvoir local, corrompu jusqu'à la moelle bloque tout espoir de développement, de justice sociale et de liberté. C'est tout juste une soupape pour ces régimes où quelques uns mangent du dollar à la sauce pétrolière tandis que la masse paupérisée se laisse draguer par l'islamisme radical. Et tous d'osciller dangereusement entre islamisme radical et nationalisme stupide. surtout, tout sauf répondre aux vraies demandes, sociales, celles-ci. Comment, en voyant cette rage déroutée, ne pas se souvenir de nos jeunes chômeurs à nous, nos prolos d'antan, qui se ruèrent vers le totalitarisme quand la colère les poussait hors de toute raison?
Place à la deuxième catégorie, nettement plus présentable, de bonne famille et tout et tout. Elle se trouve partout où l'on préfère l'ordre à la liberté, entendez dans les corps religieux, mais aussi chez les conservateurs, exotiques où bien de chez nous, nos communautaristes de tous poils, réacs et bien nourris. Des cathos au Royaume-Uni, de Washington au CFCM, de vieux messieurs nous expliquent que c'est pas bien de trop l'ouvrir, qu'on risque de choquer. L'internationale des réacs aux abois pour sauver la façade, pour la paix des (ménages-) communautés. Et d'oublier que la liberté d'expression s'est réalisée aussi chez nous au prix parfois du scandale, parfois d'un goût douteux, parfois jusque devant les tribunaux. Les dessins anti-cléricaux du temps jadis n'ont rien à envier aux mauvaises caricatures d'aujourd'hui en termes de violence. Mais c'est au nom des libertés qu'on les défendait déjà alors pied à pied contre les obscurantistes, ceux là même qui très officiellement préféreront l'ordre et le bruit de bottes à la justice sociale et à la liberté. La boucle est bouclée.
Crétins juvéniles et fascisants, Séniles gardiens de temples obscurs: les siècles bégayeraient-ils?
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