dimanche, avril 02, 2006

Do you speak djeunz'?


En attendant son rendez-vous avec la justice, notre président a raté celui qu'il avait promis à la jeunesse. Et si l'on avait voulu montrer les limites d'une droite qui se voulait sociale, on ne s'y serait pas mieux pris!




Ainsi le président a-t-il encore voulu suivre son fidèle vizir, et dissoudre... euh non! Et promulguer le CPE. Après des semaines d'occupations, de manifestations soutenues par la population, le pouvoir a parlé. Et il est resté sourd à toute la jeunesse, il s'est arque bouté sur ce contrat scélérat, qui n'est que la caricature du sous projet politique qui nous est proposé: travaillez comme des dingues, dans la précarité et sous la pression, créez de la richesse sans vous poser de question, et consommez.

Les jeunes, même parmi les plus modérés, se rendent bien compte que ce modèle du profit à tout prix n'est qu'une coquille vide, qu'il est essentiellement une non vision politique, un abandon et une forme raffinée de paresse intellectuelle. En ne faisant que de la pseudo-économie de comptoir, on pense pouvoir masquer un moment l'absence d'initiative et d'idée.




Par les manifs alarmés, on parle alors de « Grenelle bis » ; deux doigts d'augmentation du SMIC par ci, une réduction de la durée de période d'essai par là, et ça passera, inch'allah. C'est ne pas avoir compris, sur la forme, que le retrait du CPE est incontournable, et sur le fond, qu'il n'est déjà plus possible de faire de la politique dans les vieilles marmites de nos institutions.

Qui croit en effet encore que notre vieillissante assemblée est représentative de l'intérêt général? Elle est trop occupée à suivre le match Sarko/Villepin/Ségo et ses conséquences sur les prébendes de chacun. Qui pense encore que le droitier conseil constitutionnel et ses « sages » sont neutres? Sept d'entre eux furent nommés par des personnes de droite. Qui gobe encore les histoires d' « écoute » et de « dialogue » de ce gouvernement? On est à quarante pour cent des français pour le retrait, autant pour la suspension, près de trois millions de manifestants dans les rues, et Matignon n'entend toujours pas!




Si au moins la droite proposait un idéal à la jeunesse, un modèle, un projet: mais, fidèle au credo croissance/emploi point barre, elle ne propose que de faire notre bonheur malgré nous, et par la force s'il le faut. elle est prête à tout sacrifier à ces deux chiffres, même toujours un peu plus de la dignité des citoyens. Et sans répondre aux deux vraies questions: produire plus, d'accord, mais pour qui, et pourquoi?

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