Nous étions des millions, et ils ont reculé. Ils nous ont traités de flemmards, ils ont dit que nous ne les comprenions pas, qu'il fallait suivre l'Histoire sans broncher, plier. Mais...nous somme l'Histoire et ils sont le passé. Ils nous pensaient en retard par rapport au « reste du monde », quand nous avions une révolte d'avance: cette fronde, qui fit plier la nuque d'un pouvoir arrogant, avait certes pour dénominateur commun le rejet du CPE scélérat. Mais ce ne serait rien comprendre à son sens, où s'en tirer à trop bon compte que de croire qu'elle se limitait à cela.
Le résultat est certes la mise à mal d'une sournoise atteinte aux droits. Mais j'ai aussi vu de jeunes gens, que tous croyaient dépolitisés, nombreux à reprendre les pratiques festives d'occupations, de sit-in, de démocratie directe. Jaloux de leur autonomie vis à vis des partis et des grandes centrales syndicales, ils firent ressouffler le vent libertaire dans les rues de Paris. Ceux que les institutions de gauche accusaient de décrédibiliser le combat en l'élargissant le mettaient au contraire en perspective, dans un soulèvement plus essentiel contre l'autorité, l'inégalité et la création forcenée de richesse à tout prix.
Je garde la vision si pleine d'espoir de ces jeunes filles, couvrant de fleurs des CRS figés dans leur garde a vous de robots. Celle de jeunes demandant « des bisous et des câlins » aux forces de l'ordre qui cherchaient maladroitement à les déloger. Ces manifestations spontannées, au pas de course dans la nuit parisienne; et ce mot de désordre, accorché à un sac, peint à la va vite sur un mur, et qui dit si bien la saveur et les aspirations de ce printemps fugitif:
Le résultat est certes la mise à mal d'une sournoise atteinte aux droits. Mais j'ai aussi vu de jeunes gens, que tous croyaient dépolitisés, nombreux à reprendre les pratiques festives d'occupations, de sit-in, de démocratie directe. Jaloux de leur autonomie vis à vis des partis et des grandes centrales syndicales, ils firent ressouffler le vent libertaire dans les rues de Paris. Ceux que les institutions de gauche accusaient de décrédibiliser le combat en l'élargissant le mettaient au contraire en perspective, dans un soulèvement plus essentiel contre l'autorité, l'inégalité et la création forcenée de richesse à tout prix.
Je garde la vision si pleine d'espoir de ces jeunes filles, couvrant de fleurs des CRS figés dans leur garde a vous de robots. Celle de jeunes demandant « des bisous et des câlins » aux forces de l'ordre qui cherchaient maladroitement à les déloger. Ces manifestations spontannées, au pas de course dans la nuit parisienne; et ce mot de désordre, accorché à un sac, peint à la va vite sur un mur, et qui dit si bien la saveur et les aspirations de ce printemps fugitif:

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