L'arrière garde, toujours l'arrière-garde: nos jeunes et vaillants cerveaux se penchent sur les futurs possibles, les enclaves autonomes, l'éclatement de la vie partout et pour tous, quand le système et son immense inertie, sa majesté grabataire et sa folie briseuse distinguée nous ramène à la raison. Aujourd'hui comme hier, j'aurais préféré évoquer les pistes, les semences de futurs mouvements et idées révolutionnaires, ou même des grilles de lectures qui changeraient un peu. Las! : les évènements nous ramènent à des combats qu'on pensait gagnés, à des commentaires qu'on ne devrait plus avoir à faire.
C'est tout le paradoxe: à mesure que la politique du Prince-Président se fait plus « lutte des classes », nous voici obligés de défendre les pis-allers qu'on voudrait dépasser. Je ne sais pas si vous imaginez ce que c'est de gueuler en manif « des papiers pour tous! » quand on est opposant de principe au fichage et au contrôle des populations. Ce que c'est de lutter contre la baisse du pouvoir d'achat des classes populaires quand on abhorre le consumérisme. Ce que cela représente de vouloir la défense de la sécu et des services publics quand on pense au fond de soi que l'état est le plus froid des monstres froids. Ce que c'est de blâmer la très discrète ouverture du marché de l'électricité quand il y aurait tant à dire de l'EDF gentiment pro-nucléaire, technocratique, et intrinsèquement croissanciste.

De l'autre côté de la scène politique et des barricades, ils n'ont pas les mêmes états d'âme: leur point commun, qu'ils soient plutôt nationalistes, tendance libérale, ex-gaullistes, « socialistes » repentis ou d'origine démocrate chrétienne, c'est qu'une seule chose suffit à les unir: la recherche de l'ordre et le maintien du rapport de force. Et pour cela, ils tombent vite d'accord sur le chef du moment, pourvu qu'il défende la propriété, la patrie et ses patrons, qu'il ajoute des flics et brise les résistances. C'est ça la grande force de la droite: pas la peine de se racler la soupière sur le fond politique ou la forme institutionnelle : vive le Roi, le Général, le Prince, le PDG, le président, le MEDEF biffez les mentions inutiles.
Cela me semble du coup difficile de battre la droite sur ce terrain du « leader charismatique » à coup de bon mot démagogique, d'appel à l'ordre et au maintien du système. L'éléctorat, à ce compte, et pour paraphraser neu-noeil le FAF, préférera toujours l'original de droite à la photocopie sociale-libérale. Mais je promets de revenir sur ces questions la prochaine fois.
Et promis, je ne tirerai pas sur les ambulances.
Promis.
C'est tout le paradoxe: à mesure que la politique du Prince-Président se fait plus « lutte des classes », nous voici obligés de défendre les pis-allers qu'on voudrait dépasser. Je ne sais pas si vous imaginez ce que c'est de gueuler en manif « des papiers pour tous! » quand on est opposant de principe au fichage et au contrôle des populations. Ce que c'est de lutter contre la baisse du pouvoir d'achat des classes populaires quand on abhorre le consumérisme. Ce que cela représente de vouloir la défense de la sécu et des services publics quand on pense au fond de soi que l'état est le plus froid des monstres froids. Ce que c'est de blâmer la très discrète ouverture du marché de l'électricité quand il y aurait tant à dire de l'EDF gentiment pro-nucléaire, technocratique, et intrinsèquement croissanciste.

De l'autre côté de la scène politique et des barricades, ils n'ont pas les mêmes états d'âme: leur point commun, qu'ils soient plutôt nationalistes, tendance libérale, ex-gaullistes, « socialistes » repentis ou d'origine démocrate chrétienne, c'est qu'une seule chose suffit à les unir: la recherche de l'ordre et le maintien du rapport de force. Et pour cela, ils tombent vite d'accord sur le chef du moment, pourvu qu'il défende la propriété, la patrie et ses patrons, qu'il ajoute des flics et brise les résistances. C'est ça la grande force de la droite: pas la peine de se racler la soupière sur le fond politique ou la forme institutionnelle : vive le Roi, le Général, le Prince, le PDG, le président, le MEDEF biffez les mentions inutiles.
Cela me semble du coup difficile de battre la droite sur ce terrain du « leader charismatique » à coup de bon mot démagogique, d'appel à l'ordre et au maintien du système. L'éléctorat, à ce compte, et pour paraphraser neu-noeil le FAF, préférera toujours l'original de droite à la photocopie sociale-libérale. Mais je promets de revenir sur ces questions la prochaine fois.
Et promis, je ne tirerai pas sur les ambulances.
Promis.
2 commentaires:
Rhaaaa ! Mais non merde ! Moi je viens là JUSTEMENT pour voir des ambulances en feu, renversées sur le côté, dont s'échappe encore quelques membres fumants et décharnés... Mais punaise, Alexis, TIRE sur cette pute d'ambulance !
;)
Damned!
Ce sont les plus violents qui détruisent la subtile résille d'anonymat que j'avais passé de patientes heures à tisser.
bon, va pour "Alexis", après tout c'est pas mal comme nom.
Sinon, sur les ambulances socialistes, je crois que c'est vraiment pas la peine de s'acharner: entre les divorces des uns, les nominations des autres, il ne restera bientôt plus de Mohicans dans le cimetiere des éléphants...
à suivre, quand même.
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