dimanche, mars 08, 2009

DE LA NECESSITE DE SAVOIR SABOTER

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », dit le proverbe.


Le billet de cette semaine, c'est la récente lecture d' « Après la Démocratie », d' Emmanuel Todd, qui me l'a inspiré (et non la beuverie d'hier soir qui a suivi...mais bref). Manu y examine différentes portes de sorties de crise pour le pays (crise économique, mais aussi crise de la représentation politique). Et il évoque clairement la fin du suffrage universel, l'exemple chinois faisant des émules (son efficacité économique doit faire rêver plus d'un cynique).



Sans vous refaire une litanie des dangers qui guettent ce qui reste de notre liberté, il me faut rappeler les moyens très efficaces et très peu démocratiques qu'on risque de nous proposer dans pas si longtemps. Quand un pays est dans la merde, quand un régime sent que les émeutes approchent, quand la lutte des classes vient foutre le Nâm dans nos beaux centres d'affaires, il y a plusieurs solutions historiquement avérées: la dénonciation d'un ennemi intérieur minoritaire (les juifs ont pas mal fait les frais de cette méthode dans l'histoire européenne), et l'aventure belliqueuse extérieure (aux Malouines pour l'Argentine, à Chypre pour les Colonels, au Sahara pour le roi du maroc...), la guerre ayant le don de ressouder artificiellement la foule abrutie, et de relancer une économie en effaçant à coup de fait du prince, les dettes.


Si vis Pacem...


Mais peut-être n'est-ce pas de ces bruits de bottes que viendra le danger de la dictature. La réalité écologique deviendra, j'en suis sûr, LE danger politique à surveiller. Je m'explique: nous n'avons pas les moyens de généraliser au monde nos modes de consommations. Plusieurs planètes n'y suffiraient pas. Du coup, si la sobriété économique volontaire ne fait pas école à l'Ouest, il va falloir expliquer aux Burkinabés et aux pakistanais qu'il n'y a pas assez de coca et de pétrole pour tout le monde. D'où le maintien de l'injustice et/ou la guerre. En termes de politique intérieure, la raréfaction des matières premières et de l'énergie dûe à notre consommation effrénée risque de nous faire arriver à des formes plus ou moins raffinées de rationnement, avec toute la bureaucratie et les mesures de contrôle et de discipline que cela risque de représenter, voir même à un « Fascisme Vert », une « Eco-dictature » de très mauvais goût.



Le calcul est assez simple: partagez les richesses ou ça va péter. Limitez les consommations ou le pouvoir le fera à sa façon. Comme je suis un grand pessimiste, et que je crois que mes semblables préfèrent rouler en Hummer aux frais de leur fond de pension préféré sous l'oeil de caméras de surveillance biométriques que de penser à ce qu'ils font, je crois qu'on va aller vers des régimes de moins en moins sympa.


Et qu'il faut s'y préparer.


... Para Bellum!


Mais comment? Se pose la question des moyens, dans une société où le monopole de la violence légale est renforcé par la complexité technique des moyens. Saurons nous saboter à temps un système de surveillance dernier cri? Saurons nous détruire les fichier ADN de l'Etat avant qu'ils ne tombent dans des mains plus autoritaires encore? Les « citoyens » sauront-ils neutraliser les puces RFID qu'on aura glissé partout?


Nous y arriverons d'autant moins que l'abandon de la conscription (que je ne regrette pas par ailleurs) laisse les moyens militaires à une armée de plus en plus technique de professionnels, sans contrôle des « appelés » (si symbolique qu'ait été ce contrôle) et sans que ces « appelés » n'apprennent à se servir des armes qu'on pourrait retourner contre eux et dont ils pourraient avoir besoin, à Dieu ne plaise, contre l'Etat.



Je sais que tout ceci tient pour l'instant de la mauvaise science-fiction. Je sais aussi que ces questions de font que frôler la problématique beaucoup plus vaste du « progrès » Technique et de la société technicienne et de ses castes. Néanmoins, je préfère me les poser maintenant que dans un futur plus sombre. Et j'invite qui se sent conscient de ces enjeux à redoubler de vigilance quant à tous les systèmes qu'on nous refourgue au nom de la « Securité ».


salutations Paranoïaques,

Adso.


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