
Je me souviens que l'ancien maire du onzième avait crée une SEM officiellement pour lutter contre la mono-activité, officieusement à mon sens parce que ses électeurs voyaient d'un mauvais oeil l'implantation massive de grossistes en articles textiles autour de Saint-Ambroise. Je me souviens des rafles de flics à la grande période autour des écoles, de la chasse au sans papiers qui s'organisait autour des métros avec contrôles au faciès de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un chinois.

Les médias n'étaient pas en reste: combien de reportages sur les inquiétants « appartements raviolis »? Ou sur la supposée « mafia asiatique » (sic) qu'un journaliste disait avoir infiltrée?
Dans combien de cafés des cons tournent en bourrique le chinois qui vend des briquets et des gadgets? Combien de fois les pires lieux communs ont été dits dans l'entre-soi des machines à cafés? « Ils se ressemblent, ils nous envahissent, ils font voter les morts... » Les chinois, reclus et commerçants diasporiques, ressuscitent bien malgré eux chez les français de vieux schémas de haine qui fleurent bon les années trente, ceux du «juif errant », des clans familiaux que l'ont veut surpuissants, du peuple dispersé d'épiciers que l'on craint pour son « organisation ».
A croire que la France refuse de digérer cette vague de migrants: il ne faudra bien, pourtant, tant les rues du vingtième arrondissement se peuplent de petits français « de la-bas », et de leur accent bien parisien, rodé dans les cours d'école de Paris. Il le faudra aussi parce que cette mono-activité (que craignent , je le comprends, les riverains qui cherchent leur baguette dans des quartiers vides de boulangerie) est le prix à payer pour une vraie implantation d'économie réelle dans les quartiers parisiens. Ils oublient, les parisiens, qu'avant de n'être qu'une série d'adresse de sièges sociaux et de salons de bronzage, Paris comptait de dynamiques quartiers dédiés chacun à une industrie d'alors, Viande à La Vilette, Vin à Bercy, textile dans le marais. C'est aussi cela, une ville qui vit.
Les chinois qui se sont implantés chez nous reprennent les commerces qui périclitaient, redonnent de la convivialité aux bar-tabac moribonds et leurs mômes côtoient les nôtres dans les écoles. Et que les fâcheux (fachos?) le veuillent ou non, les vagues de rafles de sans papiers les ont mis en contact avec la solidarité d'autres parents d'élèves, d'autres associations.
Ils partagent déjà par leur récente histoire, le destin de la nation.

1 commentaire:
"suspect comme l'arrière-salle d'un restau chinois", si c'est le 113 qui le dit, c'est que c'est vrai. Y'a pas de fumée sans Pho.
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