
L'auteure trouve trois grandes « grammaires » de la gauche radicale:
Une grammaire « républicaine », qu'incarne assez bien le parti de Gauche actuellement: sans remettre en question fondamentalement le capitalisme, elle cherche par le réformisme à avancer sur des thématiques universelles et « citoyennes », trouvant sa quintessence dans les actions de résistance civique. Une chapelle vouée à Jaurès et aux droits de l'homme.
Une grammaire « socialiste », très « lutte des classes », divisée en deux grandes écoles, les Léninistes, incarnés entre autres par le NPA, et le syndicalisme d'action directe; le prolétariat, sujet politique, cherche dans le premier cas la prise de l'appareil d'état. Dans le second cas, la grève générale est à l'horizon.
Enfin, une troisième grammaire « postmoderne » ou « Nietzschéenne » réunit des groupes d'aspirations disparates: féministes, écologistes, groupes de défense des minorités... Son expression principale est...Artistique. Nietzsche, Deleuze, Ellul, Hakim Bey constituent son panthéon théorique.
Disons le tout de suite: le classement ainsi effectué est assez pertinent (avec un bémol pour les « post-modernes », un peu maltraîtés à mon goût). Irène Pereira combine les grammaires, montre les oppositions entre-elles, dans un assez sympathique exercice: il est rare de disposer en un ouvrage d'une aussi bonne hauteur de vue sur un champ si complexe.
Quand vient en conclusion une proposition de sortie politique conciliant les légitimes aspirations des trois grammaires, on reste un peu sur sa faim. Normal, on sort clairement du champ sociologique. Mais cela ne retire rien d'un ouvrage ambitieux, méthodique, lisible et clair, qu'Adso vous conseille pour vos chouettes soirées d'hiver.
A bientôt pour de nouvelles aventures!
Adso.
1 commentaire:
J'aime bien!
PS: et j'aime bien aussi celui d'avant ("il n'y a pas de droite heureuse")
Lho
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