Je suis les indications du site: le livre se trouve sur le rebord d'une fenêtre d'un passage perdu du onzième. Après avoir cherché mon chemin vers le lieu, je quitte le bureau. Pendant les vingt minutes de trajet à pied, je me pose une flopée de questions: et si il y a des passants? Ne vais-je pas avoir l'air d'un maraudeur?
Les rues s'enfilent. Je cherche, première fenêtre, numéro 8. Ecco. Un oeil à droite, à gauche, hop, je saisis le livre. Je n'en reviens pas: cela fait une dizaine d'heure qu'il m'attendait là, visible (trop visible) par tous. J'ouvre la couv' cornée, et je tombe sur un petit mot imprimé: il s'agit d'un livre « en ballade ». Un numéro de série, un rappel du site. Bonne lecture.

Quelques jours plus tard, après dégustation, je cherche à mon tour un endroit où déposer le précieux livre; Il y a bien ce parc, près du cimetière. Oui, je vais aller y jeter un oeil. Le temps de chopper un sac de congélation pour protéger le paquet des intempéries, je rejoins le square. Il y a là un petit monument en forme de mur, et je me suis dit que ce serait pas mal comme spot. Quelques touristes chinois finissent leurs sandwiches juste devant, merde. je vais voir plus loin, temporiser. Je reviens: ils sont partis. coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche: hop. Il y a plus qu'à.
Je rejoins la sortie du parc en espérant que personne ne m'a vu, qu'on ne me prendra pas pour un terro, un dealer, qu'on ne vas pas me courir après en me disant que j'ai oublié quelque chose. Retour au bercail, retour sur le site: je signale que le livre est de nouveau « in the wild », j'écris une petite critique de quelques lignes, et je précise le lieu de largage.
Le surlendemain, un coup d'oeil sur le site web: mon livre a été récupéré! je me fais même engueuler pour avoir mal fermé le sac à congélation; n'empêche. J'ai été élevé, comme vous, dans un monde où la méfiance l'emporte toujours plus, où tout est contractuel et rien n'est gratuit. A telle enseigne que tout ce qui est gratuit y est douteux; et voici des dingues qui sèment leurs bouquins dans les endroits les plus bizarres, avec la folie de vouloir « faire de notre monde une bibliothèque » . Et ça marche! certes, tous les livres relâchés ne sont pas retrouvés. Mais il y reste à chaque fois l'espoir de « convertir » celui qui trouverait par hasard le colis.
le site n'est pas trop compliqué. Et, comble de l'attention, on y bénéficie d'une étagère virtuelle, témoignant des livres que chacun a choppé et redispatché. Bon, c'est vrai, il faut que je me replonge dans les « statuts » des livres, mais c'est de l'ordre du détail technique. Ca reste un site que je consulte régulièrement et de partout, à l'affût d'ouvrages à « chasser ».

Ca s'appelle du book-crossing. C'est un concept assez simple qui permet de lâcher, de trouver et de suivre à distance des livres. Cela ne nécessite qu'une inscription sans engagement à rien, et c'est entièrement fondé sur la bonne volonté des gens. comme dans la plupart de ces cas là, on n'y croit pas au début. Ca doit foirer quelque part, pas possible. Et ben si! Et on se surprend vite à se réjouir de tant de bonne volonté.
Et puis refaire des rues un terrain de jeu, ça a quand même quelque chose de rafraîchissant. Les « book-crossers » parisiens qui le veulent se rencontrent lors de meet-up mensuels, mais chacun est libre de les rejoindre, où de rester anonyme, de ne pas savoir d'où et où vont les livres, ce qui a aussi son charme.
Allez, trêve de bavardages. Rendez-vous sur cross-booking, le miroir francophone du site du même métal.
Les rues s'enfilent. Je cherche, première fenêtre, numéro 8. Ecco. Un oeil à droite, à gauche, hop, je saisis le livre. Je n'en reviens pas: cela fait une dizaine d'heure qu'il m'attendait là, visible (trop visible) par tous. J'ouvre la couv' cornée, et je tombe sur un petit mot imprimé: il s'agit d'un livre « en ballade ». Un numéro de série, un rappel du site. Bonne lecture.

Quelques jours plus tard, après dégustation, je cherche à mon tour un endroit où déposer le précieux livre; Il y a bien ce parc, près du cimetière. Oui, je vais aller y jeter un oeil. Le temps de chopper un sac de congélation pour protéger le paquet des intempéries, je rejoins le square. Il y a là un petit monument en forme de mur, et je me suis dit que ce serait pas mal comme spot. Quelques touristes chinois finissent leurs sandwiches juste devant, merde. je vais voir plus loin, temporiser. Je reviens: ils sont partis. coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche: hop. Il y a plus qu'à.
Je rejoins la sortie du parc en espérant que personne ne m'a vu, qu'on ne me prendra pas pour un terro, un dealer, qu'on ne vas pas me courir après en me disant que j'ai oublié quelque chose. Retour au bercail, retour sur le site: je signale que le livre est de nouveau « in the wild », j'écris une petite critique de quelques lignes, et je précise le lieu de largage.
Le surlendemain, un coup d'oeil sur le site web: mon livre a été récupéré! je me fais même engueuler pour avoir mal fermé le sac à congélation; n'empêche. J'ai été élevé, comme vous, dans un monde où la méfiance l'emporte toujours plus, où tout est contractuel et rien n'est gratuit. A telle enseigne que tout ce qui est gratuit y est douteux; et voici des dingues qui sèment leurs bouquins dans les endroits les plus bizarres, avec la folie de vouloir « faire de notre monde une bibliothèque » . Et ça marche! certes, tous les livres relâchés ne sont pas retrouvés. Mais il y reste à chaque fois l'espoir de « convertir » celui qui trouverait par hasard le colis.
le site n'est pas trop compliqué. Et, comble de l'attention, on y bénéficie d'une étagère virtuelle, témoignant des livres que chacun a choppé et redispatché. Bon, c'est vrai, il faut que je me replonge dans les « statuts » des livres, mais c'est de l'ordre du détail technique. Ca reste un site que je consulte régulièrement et de partout, à l'affût d'ouvrages à « chasser ».

Ca s'appelle du book-crossing. C'est un concept assez simple qui permet de lâcher, de trouver et de suivre à distance des livres. Cela ne nécessite qu'une inscription sans engagement à rien, et c'est entièrement fondé sur la bonne volonté des gens. comme dans la plupart de ces cas là, on n'y croit pas au début. Ca doit foirer quelque part, pas possible. Et ben si! Et on se surprend vite à se réjouir de tant de bonne volonté.
Et puis refaire des rues un terrain de jeu, ça a quand même quelque chose de rafraîchissant. Les « book-crossers » parisiens qui le veulent se rencontrent lors de meet-up mensuels, mais chacun est libre de les rejoindre, où de rester anonyme, de ne pas savoir d'où et où vont les livres, ce qui a aussi son charme.
Allez, trêve de bavardages. Rendez-vous sur cross-booking, le miroir francophone du site du même métal.




