Ah, le joli discours de notre président après la messe à Rome! Il faut dire que partir au Vatican avec Bigard (avec Bigard!), ça vous plante un décor, chrétien en diable: pas étonnant que les fuites mystiques se déclarent dans la foulée.
Ainsi donc, c'est fait c'est dit, c'est « une laïcité positive » qu'il faut chercher, une grande réconciliation entre les deux France, la révolutionnaire et la catholique, entendez bien. Sauf qu'une vie publique qui laisserait tant de place à la sphère religieuse, qui revendiquerait autant ses « racines spirituelles », une république qui sous-traiterait l'espoir à la religion, c'est justement tout l'inverse de la laïcité. Chirac l'avait compris. Notre président, avec bien peu de culture et de lexique, nous prouve le contraire. Mais c'est encore la partie la plus évidente de ce qui fait le scandale de tout ce cirque.
Ceux qui ont cru ou qui croient en le message du Christ, les voilà, les plus insultés par cette sortie cul-béni où la mièvrerie cache mal l'hypocrisie. Car ce qui sort le plus bafoué de cette alliance improbable de la matraque, pardon, du taser, et du goupillon, c'est justement l'évangile. Je suis désolé pour mes amis non croyants, le sujet du billet de cette semaine, c'est justement ça, l'impossibilité de se dire chrétien quand on parque les putes et les SDF, quand on se fait valet des puissant en brisant les humbles, quand on donne la chasse au sans-papier et qu'on insulte ceux qui n'obéissent pas docilement à la double loi d'airain du pognon et de la force.
Parce que la parole de Jésus, qu'on se le dise de Neuilly à Washington, c'est justement celle qui tranche et se veut anéantissement de l'ordre actuel. Les sépulcres blanchis de la réaction voudront-ils encore l'entendre? Christ rend visite aux gueux, aux putes, aux fous, aux damnés de la terre. C'est autre chose que d'arborer ses rollex sur des yacht patronaux après une fête au Fouquet's avec des évad...pardon des expatriés fiscaux. Christ dit qu'il est plus dur à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de passer dans le trou d'une aiguille. Notre président fait payer les plus pauvres et les nantis reçoivent des chèques du trésor public.
La politique antisociale, immorale, et insultante du pouvoir actuel, c'est l'antithèse absolue de la « Bonne Nouvelle ». Alors, si venir couiner à Rome sur les « racines chrétiennes », ça manque un peu de bon goût, on se régale carrément que « La France (ait) besoin de croire à nouveau qu’elle n’a pas à subir l’avenir, parce qu’elle a à le construire ». We are the world, we are the children...
J'ai lu tant de fois chez les chrétiens sincères cette soif de voir dans le visage de l'autre celui-là même du Christ. Malgré les différends profond qui me séparaient de ces gens, j'ai toujours gardé le respect de ceux qui, plaçant le sacrement du frère au dessus de tout, veulent à leur façon renverser le monde. Je ne reconnais aucun de ces traits d'amour et de philanthropie chez celui qui se fait champion de la chrétienté quand il lui reste du temps entre Disneyland et ses coups de fil de félicitations aux grands dictateurs. Et je reprends volontiers à mon compte la déclaration du président de la fédération protestante de France, quand, au sujet de la polémique sur le travail le dimanche (welcome back in the nineteenth century), il se demandait « La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ? ».
A méditer en ce Noël consumériste, que je vous souhaite néanmoins joyeux.
Ainsi donc, c'est fait c'est dit, c'est « une laïcité positive » qu'il faut chercher, une grande réconciliation entre les deux France, la révolutionnaire et la catholique, entendez bien. Sauf qu'une vie publique qui laisserait tant de place à la sphère religieuse, qui revendiquerait autant ses « racines spirituelles », une république qui sous-traiterait l'espoir à la religion, c'est justement tout l'inverse de la laïcité. Chirac l'avait compris. Notre président, avec bien peu de culture et de lexique, nous prouve le contraire. Mais c'est encore la partie la plus évidente de ce qui fait le scandale de tout ce cirque.
Ceux qui ont cru ou qui croient en le message du Christ, les voilà, les plus insultés par cette sortie cul-béni où la mièvrerie cache mal l'hypocrisie. Car ce qui sort le plus bafoué de cette alliance improbable de la matraque, pardon, du taser, et du goupillon, c'est justement l'évangile. Je suis désolé pour mes amis non croyants, le sujet du billet de cette semaine, c'est justement ça, l'impossibilité de se dire chrétien quand on parque les putes et les SDF, quand on se fait valet des puissant en brisant les humbles, quand on donne la chasse au sans-papier et qu'on insulte ceux qui n'obéissent pas docilement à la double loi d'airain du pognon et de la force.
Parce que la parole de Jésus, qu'on se le dise de Neuilly à Washington, c'est justement celle qui tranche et se veut anéantissement de l'ordre actuel. Les sépulcres blanchis de la réaction voudront-ils encore l'entendre? Christ rend visite aux gueux, aux putes, aux fous, aux damnés de la terre. C'est autre chose que d'arborer ses rollex sur des yacht patronaux après une fête au Fouquet's avec des évad...pardon des expatriés fiscaux. Christ dit qu'il est plus dur à un riche d'entrer au paradis qu'à un chameau de passer dans le trou d'une aiguille. Notre président fait payer les plus pauvres et les nantis reçoivent des chèques du trésor public.
La politique antisociale, immorale, et insultante du pouvoir actuel, c'est l'antithèse absolue de la « Bonne Nouvelle ». Alors, si venir couiner à Rome sur les « racines chrétiennes », ça manque un peu de bon goût, on se régale carrément que « La France (ait) besoin de croire à nouveau qu’elle n’a pas à subir l’avenir, parce qu’elle a à le construire ». We are the world, we are the children...
J'ai lu tant de fois chez les chrétiens sincères cette soif de voir dans le visage de l'autre celui-là même du Christ. Malgré les différends profond qui me séparaient de ces gens, j'ai toujours gardé le respect de ceux qui, plaçant le sacrement du frère au dessus de tout, veulent à leur façon renverser le monde. Je ne reconnais aucun de ces traits d'amour et de philanthropie chez celui qui se fait champion de la chrétienté quand il lui reste du temps entre Disneyland et ses coups de fil de félicitations aux grands dictateurs. Et je reprends volontiers à mon compte la déclaration du président de la fédération protestante de France, quand, au sujet de la polémique sur le travail le dimanche (welcome back in the nineteenth century), il se demandait « La religion de la consommation serait-elle le culte officiel de la France laïque ? ».
A méditer en ce Noël consumériste, que je vous souhaite néanmoins joyeux.


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