dimanche, avril 20, 2008

ALLONS Z'ENFANTS

Nous vivons dans un pays qui ne remboursera plus les lunettes, mais qui aidera à financer les opérations militaires des États-Unis via l'OTAN. Nous vivons dans un pays dont les caisses « sont vides », selon notre chef, mais qui exonère d'impôts ceux qui en ont le moins besoin. Nous vivons dans un pays administrant un ministère du drapeau, de la peau blanche, de la rafle et du racisme, et notre président vient pleurer ses larmes de crocodile sur Aimé Césaire (les mêmes qu'il avait faites couler à l'enterrement de l'abbé Pierre, peut-être) . Nous vivons dans un pays qui a dit de l'écologie qu'elle serait « sa priorité » et qui sous les coups de boutoirs de bien peu démocratiques lobbys veut autoriser les OGM en plein champ.


Le pouvoir actuel est une honte: il brade le peu de valeurs, d'acquis sociaux, de vision du monde qui nous permettait de garder la face. Quand les opprimés du monde tournent leur visage vers la France, ils ne voient que leurs mines déconfite dans le reflet des lunettes noires de notre président. quand la langue Française se veut de nouveau celle de Kateb Yacine, de Césaire, de Fanon, quand elle pourrait redevenir ce fabuleux butin de guerre, cette arme miraculeuse, elle ne résonne dans la bouche du président que pour repousser l'opprimé hors de l'histoire (voir notre billet sur le navrant discours de Dakar).


Ne cherchez plus la France pour critiquer les guerres iniques, pour faire entendre une voix (si peu, mais quand même) différente. La France se repose sur le yacht d'un ami milliardaire. Ne cherchez plus la France pour effacer l'ardoise de la dette du Tiers monde, ni même pour taxer les billets d'avion, elle règle l'addition au Fouquet's avec des amis évadés fiscaux. Ne cherchez plus la France dans les combats immenses par les pavés, par les idées, par la dynamite, la France regarde la Star Academy et envoie des SMS en pleine messe avec le pape.


Je n'ai pas la candeur de croire en une « grandeur » passée de mon pays. Je dis juste l'amertume de ceux qui y ont vu un horizon, un « air de liberté au delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnait le vertige » et qui ne peuvent plus qu'y trouver la bassesse Sécurocrate, Atlantiste, Réactionnaire , Kolonialiste et Odieuse qui s'y étale, dans le déni des rêves mêmes fous qu'elle a pu susciter. Je dis ma douleur, de voir en mon nom et en celui de mon pays, des incultes dire de dangereuses absurdités quand le monde a soif d'une parole nouvelle.


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