A qui voudrait une belle illustration de la cruauté politique en milieu gouvernemental, à qui voudrait voir les déshonneurs auxquels mène l'obéissance aux rapports de forces actuel, l'actualité s'est montrée riche de deux jolies vacheries.
La première: Rama Yade s'ouvre, sur le thème brûlant des JO de Pékin, lors d'une entrevue à la radio. Elle y exprime les « conditions » qui rendraient possible la venue du Président à la cérémonie d'inauguration. Rien de bien engagé, me direz vous, quand on voit le nombre de dirigeants qui boycotteront la cérémonie. Mais bon, admettons. A peine a-t-elle formulé ces conditions que son ministre de tutelle dément, et parle d'une « bourde » de sa jeune secrétaire d'état. On passera sur cette soumission assez abjecte à la Realpolitik de la part d'un ancien de 68, pour se poser la question suivante: à quoi jouent ces deux là?
Moi, je serais secrétaire d'état, je ne parlerais pas comme cela d'engagements du président à la légère, ne serait-ce que pour ne pas dire de conneries. Donc, à moins de penser que Rama Yade est une abrutie, elle a forcément eu des signaux forts allant dans ce sens, de la part du président ou de son ministre de tutelle, Nanard le Poète. Le démenti du quai d'Orsay qui a suivi n'indique qu'une chose: deux messages contradictoires sont partis de l'exécutif.
Alors deux options : soit les ministres sont des perdreaux de la semaine, soit c'est volontaire. Je penche plutôt pour la seconde: Une façon, à mon avis, de souffler le chaud et le froid, de tâter l'opinion, de faire croire à une pluralité des valeurs au sein du gouvernement. Mais à la fin de l'acte, une fois les démentis publiés, retour à la case départ et application de la décision initiale, avec en cadeau un pseudo mini-débat pour bien montrer l' « ouverture ». Après cette couleuvre, à mon avis, Rama Yade aurait du démissionner, mais, et c'est là que le soufflé retombe, elle semble préférer le déshonneur de mille démentis ridicules (« la chine n'est pas une dictature ») à la porte claquée. Chacun ses choix.
Deuxième vacherie, en plein débat sur les OGM, Nathalie Kosciusko-Morizet défend une saine méfiance, face à des députés qui veulent voter à l'encontre de l'opinion, mais en accord avec les puissants lobbys Agro industriels. NKM évoque la lâcheté qui règne dans son camp, fustigeant avec une certaine dignité la non tenue des engagements du Grenelle par une majorité plus au fait des arguments des semenciers que de la volonté populaire (dont cette majorité se fout comme de l'an 40: on s'en doutait, maintenant c'est acté). Jean-Fraçois Coppé, en matador lamentable, lui portera l'estocade au nom de ses petits camarades députés-lobbyistes, en obtenant d'elle des excuses publiques. Là aussi, pas de démission (alors que ça aurait eu de la gueule et quelques retombées, je le pense), là aussi, fin de la parenthèse dorée (du conte de fée, plutôt) de la « droite à visage humain » qui se fendait d'engagements pour l'environnement, fin du pseudo-débat d' « ouverture » à l'écologie, retour à l'ordre et à l'autorité, envers et contre le bon sens et l'électorat.
Gaaaaaarde à Vous'!
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