samedi, décembre 13, 2008

Réformes couillues 1/5


Je compte bien m'inspirer des guignols qui nous gouvernent: à mon tour, je vais vous proposer une « réforme » par semaine. Si c'est pas du rythme, ça...Avouez que c'est colossal de la part d'un blogueur révolutionnaire qu'on taxe d'utopisme; allez, savoir, peut-être que moi aussi, comme le p'tit nerveux, « j'ai changé »...

Hum.

(roulement de tambour, trompettes)

Réforme de la semaine:

(re-roulement de tambours, re trompettes)

abolition de l'armée!

(coup de gong).



Ca nous coûte très cher d'entretenir ces types bas de plafond qu'on envoie flinguer et se faire flinguer en Afrique pour maintenir des régimes « amis »; Monsieur le Président, puisse que les « caisses sont vides » (mais jamais pour les banques), je te propose donc le maintien de forces de défense minimales: fais des logements sociaux avec tes casernes (tu pourras peut être alors répondre au « droit opposable au logement »), démantèle ces armes nucléaires qui ne servent à rien: malgré elles, une fourchette, une chaussure, une bouteille de gaz et des clous, un cutter arrivent à mettre en alerte l'occident. On a l'air malins avec notre « force de frappe ». Ferme ces bases à la con, qui ne servent qu'à maintenir les « gouverneurs à la peau noire » de feu notre empire. Et qui nous coûtent un blé monstre.


Mets les services secrets au Sudoku: ils seront toujours moins coûteux que la pléthore de barbouzes qui défendent les intérêts des grands groupes Français (aux frais du contribuable, bien sûr). Ras le fion, des Angolagate, des coups fumants pour défendre les intérêts de Total ici, ceux de Bolloré là. Ca ne fait qu'enrichir les actionnaires, ça nous coûte cher, et les Africains se démerderaient certainement mieux sans ces groupes néo-coloniaux qui, pour développement, ne proposent que celui de leurs bénéfices.

Ca crée des emplois? Ca rapporte de la thune en impôts? Sors les calculettes, Président,qu'on rigole: combien ça rapporte aux employés, à l'Etat, par rapport à ce que ça donne a engraisser notre oligarchie exportatrice? Marre de justifier par des miettes qu'on donne le gros gâteau à l'hyperbourgeoisie (bouclier fiscalisée, niche fiscalisée, de surcroît).

Mourir pour le complexe militaro-industriel

Monsieur le président: l'armée n'a jamais aimé la Nation; elle est un corps parasite qui se crée des besoins matériels et développe des usines à flingues qui innondent le monde de machines de mort. Démagogie? Et ce n'est pas de la démagogie, de nous sortir la « grandeur de la france », la « défense de ses ressortissants » et les « partenariats stratégiques » pour néo-coloniser la Françafrique? Pour servi de force d'appoint à l'OTAN dans des guerres foireuses?

Tu vois bien, Prez', à l'état actuel de l'Afrique, que notre politique militaire et étrangère aide au développement et à la paix comme l'essence aide à éteindre les incendies.

Monsieur le Président, voici donc la réforme que je te propose: ferme un peu plus sa bouche à la « grande Muette ». Ca coûtera moins cher, et ça nous évitera de passer pour des colons et des marchands de mort dans le tiers-monde.

Bien Cordialement,

Adso.

samedi, décembre 06, 2008

Grammaire de la domination

Il y a quelque chose dans notre modernité de terriblement puissant: cette modernité dissout tout ce qui vient à entrer en contact avec elle, transforme tout ece qu'elle touche en marché, façon Midas .Mettez des papous devant du coca, donnez du TF1 et de la bière aux polynésiens, et vous verrez comme en moins d'une génération, les mécanismes du marché seront totalement assimilés, sapant les bases de la vieille société mais créant de nouvelles aliénations.


En linguistique, on observe que des populations mises en contact et qui inventent une langue commune (par exemple les coupeurs de canne à sucre d'Hawai, qui venaient de partout), pratiquent d'abord un « Pidgin », rudimentaire, pas vraiment une langue, une juxtaposition de mots bricolés. Mais qu'ils viennent à avoir des enfants, que passe une génération, et ces enfants en feront une langue, lui attribueront une grammaire.

Le marché et l'état agissent de cette même façon. Nos arrières grand-parents, paysans de France pour la plupart, furent brutalement brassés et exposés à la violence d'Etat (par la première guerre mondiale, super utile) et au marché (par l'exode rural puis le développement de la société de consommation).

GRAMMAIRE

Si vous avez eu la chance de connaître un de vos arrières grands parents, peut-être saisirez vous facilement le parallèle que je viens de faire entre langue et marché. Souvenez vous comme les structures du capitalisme et même de l'Etat centraliqé leurs étaient étrangères, comme le marché s'arrêtait pour eux...à la place du marché. Leurs enfants ont bricolé un « pidgin » de marché, à tâtonnement, entre planification et capitalisme, entre ville et campagne. Leurs petits enfants ont connu les dogmes libéraux, leur « grammaire » profonde, et ils y ont cru (faut dire que c'était bien huilé). Et leurs arrières petits enfants sont entièrement intégrés à la société marchande, ils ne pensent que par elle: il savent acheter un portefeuille d'obligations, ils ne savent plus se faire cuire un oeuf. Ils comprennent les subtiles différences entre Bayrou et Ségo, mais ils ne peuvent imaginer une sortie du système politique et Economique actuel. En somme, ils habitent le capitalisme, ils vivent l'Etat.

Image russe trouvée grace à l'excellent site "Dark Roasted Blend"

Je ne nierai pas les apports de cette modernité: pénicilline, libération de la femme et ouverture des universités en sont des exemples clés.

Mais ce marché global, ce pouvoir centralisé, ce sont des réalités que nous avons autorisées, et qui nous dépassent et dévorent toujours plus de secteurs de l'économie non-marchande. Vous pensez certainement quand je dis ça, à l'Eau, à l'Education comme secteurs non marchands que nos sociétés « ouvrent » aux capitaux.

SUPER MARCHE

Je pense que le marché va bien au delà: quand des firmes pharmaceutiques veulent déposer un brevet sur une molécule dont la plante productrice est connue par des indiens depuis des millénaires, quand pour manger un sandwich il faut aller l'acheter dans un magasin normalisé iso-mes-couilles, quand pour s'assurer que le lait qu'on boit n'est pas issu d'élevages concentrationnaires il faut payer la dîme de la certification bio, quand vous voulez faire du purin d'ortie comme mamie pour vos légumes, et que la loi vous interdit de faire la promotion d'un intrant agricole non certifié (pour le plaisir des empoisonneurs de terre, certifiés,eux)...on se rend compte à quel point les domaines non marchands( apprendre, cuisiner, jardiner, ou même du petit marché (artisanat, marché local) sont de plus en plus marchandisés, intégrés, comme les deux premiers étages de l'économie son cannibalisés par le troisième, pour suivre la pensée de Braudel (1).



Elle est là la jonction entre l'autonomie souhaitée par l'écologie politique, la justice sociale, et la liberté que la gauche anti-autoritaire a toujours pronée: dans le fait que j'aimerais savoir me faire cuire un oeuf, mais que ce qu'on me propose, c'est l'obligation d'une agriculture industrielle très normalisée (au nom du risque sanitaire, je ne suis pas sûr d'avoir le droit de posséder une poule!), que si je veux du bio, il me faut passer par un label (encore un marché!), que je l'achète au super marché en enrichissant des voleurs qui exploitent leurs caissières (ça c'est pour le marché...mais aussi pour la justice sociale!), et que rien n'est fait pour m'apprendre à le cuire cet oeuf (on m'expliquera plutôt où acheter ma préparation culinaire toute faite).

Redécouvrir l'économie non marchande, celle du don, de l'échange, celle des gestes quotidiens, c'est mieux vivre, ne pas vivre par et pour des cons. C'est plus fatiguant que d'aller au supermarché, c'est sûr; mais Thucydide nous avait prévenus: « il faut choisir: se reposer ou être libre ».


(1): De Braudel, si vous ne le connaissez pas, lisez "la dynamique du capitalisme", une tuerie d'une centaine de page sur l'hidtoire de l'Economie Monde. Il y résume sa théorie des trois "étages de l'économie". Je vous le conseille de tout coeur.



jeudi, décembre 04, 2008

LSD, traders et Univers Parallèles: un trio amoureux

Que devient le pognon perdu en bourse? Quand le CAC se fait lipo-sucer, ou que c'est qu'on la retrouve cette graisse excédentaire de thune?

J'ai longtemps cru qu'elle atterrissait par un réseau hyper ramifié vers cet univers parallèle, celui qui contient toutes les pensées envolées, les mails supprimés et les demi paires de chaussettes dépareillées.

Mais je n'ai rien trouvé dans les ressources cybergéographique à ce sujet.

Brandissons donc notre rasoir d'Occam des familles: l'explication la plus simple est souvent la meilleure.

Cette thune n'a jamais existé. Quand on donne une valeur en bourse à une entreprise dix fois supérieure à la valeur réelle de ses actifs, et bien 90% de cette valeur est contitué de walou-rien-allégé. Comme tout le grisbi qui circule sous forme de crédit, masse bien supérieure à ce qui est remboursable.

Et pourtant, cette thune virtuelle sert à acheter des 4x4 bien réels aux actionnaires et arrondit le bas de laine des traders au delà de leurs espérance, et de la décence.

LEUR UTOPIE CONTRE LA MIENNE

On dit que ces gens là ont des responsabilités, qu'il faut rémunérer. On trouve donc normal de leur donner une petite part de ce qu'ils ont généré. Sauf que quand leur extra-lucidité est prise en défaut et qu'ils coulent la boîte en laissant sur le carreau plein de gens...eh bien on ne leur demande pas de rembourser au pro-rata de leur pertes.

Privatiser les gains, mutualiser les pertes: c'est ça aussi, la « responsabilité » de cette bande de branlotins. Alors quand on me dit que je suis un rêveur, un irresponsable...