J'en connais qui vont s'en vouloir d'avoir cru que je n'étais qu'un contestataire aigri: à mon tour d'être « force de proposition », comme on, dit dans les salons, bordel. Après tout, bien que le lait noir de la révolution ait encore laissé son goût amer au fond de ma gorge, il est des réformistes, comme Allende, que je préfère à certains révolutionnaires, comme...vous savez qui.
Alors...
(roulement de tambour)
...tierce réforme couillue...
(roulement de tambour)
...Cantine Bio pour tous!
DU SUCCES EN AGRICULTURE ET DES JOIES DU PROGRES
Ca tombe bien, on parlait de lait, plus haut. Mais je m'égare. Alors oui, je l'admets, c'est une réforme gagne-petit: on n'est pas exactement dans l'effacement de l'état, ni dans la contestation à tout crin du système de production et de partage des richesses.

Mais enfin, voilà où on en est: la France a été un lieu moteur du développement de l'agriculture Biologique. Or, notre joyeux système agro-alimentaire industriel a réussi le quadruple exploit de vider les caisses européennes, de produire des excédents, de pourrir notre environnement et de ruiner les producteurs du sud en faisant d'effondrer les cours. Après du gros lobbying bien vulgaire, on a même réussi à criminaliser les mecs qui feraient la promotion de purin d'ortie, au titre que leurs produits ne disposaient pas des accréditations des labos militaro-agricoles qui nous niquent les abeilles, les sols et la santé. Bref.
On va me dire: La « Bio », c'est cher, sale bourgeois.
C'est vrai que c'est cher. Le résultat de notre agriculture industrielle a en effet été une considérable baisse des prix de l'alimentation en cinquante ans, et il est clair que le retour a une agriculture raisonné demande plus de travail. Et bien moi, en gentil décroissant, je verrais d'un bon oeil que le poste alimentation prenne une place plus importante que l'achat de gadgets, les coûts de transports, et les loyers liés à la spéculation. En gros, je ne serais pas choqué d'un réequilibrage des postes: ça me semblerait plus « Normal », si on me permet cet archaïsme.
"LA BIO, C'EST CHER"
C'est vrai que c'est cher. Mais nos républiques vieillissantes, si promptes à nous diffuser des spots merdiques sur le respect des avertissements du CSA, nos vieux pays qui nous font des films bien amalgamants sur la sécurité des mineurs sur internet, comment se fait il qu'ils acceptent que leurs enfant sur-bunkerisés continuent à manger des tranches de jambon translucides, du poulet plastique qui se détache tous seul de l'os? La santé commence dans l'assiette m'a t-on dit. Alors apprenons aux mômes à apprécier la vraie bouffe et pas la merde industrielle, tudieu.

C'est vrai que c'est cher: mais l'autre terme de l'alternative est combien plus coûteux! La disparition de l'agriculture paysanne, je sais bien qu'on s'en fout parfois à Paris, mais en terme d'autonomie, ça pèse. Quand nos sols seront bien dégradés par la surexploitation et l'usage d'intrants merdiques, ça risque de coûter cher de faire pousser des patates. Ou quoique ce soit, d'ailleurs.
DU FRIC!
Alors oui: il faut mettre du pognon public là dedans, en mettant la bio au menu des cantines des gamins, comme c'est le cas dans les cantines gérées par les mairies en Italie. Ce sera un vrai service public de santé et un appui certain à une filière écartée des marchés en dépit du bon sens. Et si on pouvait mettre l'oseille du pays là dedans plutôt que dans de vastes conneries militaires et d'abérants abatements fiscaux...
1 commentaire:
ça marchera jamais !
Enregistrer un commentaire