samedi, janvier 31, 2009

Le cycle de réformes que j'ai proposé s'achève. Il était temps, je me sentais vieillir. Pour un peu, j'aurais même parlé impôts...Ben tiens, justement, on va en parler.


Réforme couillue ultime...

...(roulements de tambour)...

...Fiscalité!


Oui, Fiscalité. Alors oui, tu vas me dire, « ah ouais mais les impôts, t'as vu, j'avoue, tac tac, na-na-ni-na-na-na, t'inquiètes, vite fait » (car tu es un jeune). J'opine. Tu m'as connu moins étatiste, copain, mais les choses étant ce qu'elles sont, la fiscalité c'est ce qui reste à l'Etat pour fonctionner le moins injustement possible.

PAS BESOIN DES EGOISTES

Alors ma réforme fiscale, elle est simple: baisse de la TVA, l'impôt qui frappe même les prolos, qui n'en avaient pas besoin. Démantèlement du « bouclier fiscal ». Les riches risquent de se barrer en Belgique? Et bien qu'ils y restent: si on les voit gémir de Gsdat, d'Ixel, de Kensington ou d'ailleurs et sangloter qu'ils aiment la nation, mais pas assez pour payer des impôts, c'est qu'ils ne nous seront d'aucune utilité pour la construction d'un projet solidaire.


On n'a pas besoin de ces vautours. Qu'ils se barrent avec leur pognon à la con. On a largement de quoi nourrir tout le monde ici.

ARNAQUER LES PAUVRES

Quant aux impôts sur l'héritage, je pense qu'un libéral sincère ne peut envisager leur disparition: après tout, les chantres de l'égalité des chances dans la fosse aux lions n'ont de système valable que...si la naissance ne garantit pas l'aisance. J'avais lu quelque part que les héritages étaient très taxés chez les anglo-saxons jusque dans les années 80 ; c'était l'époque où un fond de libéralisme sincère (ce qui est toujours ça de pris) garantissait au moins une redistribution pour brouiller les avantages de la naissance. Ca avait au moins le mérite de la cohérence.

Sans parler du fait que quand le gouvernement nous dit que c'est une mesure populaire sous prétexte qu'elle va toucher du monde, on se fout carrément de notre gueule. Nous faire croire que faire économiser 10 000 balles à Mourad et Michel et faire gagner quelques millions à Charles Edouard est une affaire...c'est juste prendre les prolos pour des jambons beurres. En effet, les millions d'impôts de Charles Edouard, c'est autant de pognon (en théorie) dans des équipements pour Mourad et Michel, équipements...qu'ils devront payer d'une autre manière! Conclusion: là où je suis d'accord avec la droite, quand je vois le succès de Monsieur S chez les pauvres, c'est que la classe laborieuse n'est pas un filtre à cons (comme aucune autre, d'ailleurs).


Quand à la « moralisation » du capitalisme...si la France commençait à radier les conventions qu'elle a avec les différents paradis fiscaux, on pourrait au moins faire semblant d'y croire. Voilà une réforme qui, en dépit des « avantages comparatifs » perdus pour nos entreprises, aurait sacrément de la gueule.

RENDEZ LA THUNE!

Résumons nous pour finir: Marre des baisses d'impôts pour les riches et de l'augmentation des impôts indirects qui frappent la collectivité! Marre des niches fiscales à la con sur les pur sang et les résidences secondaires! Marre des subventions aux patrons voyous! Amis rupins, sortez les chéquiers, rendez ce pognon qui passe plus en plus du Travail au Capital, redustribuez les sous à ceux qui en ont besoin...ou restez à Davos, on se servira nous même!


dimanche, janvier 25, 2009

Réforme couillue 4/5

A tous ceux qui comme moi ont voté pour des canailles en pensant faire moins mal qu'en s'abstenant, voici la réforme du jour, couillue comme il se doi(g)t.

Réforme couillue de la semaine...

...Roulement de tambour...

Gong (!)

DEMOCRATIE!

Alors oui, on va me dire, viens-y voir en Lybie ou en Chine, si c'est pas démocratique la France, mauvais patriote. C'est vrai. Mais un peu d'ambition politique n'a jamais fait de mal, et j'aspire à mieux que de voter Ségo pour contrer Sarko.

Comme ça, c'est dit...

Je ne vais pas m'étendre sur le caractère de plus en plus futile des choix électoraux que l'on a; mes camarades zélateurs de se système le reconnaissent eux-même: les choix sont rarement exhaustifs, et tout mène à une polarité de plus en plus molle PS/UMP. Ca ne m'empêche pas de m'intéresser aux prud'hommales et aux municipales, mais avouez qu'il y a plus bandant.

TOUT LE POUVOIR AU(X) PARTI(S)!

Car ce qui caractérise les politiques professionnels bien d'avantage que le fait (touchant) que ce soient des hommes blancs (et à mon avis, avec une lecture bien plus pertinente, que ce soient des bourges membres de l'élite et juchés sur les épaules de partis), c'est justement...leur caractère de professionnel de la politique.

Je lis en ce moment un 'tit bouquin de la fondation Copernic, malicieusement nommé « Voter et se taire », qui pour l'instant me plaît bien. Parce qu'il pose les questions que ni politiques ni médias, parties prenantes d'un système endogène à souhait, ne posent plus. A part se gargariser de notre démocratie vieillissante à part galvauder les expériences de démocratie participative, à part se poser d'obscures questions entre constitutionnalistes sur le fonctionnement du parlement, qu'avons nous eu de neuf sur la question?

FRA-TER-NI-TE! FRA-TER-NI-TE!

Il nous faut retrouver les formes de démocratie réelle, celles de l'assembléisme, de la révocabilité des élus, du mandat impératif et de la démocratie participative réelle (qui est juste autre chose que de faire écrire son programme par des forums internet).

Il ne s'agit pas de poser quelques rustines, comme en suisse où la loi permet à 500 000 personnes de paralyser un parlement avec des pétitions sur la vaccination des cleb's. Il s'agit de désarmer les pouvoirs, d'arrêter de signer des chèques en blancs aux élus, de faire participer tout un chacun à l'élaboration de la politique. C'est vraiment ça l'enjeu: savoir sacrifier un peu d' « efficacité » en déprofessionnalisant la politique.

Castoriadis, que j'écoutais chez Mermet, le rappelle (émission téléchargeable ici). En Grèce, les responsabilités de politique générale étaient tirées au sort. Les experts (les généraux, par exemple), eux, étaient « élus » sur leurs

compétence (plutôt que choisis en fonction de leur idéologie). Car on apprend à faire de la politique en faisant de la politique. Cela peut choquer, dans notre Expertocratie où le pouvoir s'éloigne de plus en plus des gens. En effet, on me dit souvent « mais tu veux faire gouverner des gens qui ne savent pas le faire ou ne le veulent pas ». L'argument tombe quand les « dirigeants » très temporaires s'éduquent en apprenant sur le tas. Ils seront bien obligés de se sentir concernés.

Pour citer Montesquieu, qui avait oublié d'être con, "Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie."


Alors la réforme?


Et bien on fera un intéressant premier pas quand on trouvera des pouvoirs de plus en plus réels aux conseils locaux. Quand les mandats diminueront en durée et en cumul. Quand les conseils de quartier verront leur pouvoir grandir. Toutes ces réformes ne pourront se faire, au début, qu'à l'échelle municipale.

PARADISE NOW!

Mais avouez que si on devait passer quelques heures par semaine pour la gestion de la collectivité, si en somme la politique revenait faire partie de la vie, si les mandats étaient « démythifiés » et déprofessionnalisés, si la réponse à « je m'intéresse à la politique » était autre chose que « prends ta carte et choisis entre Titine et Ségo », on serait beaucoup plus motivés à s'intéresser à la chose publique, n'est-ce pas?


Alors à vos blogs, à vos clubs, à vos Dazibaos.

Inventons!


mercredi, janvier 14, 2009

REFORME COUILLUE 3/5

Et une troisième réforme, une!


J'en connais qui vont s'en vouloir d'avoir cru que je n'étais qu'un contestataire aigri: à mon tour d'être « force de proposition », comme on, dit dans les salons, bordel. Après tout, bien que le lait noir de la révolution ait encore laissé son goût amer au fond de ma gorge, il est des réformistes, comme Allende, que je préfère à certains révolutionnaires, comme...vous savez qui.


Alors...


(roulement de tambour)


...tierce réforme couillue...


(roulement de tambour)


...Cantine Bio pour tous!


DU SUCCES EN AGRICULTURE ET DES JOIES DU PROGRES

Ca tombe bien, on parlait de lait, plus haut. Mais je m'égare. Alors oui, je l'admets, c'est une réforme gagne-petit: on n'est pas exactement dans l'effacement de l'état, ni dans la contestation à tout crin du système de production et de partage des richesses.



Mais enfin, voilà où on en est: la France a été un lieu moteur du développement de l'agriculture Biologique. Or, notre joyeux système agro-alimentaire industriel a réussi le quadruple exploit de vider les caisses européennes, de produire des excédents, de pourrir notre environnement et de ruiner les producteurs du sud en faisant d'effondrer les cours. Après du gros lobbying bien vulgaire, on a même réussi à criminaliser les mecs qui feraient la promotion de purin d'ortie, au titre que leurs produits ne disposaient pas des accréditations des labos militaro-agricoles qui nous niquent les abeilles, les sols et la santé. Bref.


On va me dire: La « Bio », c'est cher, sale bourgeois.


C'est vrai que c'est cher. Le résultat de notre agriculture industrielle a en effet été une considérable baisse des prix de l'alimentation en cinquante ans, et il est clair que le retour a une agriculture raisonné demande plus de travail. Et bien moi, en gentil décroissant, je verrais d'un bon oeil que le poste alimentation prenne une place plus importante que l'achat de gadgets, les coûts de transports, et les loyers liés à la spéculation. En gros, je ne serais pas choqué d'un réequilibrage des postes: ça me semblerait plus « Normal », si on me permet cet archaïsme.

"LA BIO, C'EST CHER"

C'est vrai que c'est cher. Mais nos républiques vieillissantes, si promptes à nous diffuser des spots merdiques sur le respect des avertissements du CSA, nos vieux pays qui nous font des films bien amalgamants sur la sécurité des mineurs sur internet, comment se fait il qu'ils acceptent que leurs enfant sur-bunkerisés continuent à manger des tranches de jambon translucides, du poulet plastique qui se détache tous seul de l'os? La santé commence dans l'assiette m'a t-on dit. Alors apprenons aux mômes à apprécier la vraie bouffe et pas la merde industrielle, tudieu.


C'est vrai que c'est cher: mais l'autre terme de l'alternative est combien plus coûteux! La disparition de l'agriculture paysanne, je sais bien qu'on s'en fout parfois à Paris, mais en terme d'autonomie, ça pèse. Quand nos sols seront bien dégradés par la surexploitation et l'usage d'intrants merdiques, ça risque de coûter cher de faire pousser des patates. Ou quoique ce soit, d'ailleurs.

DU FRIC!

Alors oui: il faut mettre du pognon public là dedans, en mettant la bio au menu des cantines des gamins, comme c'est le cas dans les cantines gérées par les mairies en Italie. Ce sera un vrai service public de santé et un appui certain à une filière écartée des marchés en dépit du bon sens. Et si on pouvait mettre l'oseille du pays là dedans plutôt que dans de vastes conneries militaires et d'abérants abatements fiscaux...

dimanche, janvier 11, 2009

REFORME COUILLUE 2/5

Allez, on reprend le train des réformes « couillues »: on en est à la deuxième sur cinq, pas le moment de lâcher. Donc réforme couillue du jour, quitte à me répéter:

(roulement de tambours)


La réforme des sociétés de presse!

(Gong).

Alors oui, j'en ai déjà parlé dans ce billet. Pour simplifier mon propos, je vais quand même remâcher tout ça.



En quelques mots, je vous rappelle la solution proposée par Hubert Beuve Mery , sa « proposition de loi pour la constitution de sociétés de presse à but non lucratif ». Le but est de garantir l'indépendance des sociétés de presse par leur statut même. Libérées de la corde de rappel du profit, impossibles à racheter et donc à devenir la courroi de transmission de groupes industriels, les sociétés de presse les sociétés de presse pourraient ainsi exercer hors les risques de connivences, de prédation des actionnaires, et des copinages honteux qu'on a pu connaître sous Nicolas Ier.

« Le seul moyen d’éviter cet obstacle de l’argent à la sauvegarde de la totale indépendance de la société consiste dans le renoncement définitif des associés aux profits sociaux. », pour citer cousin Hub'. Par parenthèse, ça n'empêche nullement l'entreprise de verser des salaires et d'investir.



Pour finir, je laisse le dernier mot à Claude Julien, dont le texte sur le site de l'ACRIMED a largement inspiré ce billet.

« Les journaux qui opteraient pour un tel statut (celui de société à but non lucratif) n’auraient donc guère de chances d’exciter la convoitise des affairistes. Ce sont ces journaux qui bénéficieraient d’un régime fiscal de faveur et des aides publiques (timbre, entre autres) que l'état n’aurait évidemment plus aucune raison d’accorder aux entreprises de presse choisissant le statut d’une société commerciale. Serait supprimée l’aide que l'état accorde aux quotidiens à faible capacité publicitaire. En 1984, cinq journaux (La Croix, L’Humanité, Le Matin, Libération, Présent) se partagent à ce titre une douzaine de millions de francs. Détestable sélection en fonction de critères commerciaux, à laquelle il serait bien préférable de substituer une sélection en fonction du statut - commercial ou à but non lucratif - librement choisi par chaque entreprise de presse. »


A bientôt chers lecteurs!


dimanche, janvier 04, 2009

BONS BAISERS DE GAZA

Bonne année à tous. Nous interrompons notre programme de "réformes couillues "pour un interlude spécial.

C'est officiel: l'armée israélienne lance une offensive terrestre sur la bande de Gaza. Une attaque qui ne trouve aucun écho favorable, y compris dans l'opinion israélienne, si j'en crois les récents sondages.

DU "PLOMB DURCI" DANS L'AILE DES COLOMBES

Je passe sur les effets éminemment pervers d'une telle offensive, qui ne manquera pas d'exacerber la haine farouche des gazaoui déjà bien énervés par le blocus « de facto » qu'on leur impose, le chômage endémique qui découle de l'inactivité de son port et autres joyeusetés. La dernière fois que les riants blindés de Tsahal sont sortis de leurs casernes, c'était pour la très contestée offensive du Liban, qui n'a fait que renforcer l'aura du Hezbollah sans offrir de répit à long terme à la Galilée.



Ce qui me choque, surtout, c'est l'immense disproportion de la riposte israélienne, attisée selon certains par la campagne électorale et qui, à mon avis, est d'avantage le résultat de la doctrine militaire contre-insurrectionnelle de l'état Hébreu, recette qui a si mal marché au Liban et lors de la seconde Intifada.


Mais les Israéliens ont leur logique, pas si éloignée de celle pratiquée par l'occupant Français en Algérie ou à Madagascar « au temps béni des colonies », comme dirait l'autre: logique coloniale du « tu m'en tue un, je t'en tue cent », logique qui n'offre que des répits à moyen-terme, tant elle recouvre la victoire militaire par la défaite politique qui la suit. Et le retrait officiel des colons de Gaza n'y a pas changé grand chose, tant l'étau autour de la Bande est fort.

LE TEMPS BENI DES COLONIES

Logique, je le disais, parce que, et cela ne justifie rien, si la France recevait des roquettes d'un voisin, elle riposterait elle aussi. Logique si l'on s'en tient au modèle de la guerre conventionnelle entre deux états souverains: le seul problème, c'est que la Palestine, c'est tout sauf un état souverain, et la responsabilité en retombe largement aux Israéliens, qui, de checkpoints en fouilles humiliantes, de colonies en blocus, de destructions des infrastructures étatiques en fermetures des frontières,accule le peuple palestinien à la violence.



N'en déplaise aux occidentaux, il n'y a là rien à voir avec une bien imaginaire attitude « arabo-musulmane » (sic) ou « islamique ». Les peuples asservis réagissent toujours ainsi. Pour mémoire, l'Allemagne, foyer de notre civilisation pendant des siècles, berceau des idées et des arts, a voté massivement dans les années 30 pour l'escroquerie idéologique et la folie de masse quand elle fut acculée au chômage et à l'humiliation. Je ne crois pas aux « peuples idiots » dont on nous bassine au café du coin (et puis nous avec notre inculte et bling bling monsieur S, on peut parler). Je crois juste que le système démocratique qu'on nous vend si mal sélectionne les démagogues. Je crois aussi, pour prolonger l'analogie avec la France coloniale, que les israeliens qui reçoivent une roquette sont entrainés par un affect bien naturel, qui leur fait oublier la disproportion de leur riposte, tout comme l'opinion Française s'est durcie quand des Pieds Noirs mourraient dans les attentats à la bombe en Algérie.

LES "LECONS" DE LA CRISE

Alors que faire? On peut déjà tirer deux leçons de la crise (c'est à la mode), même si pour moi ces deux leçons sont deux facettes d'une même médaille: premièrement, ni les murs ni les soldats n'arrivent à maintenir un système colonial, quelqu'en soit la forme (apartheid, occupation ou même « cloisonnement » à des « bantoustans »), et quelque soient les "génies Nationaux" mis en confrontation. L'Afrique du Sud en fut le parfait exemple, tout comme elle fut l'excellent exemple d'une sortie de crise que je souhaiterait voir imitée au proche orient. Deuxièmement, le comportement des Etats dans cette affaire (Gouvernement Israélien, populistes qui dirigent Gaza et Egyptiens qui se gardent bien d'ouvrir la frontière à leurs « frères », immobilisme des européens et complaisance américaine) est déplorable tant il se met au « ras les pâquerettes » de l'analyse politique à long terme. C'est aussi cette logique étatique, celle de pays aux peuples électeurs pour la plupart, cette légitimité à écraser les mouches au marteau ou à ne rien faire, qu'il faudra interroger. Logique de la délégation de la violence, du « monopole de la violence », qui, par définition, ne supporte aucun interlocuteur et aucun contre pouvoir réel.


En attendant le décompte macabre des civils palestiniens qui tomberont sous les obus et des soldats israéliens morts pour rien, je vous souhaite une excellente année 2009.


Et surtout la santé...