vendredi, février 25, 2005

communautés

Pour reprendre ce que j'avais posté (Voir wikicopistes) , je dois avouer que bien malgré moi je retourne à une forme d'optimisme politique. Au fond toute médaille a son revers et à quelque chose malheur est bon. J 'ai pas mal tendance à critiquer la dérive néo libérale qui balaye le monde, avec au ventre la trouille de nous voir tous livrés au marché impersonnel et globalisé. Phobie bien courante de nos jours, me direz vous.

Mais peut-être les libéraux ont-ils à leur tour une révolution de retard. Internet, que j'avais souvent comparé à un super minitel est sûrement cette nouvelle matrice des bouleversements de demains. Et ce n'est pas ici un lieu commun maintes fois entendu de la bouche même des marchands de tout, qui n'y ont vu, braves gens, qu'un nouveau supermarché. Non.

Tout viens, je le pense, du fait qu'en zone riche comme la notre, le prix des biens matériels (à l'exception notable du logement) essentiels à nos existences ne cesse de baisser, et les possibilités à venir, en particulier du fait des nanotechnologies, augurent un avenir encore meilleur. Je ne m'inquiètes pas pour le marché, qui saura retrouver dans l'information et les loisirs, une nouvelle marchandise, une nouvelle foire.

Mais enfin, rien ne nous force à vivre en quête des besoins publicisés à venir. Aussi, si l'on s'en tient à l'avenir à la saine ascèse consistant à ne pas acheter des portables qui font le café et des voitures bioniques, on devrait pouvoir subvenir à ses propres besoins sans s'échiner. Libre aux autres de se crever le cul pour se payer la dernière console, la meilleure bagnole. Je ne prétendrais plus jamais avoir à porter la responsabilité de la stupidité de notre société. Promis.

La révolution que les mecs de droite ne voient pas venir, nous en trouvons l'avant-garde chez certains étudiants. Je pense à ces grands campus d'étudiants où l'on a su instaurer une certaine forme de partage et de prospérité culturelle en dehors du circuit économique traditionnel. Ainsi la plupart de ces étudiants sont ils fauchés comme les blés, mais ils se trouvent dans un univers ultra connecté, mettant en commun fichiers et programmes, concerts, soirées et simples discussions. Parfois par des méthodes se situant aux franges de la légalité, ils disposent de tout ce que l'information peut offrir tout en se nourrissant de coquillettes hard discount, ne participant à l' « économie réelle » que par de petits boulots et achats assurant ce mode de vie.

Ces fantassins d'une révolution dont beaucoup ignorent jusqu'aux enjeux savent à merveille trouver ce qui est gratuit quand tout est payant, voir le créer (je pense à leur participation aux projets freewares, à leur bénévolat réel et informatique). Les plus techniciens peuvent bricoler de petits programmes, les moins bidouillards peuvent écrire l'article « Proust » de Wikipédia ou donner des cours gratuits aux enfants, s'engager. Cette civilisation du temps libre, est mon utopie, mon « Paradise Now » à moi, mon éden perdu aussi. Je sais bien qu'il ne concerne qu'une marge de marge, bien que le mode de vie Bobo en vigueur dans mon coin de Paris n'en soit peut être que la continuité. Et les jeunes gens sont de plus en plus nombreux et de moins en moins jeunes à ouvrir de véritables lézardes dans les murs de l'empire, à instaurer de joviales Zones d' Autonomie Temporaires.

Et en fin de compte, je trouve ce projet beaucoup plus sympathique que celui de la croissance exponentielle, qui me propose de me tuer à la tâche pour des trucs dont je n'ai pas besoin.

jeudi, février 24, 2005

Babtou attitude


Quand un américain vient à ne pas savoir où se situe la France, on se gausse, on se dilate la rate, ah franchement, ces amerloques, quelle bande d'incultes. Quand on montre un noir à un Français pâté rillettes, il nous dit, au mieux, qu'il est Africain, au pire, qu'il est noir. Plus vague, t'es dans l'espace interplanétaire. Et si l'on critique, si l'on vient à dire que les Français ne font pas de différence entre le Swahili et le Wolof, entre le Bénin et le Congo, vous verrez qu'on nous dira qu'on pinaille. C'est vrai, quoi, on est pas à quelques milliers de kilomètres près. Quand on voit la tronche des bretons que l'on prend pour des Normands et Lycée de Versailles, on comprend qu'on a une échelle des distances bien subjectives.

Alors, bien sûr, il y a la distance, qui fait que l'homme de la rue dis de son voisin coréen qu'il est un Chinois, alors qu'il fait particulièrement la différence entre Chatillon et Montrouge. Mais il y a plus. Qu'est ce qui fait au fond que les américains confondent les espagnols et les Français, et que les Français prennent les Kabyles pour des arabes?

La réponse tient en un mot: la Vassalité. Et oui, pour bien des Américains, nous ne sommes qu'un pays parmi tant d'autres en Europe ou fut imposée la Pax Americana, un débouché entre des dizaines pour leurs produits culturels.

Il en va de même pour le Français considérant les bribes de son empire colonial:Après tout, ce sont des pauvres et ils ont la peau sombre. Tout ça, c'est pareil. Ils vivent écrasés de notre présence commerciale, diplomatique, quand elle n'est pas militaire, nos braves vassaux. La Françafrique a de beaux jours devant elles, tout comme l'alliance Atlantique, alors, pourquoi diable faire la différence parmi nos sujets, not'mossieur, not' bon maître.

Et vous noterez qu'il y a plus de Français connaissant la différence entre la Floride et l'Utah que d'américains différenciant le Beaujolais du Vexin, de même qu'il y a plus d' « Africains » sachant faire la nuance entre la Picardie et la Champagne que d'hexagonaux capables de ne pas confondre Les royaumes du Dahomey et du mali, Kinshasa et Libreville, impérialisme culturel oblige!

To yen' êt' Breton? Y'abon, les Normands!

mercredi, février 23, 2005

Crad Putt

Le cinéma est un art industriel, certes. Doit on pour autant tout lui passer? J'en doute. Cela fait des mois que je n'ai pas foutu un orteil dans les salles obscures, et j'en ressens comme une culpabilité. C'est vrai ça, il faut sortir, s'ouvrir, participer à la vie culturelle.

Mais bizarrement, il y a des trucs qui m'en coupent l'envie. Pour commencer, il y a le battage grandiose que l'on fait au sujet des acteurs. Le réalisateur, lui, généralement, on s'en fout; à croire qu'il n'est qu'un simple salarié du producteur. Acteurs, donc, dont le niveau intellectuel frise parfois le ridicule, « témoignant » de l'aventure forcément « formidable » que fut le tournage, semant ça et là des anecdotes qui feraient s'endormir un comptoir. Mais enfin,qui fait le film? Fait on autant de cas des modèles de peinture quand il s'agit de parler d'un tableau? Passons le cas des acteurs devenus par la magie de la promotion réalisateurs: je leur fait autant confiance dans cette entreprise technique et artistique que je ne la donne a Mona Lisa ou à la Goulue pour peindre.

Les films, ça se sent bien, ont une durée de vie de plus en plus courte, et il s'agit pour la production d'assurer le maximum de promotion dans les semaines qui en précèdent la sortie. Au risque de faire se répéter d'un jour à l'autre des acteurs devenus VRP sur les mêmes lieux communs, jusqu'à la gerbe s'il le fallait. Oui, le film qu'ils viennent « défendre » (mais qui l'attaque? Mais qui en a quelque chose à foutre?) est unique, révolutionnaire. Ce marathon croisé de starlettes et d'abrutis errant de plateaux en plateaux au gré de leurs attachés de presse, ânonnant les mêmes bassesses sombrement crétines a chez moi l'effet inverse de celui que l'on attendait: éreinté de voir que chaque fois qu'un type est invité sur un plateau ou répond a une entrevue, c'est pour son actualité, entendez ce qu'il veut nous refourguer, je fuis cette invasion, cette diarrhée de films sitôt sortis déjà oubliés.

J'en oublie même de venir « me divertir » en nourrissant une industrie qui saura toujours plus suivre la demande du public et lui offrir plus niais, plus vain, et plus cher que jamais. Que les producteurs claquent leur oseille dans de magnifiques plateaux de tournages et effets spéciaux, que les réalisateurs sombrent dans une mise en scène si consensuelle qu'on la croit absente, que les acteurs s'échinent à nous parler pour la millième fois de comment ils sont « entrés dans la peau du personnage pour ce véritable rôle de composition », qu'ils tapent dans le dos des présentateurs en leur expliquant combien ils se sont éclatés sur le tournage, que ces mêmes présentateurs me conseillent vraiment de voir ce film parce qu' « il est magnifique et qu'il vaut le détour », comme étaient magnifiques et valaient le détour tous les films du mois qu'ils ont servilement mis sur leurs fiches, que des pipoles dont sauf votre respect, je me cague, se soient rués sur l'avant première et nous avouent en pleurant qu'ils y ont pleuré, de tout ce battement incessant, vain et lamentable, de ces promos à rallonge mal réchauffées, de festivals et de remises de césars, d'oscars ou chacun vient montrer qu'il est bien sapé, et où l'on parle de tout sauf de cinéma, de tout ce petit monde friqué beau et con comme un manche qui vient jouer les pique-assiettes à chaque soirée que de plus fortunés qu'eux organisent, de leurs potins mondains sur leurs collègues, du fait que le film ait fait des millions d'entrées et que sa BO soit vaguement originale, du succès croissant d'un cinéma Français qui n'a rien trouvé de mieux pour dépasser les super productions américaines que des les imiter, enfin de tous ces moulinets médiatiques que l'on fait pour que je crache mes euros en allant voir leur navet, je m'en tape comme il est à peine possible de l'imaginer.

OUUUUF! CA FAIT DU BIEN!

Fait comme moi, copain. Si tu ne vois pas d'effet marquant au bout de deux semaines, je te rembourse. Comme dans la pub.

lundi, février 21, 2005

Wikicopistes de tous pays




Les Nerds m'ont dit, « révolution, camarade! » . Alors j'ai cherché les barricades, sur les sites, sur les blogs, même sous mon tapis de souris. Peau de zob, macache, RAS. On a ajouté: « WIKI! », j'ai répondu!: « WIKI? Cékwaça? ».

Wikipédia, c'est comme une fête, mais qui se mange entre amis. En gros, c'est une encyclopédie où tout un chacun peut, si il le désire, ajouter et modifier les articles. Même toi, le gros, au fond, tu peux te fendre d'un chti laïus sur ce que tu veux.


Entrent les pleureuses, se déchirant le sein, gémissant:

« Encyclopédie, qu'as tu fait de ton nom si bath! Les ilotes vont librement gribouiller à qui mieux mieux sur tes nobles parchemins! Les barbares aux portes d'Athènes! La bibliothèque d'Alexandrie en flammes! » .

enfin un truc dans ce goût là.

C'est vrai que je n'en reviens pas moi même: je m'attendais cyniquement à une tripotée de pages couvertes de banalités sans intérêt, j'imaginais le blaireau multimédia lambda insérant des insanités potaches dans les rares définitions dignes de lecture, le voile du ciel se déchirait sur un enfer de commentaires niaiseux typographiés sauce SMS. Il suffit en effet de jeter un coup d'oeil neutre sur n'importe quel forum sur le web pour voir qu'on est loin de l'acropole niveau expression du Netizen. Aussi l'ampoule de cyanure semblait-elle vibrer d'une vie propre dans ma dent creuse et un mec en toge hurlait-il « les temps sont proches » dans ma cour. Le désespoir s'abattait sur moi comme la vérole sur le bas clergé.

Puis voyant que tout était fini, je hasardais clics et touches sur le site wikipédia. Quelle ne fut pas ma surprise. Chaque domaine se voyait serti des mille éclats de textes léchés, pointus, affûtés, bourrés de références et ivres d'érudition. Du savoir classique aux derniers phénomènes de mode, un vaste et grouillant continent fleuri de sagesse brillait à perte de vue au gré d'un vent sucré de modifications, d'ajouts en tout genre. J'embrassai mon écran comme un frère, et je chantai des cantiques à moitié à poil à côté de l'arche de cette nouvelle alliance. Puis, me ceignant d'une peau d'agnelet fraîchement plastiqué, j'entrai plus profondément dans cet éden digital.

Oui, Wikipédia scintille des mille éclats de travaux d'anonymes partageant leur savoir. Un habile système de signalisation et de validation fait que l'on peut modifier les textes sans tout vandaliser, et chacun est libre de signaler une erreur, qui se trouve très vite corrigée. Collégial et convivial, Wikipédia permet même de demander à la communauté de plancher sur un article à réaliser.

Ce chantier éternel est le digne descendant des scriptorium du moyen-âge où les frères copiaient, modifiaient et commentaient sans relâche leurs manuscrits, pour la plus grande gloire de l'érudition. Savoir que des hordes de passionnés, les wikicopistes, passent de temps en temps enrichir ce projet gratuit et anonyme me fait chaud au coeur et me redonne confiance dans un web que je pensais déjà loin de ses idéaux utopistes de liberté et de savoir. A chacun de l'enrichir au gré de ses envies, de son dialecte (le projet existe dans de nombreuses langues) , ponctuellement ou de façon compulsive, de ce qui le passionne.

Sur ce, j'y retourne: y'a du pain sur la planche, sers t'en si t'as faim.

dimanche, février 20, 2005

IL EST RETROUVE : QUI? Y.B

Ces derniers jours, j'ai pu remettre les crayons sur le terrible "Zéro Mort" de Yassir Benmiloud, dit YB. Et j'y retrouve la fascination-répulsion pour la danse macabre et le règlement de comptes. Les deux (mon général?).

J'avais été plus qu'alléché par "l'Explication", magnifique balancier entre l'analyse historique et la mythomanie mystique dont le tic-tac scandait les intrigues précédant la décennie noire Algérienne.

Le premier tome de la "trilogie Algéroise", "Comme il a dit lui", était la somme des chroniques acides du jeune journaliste, voici que "L'explication" feignait de chercher un sens là où il n'y en avait pas.

"Zéro mort" est le "Ground Zero" de cette marche vers le sang, l'épicentre du non-sens, son Apocalypse Now, magistrale, tordante et hallucinée descente aux Enfers par la face Nord, lors de laquelle rien ne nous seras épargné, promis juré, craché, dis wallah, wallah.

Dante y était il descendu "en touriste", comme avait dit Gide, ou bien un autre, je sais plus, qu'YB nous y braque, armé de toute cette merde qui colle à l'âme. Salutaire nihilisme de celui qui semble "y avoir cru", si si, à quelque chose, à un moment, "Zéro Mort" est une soufflette d'humour noir dont l'incorrection nous remet dans l'axe.

Plus vraiment trouvable, mais à lire avant la fin du monde.

samedi, février 19, 2005

Strauss-Kahn?

Sur le front du jeune ministre des phynances était écrit "STRAUSS MA TUER". Et Strauss l'avait en effet écartelé façon pâte à pizza. Devant la télé, il lui avait comme assis le derrière sur le visage, et n'en déplaise à mes amis de droite et d'extrême gauche, ça faisait un bien fou. D'entendre dire que le projet gouvernemental avait lamentablement échoué. De voir confirmer que malgré une énorme croissance mondiale, la notre était moribonde, ça m'a fait marrer, quand on sait que la droite mise sur la dite croissance pour sabrer les budgets.

Strauss président? Je me suis surpris à l'imaginer, ce type, au poste suprême, dans le saint des saints. il faut dire que deux jours avant, j'avais vu l'acteur principal de Chok Dee, le quel se définit lui même comme de la France du sous-sol, encenser l'ex-ministre. Lui, pendant les campagnes, il s'était tenu à ses promesses, il avait annoncé la couleur, ce qu'il pourrait faire, et ce qu'il ne pouvait promettre.

Le mec que la gauche qui m'entourre m'avais présenté comme le moins à gauche, je l'ai entrevu, entourré de simple vérité, auréaulé de la grâce humble des sages, je l'ai vu "présidentiable", bankable pour la gauche. Ca m'a fait bondir, mais il a sorti des projets bien plus socialos que ses collègues: renationalisation temporaires des petites compagnies délocalisées mais faisant du profit, vote des étrangers aux locales... Les boules: merde alors, il est fort ce type, pour m'avoir fait rêver deux micro secondes. Moi qui me pensait vacciné à vie...

Franchement, j'croyais pas. Strauss, un mec à suivre.

Mais quand même, les boules...

jeudi, février 17, 2005

Penser global?

Je me suis visiblement calmé depuis le dernier post. C'est heureux, parce que quelques heures dans cet état là, et je me retrouvais collé au plafond par ma propre tension artérielle, ce qui fait négligé dans le décor, quand même. Calmos, donc, et séreinité. Hier encore, dans un bar chilien plutôt révolutionnaire, j'ai vu sur une affiche dans les chiottes, affiche qui critiquait la précarité des travailleurs, quelques chiures de mouches qui se voulaient de droite.

Je retranscris ici le message sybillin que je lisai: "ouais, les mecs de gauche, ils critiquent tout le temps, mais quand il s'agit de proposer..." Rude est l'estocade, j'accuse!, le coup. Restons dignes.

Alors, qu'est ce qu'on pourrait proposer comme alternative au système actuel, au choc dialectique minable Top 50 Vs. piratage...c'est vrai, ça...euh...

Bien, tout d'abord, on a le droit, c'est quasi constitutionnel, de ne pas aimer les mêmes choses que la meute. C'est même garanti par le marché et la démocratie. Pourtant...pas évident de passer entre les gouttes foireuses des superprods. On me répondra que là où il y a demande, il y aura offre, et que chacun peut trouver son compte dans un paysage culturel d'initiative privé/public comme le notre.

Ouais, ben demandez aux amateurs de jazz et aux fans de Bergman ce qu'ils en pensent.

Et si nos activités culturelles pouvaient sortir un peu de l'ordinaire? Et si on écoutait pas la même musique dans sa bagnole et chez le coiffeur? On y a peut-être droit à cette différence. Alors pour sortir de la frénésie abrutissante des crétins congénitaux en bandana, on pourrait exploiter le pseudo-clanisme, le tribalisme à des fins non mercantiles. Pourquoi ne pas former plusieurs cercles ou communautés dans lesquelles on échangerait les livres que l'on écrit, la musique que l'on fait?

Ca c'est sûr, ce sera moins pyrotechnique. Y aura moins de shows lasers avec largages de porte clefs, et je m'estime en droit de me demander qui s'en plaindra. Au fond, il s'agit pour nous tous de mettre la main à la pâte, de court-circuiter les systèmes de distribution, d'en finir avec l'art comme rente, et de concrétiser une véritable forme de fraternité.

Je t'écris un bouquin pour tes longues soirées d'hiver, tu me fais des MP3 de ta zique. Et on en discute. Alors tu me diras que t'es pas Bob dylan et que je ne suis pas Proust. Je te répondrai, je t ai jamais interdit de lire la "Recherche du temps perdu", rien ne t'en n'empêche. Mais si on peut faire d'une partie de nos loisirs un véritable espace humain, de rencontre, sans un mur de sponsors derriere, c'est un bon début.

Alors, ami scribouillard des gogues, soigne ta droite, parceque ma gauche, je la trouve fort sympathique.

Ubu cocu

Touchez pas au grisbi!

Quand les majors du disque entendent le mot pirate, ils sortent leurs revolver. Et ça saigne. Peût être, comme ils le souhaitent, leurs "bâton à phynances" et "croc à merdre" passeront-ils l'envie à la jeunesse de les prendre pour des chauffe-eaux.

Oui, belle jeunesse, écoute l'appel larmoyant de multinationales dans la dèche, que tu saignes sans vergogne à coup de téléchargements illicites. Pleure avec nous sur le flouze ainsi perdu, sur le vicieux et libertaire grain de sable qui vient gripper la belle mécanique de leurs sorties musicales jadis rôdées comme du papier...à musique.

Chialons tous en coeur sur ces grands protecteurs d'un paysage musical moisi et mercantile! Car si l'on regarde la production de ces dernières années, les brillantes têtes de gondole surtout, que de créativité ainsi tuée dans l'oeuf! Que d'espoirs (mais qui les éspère?) fauchés avant même leurs premiers rôts?

La réalité est toute autre. Nos princes de la culture financent à grand coup de crétino-dollars la fine fleure d'un star-système de abrutissant qu'on n'irait même pas voir au zoo. Par l'odeur alléchée des profits rapides et sûrs, ils nous offrent le répertoire faisandé de proclamés "artistes" de la télé-réalité, qui feraient passer les compagnons de la chanson et les petits chanteurs à la croix de bois pour des avant-gardistes.

Et peu importe que la chute de la vente de disque ait encore d'autres facteurs, comme l'amputation du budget des jeunes pour cause de portables, TVA haute, et recentrage sur les dvd... A les entendre, le bateau coule, et c'est de ta faute. Alors vient la morale, comme il se doit, façon cerise sur la soupe et cheveu dans le gâteau: "qui protègera les artistes si demain tu nous prend notre blé?", couinent-ils tous à l'unisson.

Et tous de verser la larmiche.

Et si...Et si les artistes gagnaient leur vie sur scène? Et si tout celà était un combat d'arrière garde? Et si au lieu de consommer de la musique qu'on nous a programmée en fonction de besoins standardisés et crées, on écoutait, on jouait, de la vraie musique?

La mutation est déjà amorcée: le marché des musiques pour portable (et oui, elles sont au compte des profits des labels!) concurence déjà sérieusement celui des singles. Des millions d'internautes haut débit partagent leur musique. Les vieilles ficelles ne marchent plus, et le sparadrap judiciaire n'y fera rien. Formats et moeurs évoluent bien vite.

Me reviennent les souvenirs d'autres gardiens du temple: ceux qui prédisaient la fin du cinéma avec l'apparition des magnétoscopes, ceux qui hurlaient au loup quand apparut la cassette vierge, ceux pour qui la naissance du piano mécanique puis du disque signait l'arrêt de mort des orchestres. Elle est vieille, cette tradition réac': que l'on songe à la tronche des moines copistes quand fut répandue l'imprimerie...

Je vous laisse, le temps de chialer sur tout ce malheur. Merdre alors...




mardi, février 15, 2005

Absurdité

Les informations déroulent derrière mon dos leur flot continu et bilingue de folie et de mort. J'écoute Arte égrainer les désastres. Il en va de la dignité de l'homme, athée ou non, de chercher un sens à tout celà, et non uniquement dans son existence privée.

Je ne sais si je le trouverai un jour. Celà fait déjà quelques années que je le cherche, dignement parfois, pitoyablement souvent. Et les chercheurs de sens, qu'ils fassent dans le politique, le philosophique ou le religieux, je les aime comme on porte en son coeur les explorateurs d'antan et les prophètes.

Siècle de cendres, siècle des idéologies monolithiques, qui dans leurs combats dialectiques s'annulèrent lamentablement à Guernica, Stalingrad, dans les camps, les goulags et les jungles bananières, siècle qui meurt à coups de millions d'hommes sans que le sol n'en soit plus fertile en idées...Le siècle qui m'a vu naître et que j'ai vu mourir à coup d'avions dans des tours sans qu'il fasse sens, le vingtième, n'a pas même accouché malgré ses funestes signes, d'une apocalypse, d'un grand soir , d'un nouvel homme, ni même d'une fin de l'histoire.

Essayons de sauver les meubles de cette fin des idéologies. Faisons de cette fade neutralité qui nous fut imposée une reconnaissance multiple des pères fondateurs de la pensée du siècle. Oui, j'aime jésus sans soutenir les Franquistes, je reconnais, oui, ma filiation anarchiste sans poser des bombes. Oui, on peut aimer Sartre et Camus, le Hassidisme et le soufisme. De chacun de mes pères d'esprit je tire une grille de lecture qui vient d'ajouter aux autres, pour enfin avoir, si ce n'est une action, au moins une vision kaléidoscopique du monde.

Maintenant, au travail. Tout est a reconstruire, et je refuse de jeter les résidus de structure d'hier, quand bien même on en faisait parfois des machines de mort. Les chemins de la fraternité sont vastes, et je saurai bien en trouver quelques uns à mon goût.

La nuit fut longue

Bon, en heure de Paris, on approche tendrement des six heures du mat. J' ai fait plus de 5 millions au pinball windows, réussi un démineur expert, battu deux personnes au scrabble yahoo, écouté les "chemical", crée un blog, checké mes mails, éclaté un paquet de clopes et fini mon casse briques. J'ai plus un seul jeu crédible.

Je vais me reprendre de la glace chocolat orange. La nuit fut longue et périlleuse, pleine de silencieux prodiges. Il convient de ne pas perdre espoir sur le contenu de ce blog, qui, croyez le bien, finira bien par trouver son point d'équilibre, et contenir, impossible n'est pas Français, quelque contenu interressant.

Premiers engagements de la nouvelle année (chinoise). L' heure est aux bonnes résolutions. Il n'y aura pas de phrases du style " wa, vraiment, 113 ils font du bon rap", ou "eux c'est mes potes, je les kiffes, gros bisous les mecs".

Je pense que je vais m'en tenir à une discipline des plus monacales, et deverser chaque jour à heure fixe une pensée qui se voudra rafraichissante. Ca me plait bien de me dire qu'un hypothétique flemmard de mon accabit tombera peut-être par une nuit semblable à celle-ci, au détour d'un lien, sur ces pensées profanes, sur ce que finalement, je me dis plus que je ne vous dis. Ou bien ce sera une sorte de suite de katas, de mouvement d'entrainement, pour me défouler avant d'écrire convenablement. Comme je vous plains.

Oulipien, essayons de l'être: on ne travaille bien que sous la contrainte. Je vais donc me fixer une astreinte arbitraire, et donc plutôt débile, du genre chaque jour, un pays commenté, ou bien un truc façon almanach.

sur ces bonnes paroles, j'abandonne ici toute espérance, ainsi que l'idée même de glace au chocolat.


Ma vie, Mon Blog

Voilà! c'est fait, c'est dit.

Tout sera consigné, sans concession. Pas de quartier. Je me demande encore quel sera le fil rouge de ce Blog. Je pense le fonder sur les racines commercialement sûres de l'égotrip. Oncques ne vit Blog si mystérieux dans son commencement.

Faisons contre mauvaise fortune bon coeur. Je trouverai bien quelqu'Apocalypse en chemin!